- Le collagène de type I pèse environ 300 kDa, très au-delà de la limite indicative de 500 daltons habituellement retenue pour le passage à travers une peau intacte. Il reste donc en surface.
- Ce qui agit réellement dans un masque au collagène est un effet de film et d'humectant : la molécule retient l'eau au niveau de la couche cornée et l'occlusion du support limite l'évaporation.
- Le lissage obtenu est réel mais transitoire, de quelques heures à quelques jours selon les habitudes. Il ne correspond pas à une reconstruction du collagène dermique.
- Les peptides signal comme le Matrixyl (Pal-KTTKS) suivent une logique différente : ils sont assez petits pour être étudiés comme messagers biologiques, et non comme matériau de remplissage.
- Les données cliniques sur les masques au collagène sont peu nombreuses, portent sur de petits effectifs et proviennent souvent d'études financées par les fabricants.
- La durée de pose compte : au-delà de 25 à 40 minutes, les travaux disponibles décrivent une tendance à la sécheresse et aux rougeurs plutôt qu'un bénéfice supplémentaire.
- La liste INCI est plus informative que le discours marketing : la position du collagène et la présence d'humectants, d'émollients et de peptides documentés en disent davantage que le mot « collagène » sur l'emballage.
Qu'est-ce qu'un masque au collagène, concrètement ?
Sous l'appellation masque collagène se cachent en réalité trois familles de produits très différentes, qui n'ont en commun que la présence du mot « collagène » sur la boîte. Les distinguer est la première étape utile, car leur mode d'action physique n'est pas le même.
La première famille regroupe les masques en tissu (sheet masks) : un support en non-tissé, en cellulose ou en bio-cellulose, imbibé d'une solution aqueuse contenant du collagène hydrolysé, des humectants et des conservateurs. La seconde regroupe les masques hydrogel, où le collagène est intégré dans une matrice gélifiée (agar, alginate, polymères de synthèse) qui adhère au visage et libère son eau progressivement. La troisième, plus récente, correspond aux masques de nuit en gelée, parfois commercialisés sous le nom de « collagen jelly » : il s'agit de textures épaisses, souvent riches en glycérine et en agents filmogènes, que l'on laisse en place toute la nuit sans rinçage.
Dans les trois cas, l'ingrédient affiché est rarement du collagène natif intact. Les préparations cosmétiques utilisent majoritairement des peptides de collagène hydrolysés, c'est-à-dire des fragments de chaînes obtenus par hydrolyse enzymatique ou chimique, précisément parce que la molécule entière est difficile à formuler et pose des questions de biodisponibilité. Une revue de 2024 consacrée à l'usage du collagène en cosmétique le formule explicitement : les préparations cosmétiques recourent principalement à des peptides hydrolysés plutôt qu'au collagène intact.
Cette distinction a une conséquence directe sur ce que vous pouvez attendre du produit. Un masque au collagène n'est pas un apport de matière structurale à votre derme. C'est un dispositif d'hydratation occlusive dont le collagène est l'un des composants, et pas nécessairement le plus déterminant. Le reste de cet article détaille pourquoi, et comment en tirer un bénéfice réaliste.
Cet article a une finalité d'information. Il ne remplace pas l'avis d'un dermatologue ou d'un pharmacien, en particulier en cas de pathologie cutanée.
Le collagène d'un masque pénètre-t-il dans la peau ?
La réponse courte est non, pas sous sa forme intacte, et c'est une question de taille. Le collagène fibrillaire de type I, celui qui constitue l'essentiel de la charpente du derme, est une protéine d'environ 300 kDa, soit 300 000 daltons, organisée en triple hélice d'environ 280 nanomètres de long pour 1,4 nanomètre de diamètre. C'est un câble biologique, pas une petite molécule diffusible.
Or la couche cornée, cette superposition de cornéocytes et de lipides intercellulaires qui constitue la surface de l'épiderme, est un filtre très sélectif. En 2000, Bos et Meinardi ont formalisé dans Experimental Dermatology ce qui reste une règle de travail en dermatopharmacologie : la règle des 500 daltons. Leur argumentaire s'appuyait notamment sur le constat que la quasi-totalité des allergènes de contact courants pèsent moins de 500 daltons, et sur l'expérience clinique des topiques de haut poids moléculaire. La règle n'est pas une loi physique absolue, mais elle donne l'ordre de grandeur : à 300 kDa, le collagène natif est six cents fois au-dessus du seuil.
