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SLU-PP
332

SLU-PP-332

SLU-PP-332, agoniste pan-ERR (ERRα/β/γ), dérivé 4-hydroxybenzohydrazide du 2-naphtaldéhyde

290.32 g/mol Masse moléculaire
C₁₈H₁₄N₂O₂ Formule brute
Préclinique uniquement : aucune donnée humaine publiée, aucune approbation réglementaire Statut de la recherche
Aucune séquence d'acides aminés. Le SLU-PP-332 n'est pas un peptide : c'est une petite molécule de synthèse (dérivé acylhydrazone de l'acide 4-hydroxybenzoïque et du 2-naphtaldéhyde), CAS 303760-60-3.
SLU-PP-332 Photo: Kalistro

Qu'est-ce que le SLU-PP-332 et pourquoi ce n'est pas un peptide ?

Le SLU-PP-332 circule depuis 2023 dans les discussions sur la performance et la perte de graisse sous l'étiquette de mimétique de l'exercice. Il apparaît sur les catalogues des mêmes revendeurs que le BPC-157 ou le MOTS-c, dans les mêmes sections intitulées "peptides", et avec le même vocabulaire. Cette proximité commerciale crée une confusion qu'il faut lever d'emblée, parce qu'elle a des conséquences pratiques.

Le SLU-PP-332 n'est pas un peptide. Un peptide est une chaîne de 2 à 50 acides aminés reliés par des liaisons peptidiques. Le SLU-PP-332 ne contient aucun acide aminé et aucune liaison peptidique. C'est une petite molécule organique de synthèse, un dérivé acylhydrazone construit à partir de l'acide 4-hydroxybenzoïque et du 2-naphtaldéhyde, de formule brute C₁₈H₁₄N₂O₂ et de masse moléculaire 290.32 g/mol. À titre de comparaison, le BPC-157 pèse environ 1 419 daltons et le MOTS-c compte 16 acides aminés. Le SLU-PP-332 appartient à la même famille chimique que la plupart des médicaments classiques avalés en comprimé, pas à celle des peptides thérapeutiques.

Cette distinction n'est pas un détail de nomenclature. Elle change la pharmacologie attendue. Un peptide est dégradé par des peptidases et des protéases, ce qui explique sa demi-vie souvent courte et son administration généralement injectable. Une petite molécule comme le SLU-PP-332 est métabolisée par les enzymes hépatiques de phase I et de phase II, elle peut théoriquement franchir des membranes qu'un peptide ne franchit pas, et elle pose des questions d'interactions médicamenteuses et de métabolites actifs qui ne se posent pas dans les mêmes termes pour un peptide.

La molécule a été conçue dans le laboratoire de Thomas P. Burris, d'abord à la Saint Louis University (d'où le préfixe SLU), puis dans le cadre de travaux poursuivis à Washington University in St. Louis et à l'University of Florida. Elle a été développée comme outil pharmacologique, c'est-à-dire comme sonde chimique destinée à étudier la biologie des récepteurs ERR en laboratoire. Ce statut d'outil de recherche est important : une sonde chimique est optimisée pour activer sa cible dans une expérience, pas pour être sûre, stable et bien tolérée chez l'humain pendant des mois.

ParamètreValeur
Classe chimiquePetite molécule de synthèse (acylhydrazone), pas un peptide
Numéro CAS303760-60-3
Formule bruteC₁₈H₁₄N₂O₂
Masse moléculaire290.32 g/mol
Cible moléculaireERRα, ERRβ, ERRγ (agoniste pan-ERR)
Statut réglementaireNon approuvé pour l'usage humain, aucune juridiction
Niveau de preuvePréclinique (rongeurs et cellules)

Cet article est à visée strictement informative et éducative. Il ne contient aucun protocole, aucune posologie et aucun conseil d'utilisation, parce qu'aucune posologie humaine n'existe dans la littérature scientifique.

Comment le SLU-PP-332 agit-il sur les récepteurs ERR ?