Le collagène hydrolysé est plus petit, généralement décrit dans la littérature entre 3 et 6 kDa pour les hydrolysats cosmétiques courants, soit encore six à douze fois le seuil des 500 daltons. Certaines publications rapportent qu'une fraction limitée d'hydrolysat de faible masse peut franchir les couches superficielles, mais il s'agit d'une minorité de la préparation, et la pénétration des couches superficielles n'équivaut pas à une arrivée fonctionnelle dans le derme.
Ce que fait réellement le collagène en surface est documenté et utile, mais il faut le nommer correctement. La revue d'Aguirre-Cruz et collègues, publiée dans Antioxidants en 2020, identifie le collagène hydrolysé comme un ingrédient cosmétique sûr aux bonnes propriétés hydratantes au niveau de la couche cornée. C'est un humectant : il fixe l'eau. Et parce qu'il forme un film en séchant, il limite temporairement l'évaporation. Hydratation de surface plus effet filmogène : le lissage que vous observez dans le miroir vient de là.
Il est important de ne pas inverser la conclusion. Un masque au collagène peut rendre la peau visiblement plus lisse et plus souple pendant quelques heures. Aucun des mécanismes décrits ci-dessus ne permet d'affirmer qu'il augmente la quantité de collagène de votre derme.
Tissu, hydrogel ou gelée de nuit : quelles différences ?
Puisque l'essentiel de l'effet est physique, le support compte autant que la formule. Les trois formats ne délivrent pas la même quantité d'eau, ni pendant la même durée, ni avec la même occlusion.
| Format | Mécanisme dominant | Durée de pose typique | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Masque tissu imbibé | Dépôt d'une solution aqueuse, occlusion modérée | 10 à 20 minutes | Sèche vite, forte charge en conservateurs et parfum possible |
| Masque hydrogel | Matrice gélifiée, bonne adhérence, occlusion élevée et libération progressive | 15 à 30 minutes | Coût plus élevé, texture froide parfois mal tolérée |
| Gelée de nuit sans rinçage | Film filmogène durable, réduction de la perte insensible en eau pendant le sommeil | Toute la nuit | Risque de comédogénicité selon les huiles et cires employées |
Les masques hydrogel sont ceux pour lesquels on dispose de données instrumentales les plus propres, parce que leur matrice est reproductible. Une étude pilote publiée en 2026 a évalué un hydrogel à base de polyvinylpyrrolidone, de PEG-400 et d'agar, enrichi en acide hyaluronique, ectoïne, allantoïne et tocophérol, chez des personnes à peau sensible et sujette aux allergies. La sécurité a d'abord été vérifiée par un test épicutané chez 30 participants, puis l'efficacité a été suivie pendant 6 semaines en ouvert, sans randomisation, chez 15 participants seulement. Les auteurs rapportent une amélioration progressive de l'hydratation et de la fermeté, sans variation statistiquement significative de la perte insensible en eau, ce qu'ils interprètent comme une préservation de la barrière.
Il faut lire ce résultat pour ce qu'il est : un signal encourageant sur la tolérance d'un hydrogel chez la peau sensible, obtenu sur un très petit effectif sans groupe témoin. Ce n'est pas une démonstration d'effet anti-âge, et l'hydrogel testé contenait des actifs hydratants autres que le collagène.
Pour les gelées de nuit, les données spécifiques publiées sont quasi inexistantes. Le raisonnement reste physiologique : une occlusion prolongée pendant le sommeil réduit la perte en eau et améliore mécaniquement la souplesse au réveil. Cela fonctionne, mais le mérite revient au film et aux humectants plus qu'au collagène présent dans la formule.
Collagène, peptides de collagène et peptides signal : où est la différence ?
Trois objets sont régulièrement confondus dans le discours commercial. Les séparer clarifie immédiatement ce qu'on peut attendre d'une formule.
Le collagène natif est la protéine entière, environ 300 kDa. En cosmétique topique, c'est un agent de texture, de film et d'hydratation de surface. Les peptides de collagène (collagène hydrolysé, INCI Hydrolyzed Collagen) sont des fragments de cette protéine, de l'ordre de quelques kilodaltons. Appliqués sur la peau, ils restent principalement des humectants. Pris par voie orale, ils relèvent d'une logique toute différente : la revue d'Aguirre-Cruz décrit une augmentation des peptides dérivés du collagène dans le sang après ingestion, associée à des améliorations rapportées de l'élasticité, de l'hydratation et de la perte insensible en eau. Si c'est cette voie qui vous intéresse, elle est traitée séparément dans notre sélection de peptides de collagène en complément oral et dans notre comparatif collagène marin ou bovin.
Les peptides signal constituent la troisième catégorie, et la plus intéressante sur le plan pharmacologique. Ce sont de courtes séquences, souvent trois à six acides aminés, modifiées par une chaîne lipidique pour améliorer leur affinité avec les lipides de la couche cornée. Le plus connu est le Pal-KTTKS, commercialisé sous le nom de Matrixyl : un pentapeptide dérivé du propeptide du collagène de type I, greffé à un acide palmitique. Sa masse est inférieure à 1 000 daltons, un ordre de grandeur radicalement différent de celui du collagène. L'hypothèse de travail n'est pas d'apporter de la matière, mais d'envoyer un message aux fibroblastes.
Une revue parue dans Biomolecules en 2025 propose une classification devenue usuelle : peptides signal, peptides porteurs, peptides inhibiteurs de neurotransmetteurs et peptides inhibiteurs d'enzymes. Un masque au collagène relève, au mieux, de la catégorie hydratante. Un sérum au Matrixyl relève de la catégorie des peptides signal. Les deux ne se substituent pas l'un à l'autre, et c'est pourquoi une routine peut légitimement associer les deux. Nous détaillons ce mécanisme dans notre article sur la stimulation du collagène par les peptides.
Retenez la règle simple suivante : un ingrédient affiché pour sa taille (du collagène) agit mécaniquement, un ingrédient affiché pour sa séquence (un peptide signal) est étudié pour son activité biologique. Le vocabulaire marketing mélange volontiers les deux.
Que montrent les rares études sur les masques au collagène ?
Le volume de données cliniques consacrées spécifiquement aux masques au collagène est faible, et cette rareté est en soi une information. La plupart des travaux disponibles sont des études sur petits effectifs, souvent sans randomisation ni groupe placebo, et financées ou conduites par l'industriel qui commercialise le produit testé.
Le travail le plus complet publié à ce jour est une évaluation parue dans le Journal of Cosmetic Dermatology en 2024, consacrée à un masque en tissu composé de plus de 92 % de collagène bovin natif. Les auteurs regroupent cinq études distinctes portant sur la diversité du microbiome cutané, la tolérance chez des personnes atteintes de dermatite atopique, la rougeur après exposition aux ultraviolets, la réduction des rides, et l'hydratation comparée à celle d'un masque en cellulose pré-imbibé. Les conclusions rapportées sont une augmentation de l'hydratation, une réduction de l'érythème, une diminution des rides, et le maintien d'un microbiome et d'une barrière cutanée sains.
Ces résultats sont intéressants mais doivent être lus avec prudence. Ils concernent un produit précis, à très haute teneur en collagène natif, ce qui ne décrit pas la grande majorité des masques du marché où le collagène hydrolysé figure en milieu ou en fin de liste INCI. Les protocoles ne sont pas tous randomisés en double aveugle, les effectifs restent modestes, et rien dans ce travail ne permet de conclure à une augmentation du collagène dermique : les critères mesurés sont des critères de surface.
À titre de comparaison, le niveau de preuve atteint par certains peptides signal est supérieur, sans être pour autant définitif. L'essai de Robinson et collègues, publié dans l'International Journal of Cosmetic Science en 2005, a comparé pendant 12 semaines une crème hydratante contenant 3 ppm de Pal-KTTKS à la même crème sans peptide, chez 93 femmes caucasiennes de 35 à 55 ans, en double aveugle contre placebo. Les auteurs rapportent une bonne tolérance et une amélioration significative par rapport au contrôle sur la réduction des rides et des ridules, évaluée par analyse d'image quantitative et par cotation d'experts. Un design contrôlé, une durée de 12 semaines et un effectif de 93 personnes restent un standard que peu d'études sur masques atteignent. Pour approfondir ce format, voyez notre revue des sérums peptidiques pour les rides.
En synthèse : les masques au collagène ont des données convaincantes sur l'hydratation et la tolérance, des données faibles sur les rides, et aucune donnée sur la synthèse de collagène dermique. Toute communication qui promet le contraire dépasse ce que la littérature permet d'affirmer.