Les récepteurs apparentés aux récepteurs des œstrogènes (estrogen-related receptors, ERR) forment une famille de trois récepteurs nucléaires : ERRα, ERRβ et ERRγ. Leur nom prête à confusion. Ils ressemblent structurellement au récepteur des œstrogènes ERα, mais ils ne fixent pas l'œstradiol et ne participent pas à la signalisation œstrogénique classique. On les qualifie de récepteurs orphelins parce qu'aucun ligand endogène de petite taille n'a été établi pour eux.

Leur particularité est que leur activité ne dépend pas principalement de la fixation d'une hormone, mais du recrutement de coactivateurs, au premier rang desquels PGC-1α et PGC-1β. Ces coactivateurs sont les chefs d'orchestre de la biogenèse mitochondriale et du métabolisme oxydatif. Les travaux de Schreiber et collègues publiés dans PNAS en 2004 ont montré que l'inhibition de l'ERRα compromet la capacité de PGC-1α à induire l'expression des gènes codant des protéines mitochondriales et à augmenter le contenu en ADN mitochondrial. Autrement dit, l'ERRα est un effecteur nécessaire du programme transcriptionnel par lequel PGC-1α fabrique des mitochondries.

C'est précisément ce nœud que vise le SLU-PP-332. La molécule se fixe dans le domaine de liaison du ligand des trois ERR et stabilise une conformation qui favorise le recrutement des coactivateurs. Les valeurs de concentration efficace médiane rapportées sont de 98 nM pour l'ERRα, 230 nM pour l'ERRβ et 430 nM pour l'ERRγ. Il s'agit donc d'un agoniste pan-ERR, avec une préférence modeste d'environ 4 à 5 fois pour l'ERRα par rapport à l'ERRγ. Ce n'est pas une molécule sélective d'un sous-type.

En aval, l'activation des ERR augmente l'expression de gènes de la phosphorylation oxydative, de l'oxydation des acides gras et de la biogenèse mitochondriale. Dans les lignées de cellules musculaires, cela se traduit par une augmentation de la respiration cellulaire. C'est le socle mécanistique sur lequel repose l'idée de mimétique de l'exercice, puisque l'exercice d'endurance active lui aussi l'axe PGC-1α/ERR dans le muscle squelettique.

Il faut toutefois souligner une limite structurelle de cette approche. Les ERR ne sont pas exprimés uniquement dans le muscle squelettique. On les retrouve notamment dans le cœur, le rein, le tissu adipeux, l'os, le cerveau et le tissu mammaire. Un agoniste systémique et non sélectif ne cible pas le muscle : il cible tous les tissus qui expriment ces récepteurs. L'ERRα est par ailleurs étudié en oncologie, où sa surexpression est associée à certains profils tumoraux défavorables. Cette biologie large est une raison de prudence, pas une démonstration de danger, mais elle explique pourquoi un agoniste pan-ERR ne peut pas être présumé anodin.

Qu'est-ce qu'un mimétique de l'exercice ?

Un mimétique de l'exercice est une molécule censée reproduire pharmacologiquement une partie des adaptations déclenchées par l'activité physique, sans le travail mécanique. Le terme est né dans la littérature scientifique, et il a une date de naissance assez nette : l'article de Narkar et collègues publié dans Cell en 2008, intitulé "AMPK and PPARδ agonists are exercise mimetics". Cette publication a montré que l'AICAR, un activateur de l'AMPK, suffisait à améliorer l'endurance à la course d'environ 45 % chez des souris non entraînées, et que l'association avec l'agoniste PPARδ GW501516 amplifiait l'effet.

Depuis, l'expression a largement débordé du cadre scientifique. Il faut donc être précis sur ce qu'elle signifie et sur ce qu'elle ne signifie pas. L'exercice physique produit des centaines d'adaptations simultanées et interdépendantes : remodelage cardiaque et vasculaire, amélioration de la fonction endothéliale, adaptations tendineuses, osseuses et articulaires, modifications du contrôle neuromusculaire, amélioration de la sensibilité à l'insuline, effets sur le sommeil, l'humeur et la cognition, et une réduction documentée de la mortalité toutes causes confondues.