Combien de temps faut-il laisser un masque en place ?
C'est probablement la variable la plus négligée, et l'une des mieux documentées. L'intuition selon laquelle « plus longtemps vaut mieux » est contredite par les données disponibles.
Une étude parue dans le Journal of Tissue Viability en 2024 a comparé trois types de masques en tissu (eau pure, hyaluronane, lysat de ferment de bifida) à quatre durées de pose : 5, 15, 25 et 40 minutes. Les mesures portaient sur le taux d'hydratation, la perte insensible en eau, le sébum, la taille des cornéocytes et l'expression de l'aquaporine 3. Les auteurs décrivent une hydratation et une perte insensible en eau qui augmentent d'abord puis diminuent, une augmentation du sébum avec tous les types de masques, particulièrement marquée à 40 minutes, et une vasodilatation liée à la durée de pose.
Leur conclusion pratique est nette : une pose courte, inférieure à 25 minutes, apporte un bénéfice en hydratation, en réduction de la rougeur et en activation de l'aquaporine 3, tandis qu'une pose prolongée peut conduire à une sécheresse et à une rougeur accrues. Le mécanisme avancé est celui d'une sur-hydratation : un excès d'occlusion désorganise la couche cornée au lieu de la renforcer.
La traduction concrète pour un masque en tissu ou en hydrogel est donc simple. Retirez le masque avant qu'il ne commence à sécher, typiquement entre 10 et 20 minutes, et appliquez immédiatement par-dessus une crème contenant des émollients et des lipides pour fixer l'eau apportée. Laisser le masque jusqu'à ce qu'il soit sec est contre-productif : le support sec recommence à prélever de l'eau à la surface de la peau.
Le cas des gelées de nuit est différent et ne doit pas être assimilé à celui des masques en tissu. Une texture sans rinçage, conçue pour rester en place, n'applique pas la même contrainte qu'un support imbibé maintenu contre la peau. Les données sur les masques en tissu portés toute la nuit ne sont pas favorables, et cette pratique n'est pas recommandée.
Comment lire la liste INCI d'un masque au collagène ?
La liste INCI est obligatoire, normalisée, et nettement plus informative que la face avant de l'emballage. Les ingrédients y sont classés par ordre décroissant de concentration jusqu'au seuil de 1 %, en dessous duquel l'ordre devient libre. Quatre réflexes suffisent à se faire une opinion solide.
Premier réflexe : repérer la position du collagène. Cherchez Hydrolyzed Collagen, Soluble Collagen, Collagen ou Atelocollagen. S'il apparaît après les conservateurs (Phenoxyethanol, Sodium Benzoate) ou après le parfum, sa concentration est inférieure à 1 % et très probablement bien plus basse. Le produit n'est alors pas un masque au collagène sur le plan de la formule, c'est un masque hydratant avec une mention collagène.
Deuxième réflexe : identifier les vrais moteurs de l'hydratation. Dans la quasi-totalité des masques, l'effet mesurable vient de Glycerin, Butylene Glycol, Sodium Hyaluronate, Panthenol, Betaine ou Trehalose, souvent présents dans les premières positions. C'est une bonne nouvelle, pas un défaut, mais cela recalibre l'attribution du bénéfice.
Troisième réflexe : distinguer les peptides signal du collagène. Les noms INCI à repérer sont Palmitoyl Pentapeptide-4 (Matrixyl), Palmitoyl Tripeptide-1 et Palmitoyl Tetrapeptide-7 (les deux composants du Matrixyl 3000), Acetyl Hexapeptide-8 (Argireline) ou Copper Tripeptide-1. Leur présence signale une autre intention de formulation. Attention toutefois : dans un masque en tissu laissé 15 minutes, le temps de contact est court, et ces peptides sont généralement mieux exploités dans un sérum appliqué quotidiennement. Les chiffres d'augmentation de synthèse de collagène parfois cités pour le Matrixyl 3000 proviennent de données in vitro du fabricant et ne sont pas des résultats cliniques.
Quatrième réflexe : vérifier les irritants potentiels. Parfum ou Fragrance, Limonene, Linalool, Alcohol Denat. en position haute, ainsi que Methylisothiazolinone, méritent attention sur une peau réactive. Un masque occlusif maintient ces molécules en contact prolongé avec la peau, ce qui amplifie leur potentiel d'intolérance par rapport à une crème rincée ou légère.
Pour quel type de peau un masque au collagène a-t-il du sens ?
Puisque le bénéfice documenté est une hydratation occlusive de surface, les peaux qui en profitent le plus sont celles dont le déficit principal est hydrique ou barrière, et non celles qui cherchent une correction structurale.
Peau sèche ou déshydratée : c'est l'indication la plus cohérente. L'apport d'eau combiné au film réduit la sensation de tiraillement et améliore la souplesse immédiate. Un format hydrogel ou une gelée de nuit riche en glycérine donnera de meilleurs résultats qu'un tissu qui sèche vite.
Peau sensible ou réactive : le format hydrogel est a priori le plus approprié, car sa matrice limite le besoin de conservateurs volatils et son effet rafraîchissant est bien toléré. L'étude pilote de 2026 citée plus haut suggère une bonne tolérance chez les peaux sensibles sur 6 semaines, avec les réserves d'effectif déjà mentionnées. Un test sur une petite zone pendant 48 heures reste la précaution élémentaire.
Peau mature : un masque au collagène améliorera l'aspect de surface et le rendu du maquillage, ce qui a une valeur réelle avant un événement. Pour une action de fond sur les rides, les données orientent plutôt vers un rétinoïde ou un peptide signal utilisé quotidiennement sur plusieurs semaines. Le masque est un complément ponctuel, pas le pilier de la routine.
Peau grasse ou acnéique : prudence. L'étude sur les durées de pose a observé une augmentation du sébum avec tous les types de masques testés, particulièrement après 40 minutes. Sur une peau à tendance acnéique, une occlusion prolongée et répétée peut aggraver les lésions. Limitez la durée, privilégiez les formules non comédogènes et évitez les gelées de nuit épaisses sur les zones concernées.
Peau avec barrière altérée (eczéma, rosacée en poussée, post-acte dermatologique) : aucun masque cosmétique ne doit être appliqué sans l'avis préalable du dermatologue qui vous suit. Une barrière lésée laisse passer davantage de conservateurs et de parfums, et le risque de sensibilisation augmente.
Comment choisir un masque au collagène sans se tromper ?
Il existe aujourd'hui des centaines de références, avec des écarts de prix allant de quelques dizaines de centimes à plus de vingt euros l'unité, sans corrélation établie entre le prix et l'effet mesuré. Faute d'essais comparatifs indépendants entre marques, le choix doit se faire sur des critères de formule et de format, pas sur des promesses.
Voici la grille que nous appliquons, par ordre d'importance décroissante :
- Position des humectants dans l'INCI : glycérine, butylène glycol ou hyaluronate de sodium dans les cinq premiers ingrédients. C'est le meilleur prédicteur d'une hydratation mesurable.
- Position du collagène : s'il figure après les conservateurs, considérez-le comme un argument marketing et jugez le produit sur le reste de la formule.
- Format adapté à votre peau : hydrogel pour les peaux sensibles et sèches, tissu pour un usage ponctuel économique, gelée de nuit pour une occlusion prolongée sur peau sèche non acnéique.
- Absence de parfum sur peau réactive, et liste courte plutôt que liste de cinquante extraits végétaux à dose inconnue.
- Transparence du fabricant : concentration annoncée, origine du collagène (marin, bovin, recombinant), existence d'un test de tolérance documenté.
- Coût par application, car le bénéfice étant transitoire, la régularité compte davantage que le prestige d'une unité.
Un mot sur l'origine du collagène. Marin, bovin ou produit par biotechnologie, l'origine change le profil d'allergénicité, l'acceptabilité éthique ou religieuse, et le discours commercial, mais elle ne change pas le problème de taille moléculaire exposé plus haut. Un collagène marin de 300 kDa ne traverse pas davantage la couche cornée qu'un collagène bovin de 300 kDa. Si cette question vous intéresse pour un usage oral, où l'origine a davantage de conséquences, nous l'avons traitée dans notre comparatif dédié et dans notre guide des peptides de collagène pour la peau.
Nous ne recommandons pas de référence commerciale nominative dans cet article, faute de données comparatives indépendantes permettant de hiérarchiser les produits du marché sur des critères mesurés. La grille ci-dessus est applicable à n'importe quelle étiquette en magasin.
Quelles limites et quelles précautions retenir ?
Les masques au collagène font partie des cosmétiques les mieux tolérés, et l'essentiel des précautions concerne l'usage plutôt que l'ingrédient lui-même.