Une molécule qui agit sur l'axe PGC-1α/ERR reproduit un sous-ensemble de la signature transcriptionnelle musculaire de l'exercice d'endurance. C'est scientifiquement intéressant et potentiellement utile. Ce n'est pas l'exercice. Aucun mimétique de l'exercice, SLU-PP-332 compris, n'a démontré chez l'humain une amélioration de la capacité cardiorespiratoire mesurée, ni le moindre bénéfice sur la mortalité ou sur les événements cardiovasculaires. La formule "l'exercice en pilule" relève du raccourci marketing, pas de la revendication scientifique.

La motivation de recherche légitime derrière ces molécules est d'ailleurs rarement la performance sportive. Elle concerne les populations qui ne peuvent pas faire d'exercice : patients atteints de sarcopénie, de dystrophies musculaires, d'insuffisance cardiaque avancée, personnes immobilisées en réanimation ou après chirurgie, patients atteints de maladies mitochondriales. C'est dans ces indications que les auteurs des travaux sur les agonistes ERR situent leur programme. L'usage par des personnes en bonne santé déjà capables de s'entraîner est une extrapolation qui ne découle pas des données publiées.

Cette distinction mérite d'être gardée en tête quand on lit des listes de molécules présentées comme utiles aux sportifs. Nous l'abordons plus en détail dans notre dossier sur les peptides et les athlètes, où la question du rapport entre preuve disponible et usage réel se pose dans les mêmes termes.

Que montrent réellement les études animales sur le SLU-PP-332 ?

Deux publications principales constituent le socle des données in vivo sur le SLU-PP-332, et toutes deux portent sur la souris.

La première, publiée par Billon et collègues dans ACS Chemical Biology en avril 2023, porte sur la capacité d'exercice. Des souris sédentaires ont reçu du SLU-PP-332 ou un véhicule à la dose de 50 mg/kg par voie intrapéritonéale, deux fois par jour pendant 7 jours, avant d'être soumises à un test de course sur tapis roulant jusqu'à épuisement. Les animaux traités ont couru environ 70 % plus longtemps et environ 45 % plus loin que les témoins. Les analyses tissulaires ont montré une augmentation du nombre de fibres musculaires oxydatives dans le quadriceps, ainsi qu'une augmentation du cytochrome c, de la myosine IIA et du contenu en ADN mitochondrial.

Le point méthodologique le plus solide de cette étude est le contrôle génétique : chez des souris dont l'ERRα musculaire avait été délété, le SLU-PP-332 n'a produit aucun bénéfice d'endurance. Cela établit que l'effet observé passe bien par l'ERRα musculaire et non par un mécanisme non spécifique. C'est une démonstration de causalité moléculaire de bonne qualité, rare dans la littérature sur les composés vendus comme aides à la performance.

La seconde publication, parue dans le Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics en 2024, porte sur le métabolisme. Des souris obèses par alimentation hypercalorique et des souris ob/ob (déficientes en leptine) ont reçu du SLU-PP-332. Les auteurs rapportent une augmentation de la dépense énergétique et de l'oxydation des acides gras, une diminution de l'accumulation de masse grasse et une amélioration de la sensibilité à l'insuline. Leur conclusion est prudente et formulée comme une hypothèse : l'activation pharmacologique des ERR pourrait constituer une approche du syndrome métabolique et de l'obésité.

Un troisième travail, publié dans la même revue en 2026, décrit le SLU-PP-915, un agoniste pan-ERR de structure chimique très différente mais actif par voie orale, avec une activité comparable in vivo. Ce résultat est doublement instructif : il suggère que l'effet relève bien de la classe pharmacologique plutôt que d'une propriété isolée d'une molécule, et il rappelle en creux que le SLU-PP-332 lui-même a été administré par injection intrapéritonéale dans les études de référence, ce qui soulève la question de sa biodisponibilité orale réelle.