Sur le plan de l'efficacité, trois limites sont à garder en tête. La première est la durée : l'amélioration de l'hydratation et du lissé se mesure en heures ou en jours, pas en mois. La deuxième est le niveau de preuve : les études disponibles sont peu nombreuses, souvent conduites sur moins de trente personnes, rarement randomisées en double aveugle, et fréquemment financées par les fabricants des produits testés. La troisième est l'attribution : quand un masque améliore un paramètre cutané, il est très difficile de savoir ce qui, dans une formule à vingt ingrédients, en est responsable. Attribuer ce bénéfice au collagène est une hypothèse, pas une démonstration.
Sur le plan de la tolérance, les signalements les plus fréquents concernent des réactions au parfum, aux conservateurs ou aux extraits végétaux, et non au collagène. L'occlusion est un facteur aggravant : elle prolonge et intensifie le contact. Un test préalable sur une petite zone, pendant 48 heures, est recommandé avant un premier usage, surtout sur une peau réactive. Interrompez l'application en cas de rougeur persistante, de picotement ou d'éruption, et consultez si les signes ne régressent pas.
Hygiène et conservation : un masque en tissu ou en hydrogel est un produit à usage unique. Le réutiliser, ou laisser une pochette ouverte plusieurs jours, expose à une contamination microbienne du support imbibé. Respectez également la date limite indiquée.
Cas particuliers : en cas de grossesse ou d'allaitement, de traitement dermatologique en cours (isotrétinoïne, rétinoïdes topiques, peelings, laser), ou de pathologie cutanée active, demandez l'avis de votre dermatologue avant d'introduire un masque occlusif. Si vous envisagez par ailleurs des compléments de collagène par voie orale, les questions de sécurité propres à cette voie sont abordées dans notre article sur les risques et précautions des peptides de collagène.
Avertissement médical : ce contenu est fourni à titre éducatif uniquement. Il ne constitue pas un avis médical, un diagnostic ni une recommandation de traitement. Consultez un professionnel de santé qualifié, dermatologue ou pharmacien, pour toute question relative à votre peau ou à l'usage d'un produit cosmétique.
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Questions fréquentes
Un masque au collagène peut-il augmenter le collagène de ma peau ?
Combien de temps dois-je laisser poser un masque en tissu ?
Quelle différence entre un masque au collagène et un sérum au Matrixyl ?
Les masques hydrogel sont-ils meilleurs que les masques en tissu ?
Un masque de nuit en gelée au collagène est-il utile ?
Comment savoir si un masque contient assez de collagène ?
Le collagène marin est-il plus efficace que le collagène bovin dans un masque ?
À quelle fréquence utiliser un masque au collagène ?
Sources
- Bos JD, Meinardi MM (2000). The 500 Dalton rule for the skin penetration of chemical compounds and drugs. Experimental Dermatology. (PubMed)
- Aguirre-Cruz G, León-López A, Cruz-Gómez V, Jiménez-Alvarado R, Aguirre-Álvarez G (2020). Collagen Hydrolysates for Skin Protection: Oral Administration and Topical Formulation. Antioxidants. (PMC)
- Janssens-Böcker C, Wiesweg K, Doberenz C (2024). Native collagen sheet mask improves skin health and appearance: A comprehensive clinical evaluation. Journal of Cosmetic Dermatology, 23(5):1685-1702. (PubMed)
- Robinson LR, Fitzgerald NC, Doughty DG, Dawes NC, Berge CA, Bissett DL (2005). Topical palmitoyl pentapeptide provides improvement in photoaged human facial skin. International Journal of Cosmetic Science, 27(3):155-160. (PubMed)
- Équipe de recherche en dermocosmétique (2026). Hydrogel facial mask for sensitive skin: A pilot study of long-term effects on hydration, barrier function and mechanical properties. Journal of Cosmetic Dermatology. (PubMed)
- Collectif (2024). Short-term skin reactions and changes in stratum corneum following different ways of facial sheet mask usage. Journal of Tissue Viability.
- Collectif (2024). Use of Collagen in Cosmetic Products. Current Issues in Molecular Biology, 46:2043-2070. (PMC)
- Collectif (2025). Peptides: Emerging Candidates for the Prevention and Treatment of Skin Senescence: A Review. Biomolecules, 15(1):88. (PMC)