Les limites de ce corpus doivent être énoncées sans ambiguïté. Il s'agit de souris, souvent mâles, en effectifs réduits, sur des durées courtes allant de quelques jours à quatre semaines, avec des doses en mg/kg qui ne se transposent pas à l'humain par simple règle de trois. Le métabolisme énergétique de la souris, sa surface corporelle relative et sa thermorégulation diffèrent profondément des nôtres, et l'histoire de la pharmacologie métabolique est remplie de molécules remarquables chez le rongeur et décevantes ou mal tolérées chez l'humain. Les données sur le SLU-PP-332 sont encourageantes pour la recherche. Elles ne disent rien sur ce qui se passerait chez une personne. La même réserve s'applique à l'ensemble des molécules présentées comme favorisant la perte de graisse, un sujet que nous détaillons dans notre revue des peptides et de la perte de graisse.

Comment le SLU-PP-332 se compare-t-il au MOTS-c et à l'AICAR ?

Le SLU-PP-332 est régulièrement cité aux côtés du MOTS-c et de l'AICAR, comme s'il s'agissait de trois variantes d'une même chose. Ce n'est pas le cas : ces trois molécules appartiennent à trois classes chimiques distinctes et agissent sur des cibles différentes. Ce qu'elles partagent est une convergence fonctionnelle vers les programmes mitochondriaux et oxydatifs.

Le MOTS-c est, lui, un véritable peptide. C'est un peptide de 16 acides aminés codé par un cadre de lecture court situé dans le gène de l'ARN ribosomique 12S du génome mitochondrial, décrit par Lee et collègues dans Cell Metabolism en 2015. Son mécanisme principal décrit passe par l'inhibition du cycle des folates et de la biosynthèse de novo des purines, aboutissant à l'activation de l'AMPK. Chez la souris, son administration a prévenu l'insulinorésistance liée à l'âge et au régime hypercalorique, ainsi que l'obésité induite par l'alimentation. Un élément le distingue nettement du SLU-PP-332 : Reynolds et collègues ont montré dans Nature Communications en 2021 que l'exercice induit l'expression du MOTS-c dans le muscle squelettique humain et dans la circulation. Il existe donc une donnée humaine, de nature observationnelle et physiologique, sur la molécule endogène. Cela ne constitue pas pour autant une démonstration d'efficacité du MOTS-c administré de l'extérieur chez l'humain, qui reste absente. Nous détaillons cette littérature dans notre guide du MOTS-c et dans la comparaison Klow contre MOTS-c.

L'AICAR (5-aminoimidazole-4-carboxamide ribonucléotide) n'est ni un peptide ni un agoniste de récepteur nucléaire : c'est un nucléoside qui, après phosphorylation intracellulaire, mime l'AMP et active l'AMPK. C'est la molécule de l'article fondateur de Narkar en 2008, avec l'amélioration d'environ 45 % de l'endurance chez la souris sédentaire. Son histoire sert d'avertissement utile : près de vingt ans après cette publication, l'AICAR n'a pas donné lieu à un médicament de performance, en raison notamment de sa pharmacocinétique médiocre et des doses élevées nécessaires. Il est en revanche explicitement interdit en compétition depuis des années.

CritèreSLU-PP-332MOTS-cAICAR
Nature chimiquePetite molécule de synthèsePeptide de 16 acides aminés d'origine mitochondrialeAnalogue nucléosidique
Cible principaleERRα, ERRβ, ERRγ (récepteurs nucléaires)AMPK, via le cycle des folatesAMPK (mime l'AMP)
Preuve animale cléEndurance et masse grasse chez la souris, dépendance à l'ERRα démontréePrévention de l'insulinorésistance et de l'obésité chez la sourisEndurance améliorée d'environ 45 % chez la souris sédentaire
Donnée humaineAucune publiéeInduction par l'exercice documentée chez l'humain ; efficacité en administration non démontréeDonnées humaines limitées, aucune indication établie en performance
Nommé sur la liste AMA 2026Non nommé (relève de la catégorie S0)Oui, nommé parmi les activateurs de l'AMPK (S4.4.1)Oui, nommé parmi les activateurs de l'AMPK (S4.4.1)

La leçon de ce tableau est que le regroupement commercial de ces trois molécules sous l'étiquette "peptides mimétiques de l'exercice" est une commodité de catalogue, pas une catégorie pharmacologique. Leurs profils de risque, leurs voies d'élimination et leur niveau de preuve ne sont pas interchangeables.

Que sait-on de la sécurité du SLU-PP-332 chez l'humain ?

La réponse honnête tient en un mot : rien. Il n'existe aucune donnée humaine publiée sur le SLU-PP-332. Pas d'étude de pharmacocinétique, pas d'essai de phase I, pas de profil d'effets indésirables, pas de dose maximale tolérée, pas de données d'interactions médicamenteuses. Une recherche sur les registres d'essais cliniques ne retourne aucun essai humain enregistré pour cette molécule. Aucune autorité de santé, ni la FDA, ni l'EMA, ni l'ANSM, ne l'a évaluée ni approuvée pour un usage humain, quelle qu'en soit l'indication.

Il faut mesurer ce que cela implique. L'absence de signal de sécurité n'est pas un signal de sécurité. Les études murines publiées étaient des études d'efficacité, conçues pour tester une hypothèse mécanistique, pas des études de toxicologie réglementaire. Elles n'ont pas comporté les examens qu'exige un dossier préclinique complet : toxicité à doses répétées sur plusieurs espèces, génotoxicité, études de carcinogenèse, toxicité sur la reproduction, évaluation cardiovasculaire dédiée. Aucun de ces volets n'est disponible dans le domaine public pour le SLU-PP-332.

Plusieurs préoccupations théoriques méritent d'être nommées, non comme des dangers démontrés mais comme des inconnues qui justifient la prudence. Les ERR sont exprimés dans de nombreux tissus, dont le cœur et le rein, et l'effet d'une activation chronique de ces récepteurs dans ces organes n'est pas caractérisé. L'ERRα fait par ailleurs l'objet de travaux en oncologie, où son activité est étudiée en lien avec la prolifération cellulaire et le métabolisme tumoral : forcer sa signalisation sur de longues périodes est un paramètre dont les conséquences ne sont pas connues. Enfin, stimuler durablement la biogenèse mitochondriale et l'oxydation des substrats n'est pas une intervention neutre sur le plan de l'équilibre redox.

À ces inconnues pharmacologiques s'ajoute un problème de chaîne d'approvisionnement. Le SLU-PP-332 vendu en ligne provient de fournisseurs de produits chimiques de recherche, étiquetés "pour usage en laboratoire uniquement". Il n'existe pas de monographie pharmacopéique, pas de standard de qualité contraignant, pas de libération de lot par une autorité. L'identité réelle, la pureté, la teneur et la présence éventuelle de solvants résiduels ou de sous-produits de synthèse ne sont pas garanties par un cadre réglementaire. Nous abordons ce problème transversal dans notre article sur la sécurité des peptides de recherche.

Avertissement. Cet article ne fournit volontairement aucune posologie, aucun protocole, aucune voie d'administration et aucune durée d'utilisation pour le SLU-PP-332, parce qu'aucune de ces informations n'existe sous une forme validée chez l'humain. Toute dose circulant sur des forums ou des pages de vente est une extrapolation non validée de données murines. Ce contenu est fourni à titre éducatif uniquement et ne remplace pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé qualifié pour toute question relative à votre santé, à votre métabolisme ou à votre performance physique.

Quel est le statut du SLU-PP-332 au regard de l'antidopage (AMA/WADA) ?

La question revient systématiquement, et la réponse demande de distinguer deux choses : ce qui est nommé sur la liste des interdictions, et ce qui est couvert par la liste.

Sur la liste des interdictions 2026 de l'Agence mondiale antidopage, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, le SLU-PP-332 n'est pas nommé explicitement, et les agonistes ERR ne figurent pas comme classe nommée. Cela ne signifie pas qu'il est autorisé. La liste comporte une catégorie S0, substances non approuvées, interdite en permanence, en compétition comme hors compétition. Cette catégorie couvre toute substance pharmacologique qui ne fait l'objet d'aucune approbation actuelle par une autorité réglementaire de santé gouvernementale pour un usage thérapeutique humain, y compris les substances en développement préclinique ou clinique, celles dont le développement a été abandonné, les drogues de synthèse et les substances approuvées uniquement en médecine vétérinaire. Le SLU-PP-332 ne dispose d'aucune approbation humaine dans aucun pays. Il relève donc de S0 sur ce seul fondement.

Le contraste avec ses voisins de catalogue est éclairant. Dans la section S4.4.1, modulateurs métaboliques, la liste 2026 nomme explicitement les activateurs de l'AMPK, en citant notamment le BAM15, l'AICAR et le MOTS-c. Elle nomme également les agonistes PPARδ (GW1516, aussi appelé GW501516) et les agonistes Rev-erb α (SR9009, SR9011). Autrement dit, les deux autres molécules de la comparaison précédente sont nommées une à une, tandis que le SLU-PP-332 est couvert par la clause générale. Pour un athlète soumis au Code mondial antidopage, la conséquence pratique est la même : la substance est interdite.

Un signal supplémentaire mérite d'être relevé. En 2026, une équipe du laboratoire olympique d'analyse de l'UCLA a publié dans Drug Testing and Analysis une caractérisation du métabolisme in vitro du SLU-PP-332, réalisée sur fractions S9 de foie humain, et a identifié 22 métabolites de phase I et de phase II. L'objectif déclaré de ce travail est le contrôle antidopage. Quand un laboratoire accrédité publie la cartographie métabolique d'un composé, cela signifie que les méthodes de détection sont en cours de construction ou déjà en place. L'hypothèse selon laquelle une molécule récente serait indétectable n'a pas de fondement ici.

Deux précisions enfin. La liste des interdictions est révisée chaque année, et le statut nommément cité d'une substance peut changer d'une édition à l'autre : tout athlète concerné doit vérifier la version en vigueur et s'adresser à son organisation nationale antidopage, en France l'AFLD. Par ailleurs, le statut antidopage et le statut légal sont deux choses différentes. La légalité de la détention, de l'importation et de la vente de produits chimiques de recherche varie selon les juridictions, et cet article ne constitue pas un conseil juridique.

Qu'est-ce qui reste inconnu sur le SLU-PP-332 ?

Faire la liste des inconnues est sans doute la partie la plus utile d'un guide sur une molécule à ce stade de développement, parce que c'est cette liste, et non les résultats murins, qui détermine ce qu'on peut raisonnablement en dire.

La pharmacocinétique humaine est entièrement inconnue. Biodisponibilité, demi-vie, volume de distribution, voies d'élimination, métabolites actifs circulants, variabilité interindividuelle : rien de tout cela n'est caractérisé chez l'humain. Les travaux de 2026 sur le métabolisme in vitro apportent une première carte des métabolites potentiels, mais une étude sur fractions hépatiques ne remplace pas une étude in vivo. Le fait que la molécule ait été administrée par injection intrapéritonéale dans les études de référence, et qu'un composé successeur ait dû être conçu spécifiquement pour l'activité orale, suggère que la biodisponibilité du SLU-PP-332 par voie orale n'est pas son point fort.

Aucune fourchette de dose humaine n'existe. La question n'est pas seulement celle de la dose efficace, mais celle de la dose tolérée, et surtout celle de l'écart entre les deux. Cet écart, la marge thérapeutique, est l'information décisive d'un dossier de phase I, et elle est totalement absente ici.

La traduction fonctionnelle est incertaine. Une signature transcriptionnelle musculaire modifiée et un contenu mitochondrial augmenté chez la souris ne garantissent pas une amélioration mesurable de la VO₂max, de la puissance soutenue ou de la composition corporelle chez l'humain. De nombreux signaux moléculaires prometteurs chez le rongeur se sont révélés sans traduction clinique.

La relation avec l'entraînement réel n'est pas établie. Les données sur l'agoniste oral SLU-PP-915 suggèrent chez la souris une synergie avec l'entraînement sur certains gènes mitochondriaux, ce qui pointe vers un effet additif plutôt que substitutif. Mais la question de savoir si un agoniste ERR complète, remplace ou interfère avec les adaptations à l'entraînement chez l'humain n'a reçu aucune réponse expérimentale.

La sélectivité tissulaire reste un problème ouvert. L'intérêt scientifique du domaine se déplace vers des composés plus sélectifs de sous-types ou plus ciblés sur le muscle, précisément parce qu'un agoniste pan-ERR systémique agit partout où les ERR sont exprimés. Les conséquences à long terme d'une activation ERR chronique dans le cœur, le rein, l'os et les tissus hormono-sensibles ne sont pas caractérisées.

Les populations qui pourraient en bénéficier ne sont pas identifiées cliniquement. Les auteurs orientent leur programme vers la sarcopénie, les dystrophies musculaires, l'insuffisance cardiaque et le syndrome métabolique. Ce sont des hypothèses de développement, pas des indications. Aucune n'a été testée chez l'humain.

En résumé, le SLU-PP-332 est un bon outil de recherche, appuyé par une démonstration mécanistique solide chez la souris, et une inconnue complète chez l'humain. Ces deux affirmations ne sont pas contradictoires : elles décrivent exactement l'état actuel du dossier. Avertissement médical : ce contenu est destiné à l'information scientifique et éducative. Le SLU-PP-332 n'est approuvé pour l'usage humain dans aucune juridiction et son statut légal varie selon les pays. Les données présentées proviennent d'études précliniques chez l'animal et ne sont pas transposables à l'humain. Consultez un professionnel de santé qualifié avant toute décision concernant votre santé.

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Questions fréquentes

Le SLU-PP-332 est-il un peptide ?
Non. Le SLU-PP-332 est une petite molécule de synthèse de formule C₁₈H₁₄N₂O₂ et de masse moléculaire 290.32 g/mol, sans aucun acide aminé ni liaison peptidique. Un peptide est par définition une chaîne de 2 à 50 acides aminés. Le SLU-PP-332 est un dérivé acylhydrazone, chimiquement plus proche d'un médicament classique que d'un peptide comme le MOTS-c ou le BPC-157. Il est souvent classé parmi les peptides par les revendeurs, ce qui est une erreur de catégorie et non un détail de vocabulaire : la pharmacologie, le métabolisme et les voies d'élimination ne sont pas les mêmes.
Le SLU-PP-332 est-il approuvé par la FDA ou l'EMA ?
Non, dans aucune juridiction. Ni la FDA, ni l'EMA, ni l'ANSM n'ont approuvé le SLU-PP-332 pour un usage humain, quelle qu'en soit l'indication. La molécule est un composé de recherche vendu avec la mention "pour usage en laboratoire uniquement". Aucun essai clinique humain n'est enregistré pour cette molécule. Elle n'a donc franchi aucune étape d'évaluation réglementaire chez l'humain.
Existe-t-il un dosage recommandé de SLU-PP-332 ?
Non, et c'est une information importante en elle-même. Aucune posologie humaine validée n'existe dans la littérature scientifique, parce qu'aucune étude de phase I n'a été conduite et publiée. Les études publiées ont utilisé 50 mg/kg par voie intrapéritonéale deux fois par jour chez la souris, une dose et une voie d'administration qui ne se transposent pas à l'humain par calcul allométrique simple. Toute dose circulant sur des forums ou des pages commerciales est une extrapolation non validée. Cet article ne fournit volontairement aucun protocole.
Le SLU-PP-332 fait-il perdre de la graisse ?
Chez la souris, oui, dans des modèles précis. L'étude publiée dans le Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics en 2024 rapporte, chez des souris obèses par alimentation hypercalorique et des souris ob/ob, une augmentation de la dépense énergétique et de l'oxydation des acides gras, une réduction de l'accumulation de masse grasse et une amélioration de la sensibilité à l'insuline. Chez l'humain, la réponse est inconnue : aucune donnée de composition corporelle, aucune mesure de dépense énergétique et aucune donnée métabolique humaine n'ont été publiées pour cette molécule.
Le SLU-PP-332 est-il interdit en compétition ?
Oui. Il n'est pas nommé explicitement sur la liste des interdictions 2026 de l'Agence mondiale antidopage, mais il relève de la catégorie S0 des substances non approuvées, interdite en permanence, en compétition comme hors compétition. Cette catégorie couvre toute substance pharmacologique dépourvue d'approbation par une autorité réglementaire de santé pour un usage thérapeutique humain, ce qui est le cas du SLU-PP-332. À titre de comparaison, le MOTS-c et l'AICAR sont, eux, nommés explicitement dans la section S4.4.1 des modulateurs métaboliques. Par ailleurs, une caractérisation métabolique du SLU-PP-332 à des fins de contrôle antidopage a été publiée en 2026, ce qui indique que des méthodes de détection sont en développement.
SLU-PP-332 ou MOTS-c : lequel dispose du plus de preuves ?
Les deux restent à un stade préclinique pour ce qui concerne l'efficacité, mais leurs dossiers ne sont pas identiques. Le SLU-PP-332 possède une démonstration mécanistique particulièrement propre : son effet sur l'endurance disparaît chez les souris dont l'ERRα musculaire est délété, ce qui prouve que la cible revendiquée est la bonne. Le MOTS-c bénéficie en revanche d'une donnée humaine que le SLU-PP-332 n'a pas, de nature physiologique : l'exercice induit son expression dans le muscle squelettique et la circulation chez l'humain, comme l'ont montré Reynolds et collègues en 2021. Aucun des deux ne dispose d'un essai clinique d'efficacité chez l'humain.
Le SLU-PP-332 est-il actif par voie orale chez l'humain ?
On ne le sait pas, et plusieurs éléments invitent au doute. Les études in vivo de référence ont administré la molécule par injection intrapéritonéale chez la souris, pas par voie orale. Surtout, l'équipe à l'origine du composé a développé un agoniste pan-ERR structurellement différent, le SLU-PP-915, décrit en 2026 comme spécifiquement actif par voie orale avec une efficacité comparable. Concevoir un successeur pour obtenir l'activité orale suggère que cette propriété n'était pas satisfaisante avec le SLU-PP-332. Aucune donnée de biodisponibilité humaine n'est publiée pour l'une ou l'autre molécule.
Le SLU-PP-332 peut-il remplacer l'exercice physique ?
Non, et aucune donnée ne le suggère. Un agoniste ERR reproduit une partie de la signature transcriptionnelle musculaire de l'exercice d'endurance. L'exercice physique produit simultanément des adaptations cardiovasculaires, vasculaires, tendineuses, osseuses, neuromusculaires, métaboliques et cognitives, ainsi qu'une réduction documentée de la mortalité toutes causes confondues. Aucun mimétique de l'exercice n'a démontré chez l'humain d'amélioration de la capacité cardiorespiratoire mesurée ni de bénéfice sur la mortalité. Les travaux sur les agonistes ERR visent d'ailleurs en priorité des patients qui ne peuvent pas s'entraîner, et non des personnes en bonne santé qui en sont capables.

Sources scientifiques

  1. Billon C, Sitaula S, Banerjee S, Welch R, Elgendy B, Hegazy L, Oh TG, et al. (2023). Synthetic ERRα/β/γ Agonist Induces an ERRα-Dependent Acute Aerobic Exercise Response and Enhances Exercise Capacity. ACS Chemical Biology, 18(4):756-771 (PMID 36988910).
  2. Billon C, Schoepke E, Avdagic A, Chatterjee A, Butler AA, Elgendy B, Walker JK, Burris TP (2024). A Synthetic ERR Agonist Alleviates Metabolic Syndrome. Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, 388(2):232-240 (PMID 37739806).
  3. Billon C, Appourchaux K, Côté I, Burris TP (2026). An orally active estrogen receptor-related receptor agonist, SLU-PP-915, enhances aerobic exercise capacity. Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, 393(1):103787 (PMID 41421047).
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