- Zepbound et Mounjaro contiennent exactement la même substance active, le tirzépatide, développée et commercialisée par Eli Lilly. La différence n'est ni chimique ni pharmacologique : elle est réglementaire et commerciale.
- Aux États-Unis, Mounjaro est autorisé depuis le 13 mai 2022 dans le diabète de type 2, tandis que Zepbound a été autorisé le 8 novembre 2023 dans l'obésité et le surpoids avec comorbidité, puis le 20 décembre 2024 dans l'apnée obstructive du sommeil modérée à sévère associée à l'obésité.
- Dans l'Union européenne, la marque Zepbound n'existe pas : une seule autorisation de mise sur le marché, celle de Mounjaro, couvre à la fois le diabète de type 2 et la gestion du poids.
- Les deux marques reposent sur deux programmes d'essais distincts : SURPASS dans le diabète de type 2, SURMOUNT dans l'obésité, avec le volet SURMOUNT-OSA consacré à l'apnée du sommeil.
- Le profil d'effets indésirables est identique puisque la molécule est identique : troubles digestifs au premier plan, mise en garde encadrée sur les tumeurs thyroïdiennes observées chez le rongeur, risques pancréatiques et biliaires.
- La prise en charge et la disponibilité varient fortement d'un pays à l'autre et d'une indication à l'autre, y compris pour un produit chimiquement identique.
- Cet article a une finalité éducative. Il ne propose aucun schéma d'administration et ne remplace pas une consultation médicale.
Pourquoi deux noms pour une même molécule ?
Peu de comparaisons pharmaceutiques sont aussi déroutantes que celle-ci : Zepbound et Mounjaro ne sont pas deux médicaments concurrents, ni deux variantes d'une même famille, ni deux formulations légèrement différentes. Les deux boîtes contiennent la même substance active, le tirzépatide, produite par le même laboratoire, Eli Lilly. Si vous cherchez à savoir laquelle des deux marques est la plus efficace, la réponse pharmacologique est immédiate : aucune, puisque la molécule est strictement identique.
Le tirzépatide est un peptide synthétique de 39 acides aminés qui active deux récepteurs à la fois, celui du GIP (polypeptide insulinotrope dépendant du glucose) et celui du GLP-1 (glucagon-like peptide-1). Cette double activité explique à la fois son effet sur la glycémie et son effet sur la prise alimentaire. Sa structure comporte des modifications chimiques, notamment une chaîne lipidique, qui allongent sa durée de vie dans l'organisme et rendent possible une seule injection sous-cutanée par semaine. Ces caractéristiques moléculaires sont détaillées dans notre guide dédié, qui reste la référence pour tout ce qui concerne la molécule elle-même.
La différence entre les deux noms est donc d'ordre réglementaire. Lorsqu'un laboratoire obtient l'autorisation d'une même substance pour une seconde maladie, il peut choisir de déposer une nouvelle marque afin de séparer clairement les deux usages : prescriptions distinctes, notices distinctes, circuits de remboursement distincts, campagnes d'information distinctes. C'est exactement ce qu'Eli Lilly a fait avec le tirzépatide aux États-Unis, en reprenant la logique déjà employée par Novo Nordisk pour le sémaglutide, vendu sous un nom pour le diabète et sous un autre pour l'obésité.
Cette séparation a des conséquences très concrètes pour les patients. Une ordonnance libellée Mounjaro et une ordonnance libellée Zepbound n'ouvrent pas les mêmes droits, ne relèvent pas des mêmes conditions de prise en charge et ne sont pas forcément disponibles dans le même pays, alors que le liquide injecté est le même. Comprendre cette distinction évite deux erreurs symétriques : croire qu'il s'agit de deux produits aux performances différentes, et croire qu'ils sont interchangeables sans conséquence administrative ou médicale.
Avertissement : cet article a une finalité informative et éducative. Il ne contient aucun schéma d'administration, aucun protocole et ne se substitue pas à l'avis d'un professionnel de santé.
Quelles indications ont été autorisées pour chaque marque ?
C'est ici que se situe la vraie différence. Aux États-Unis, la FDA a autorisé Mounjaro le 13 mai 2022 comme premier agoniste combiné des récepteurs GIP et GLP-1, en complément du régime alimentaire et de l'activité physique, pour améliorer le contrôle glycémique chez l'adulte atteint de diabète de type 2. L'agence s'est appuyée sur un ensemble d'essais conduits chez plus de 7 700 patients diabétiques.
La deuxième marque est arrivée dix-huit mois plus tard. Le 8 novembre 2023, la FDA a autorisé Zepbound pour la gestion pondérale chronique chez l'adulte présentant une obésité (IMC supérieur ou égal à 30 kg/m²) ou un surpoids (IMC supérieur ou égal à 27 kg/m²) accompagné d'au moins une comorbidité liée au poids, comme l'hypertension artérielle, une dyslipidémie, un diabète de type 2, une apnée obstructive du sommeil ou une maladie cardiovasculaire.
Une troisième étape distingue encore davantage les deux étiquettes américaines. Le 20 décembre 2024, la FDA a étendu l'autorisation de Zepbound à l'apnée obstructive du sommeil modérée à sévère chez l'adulte vivant avec une obésité, en faisant le premier médicament autorisé dans cette indication, jusque-là traitée par pression positive continue, dispositifs intrabuccaux ou chirurgie. Mounjaro, lui, est resté une marque de diabétologie aux États-Unis.
En Europe, l'architecture est différente et c'est une source constante de confusion. L'Agence européenne des médicaments n'a jamais délivré d'autorisation à une spécialité nommée Zepbound : une seule autorisation de mise sur le marché existe, celle de Mounjaro, et elle couvre les deux usages. Le comité des médicaments à usage humain a rendu le 9 novembre 2023 un avis positif pour étendre l'indication de Mounjaro à la gestion du poids, chez l'adulte avec un IMC supérieur ou égal à 30 kg/m², ou compris entre 27 et 30 kg/m² en présence d'au moins une comorbidité liée au poids. Autrement dit, en France, en Belgique ou en Allemagne, le médicament prescrit pour l'obésité porte le nom de Mounjaro.
Concernant l'apnée du sommeil, l'EMA a par ailleurs considéré qu'une indication séparée n'était pas nécessaire : les bénéfices observés chez les personnes obèses souffrant d'apnée obstructive sont jugés déjà couverts par l'indication de gestion du poids, les données correspondantes étant intégrées à l'information produit. Le contraste avec la FDA est frappant, et il illustre que la différence Zepbound contre Mounjaro est avant tout une différence d'architecture administrative, non de pharmacologie.
Quels essais cliniques soutiennent chaque marque ?
Deux grands programmes de phase 3 ont été conduits en parallèle, et leur nom permet de retrouver immédiatement à quelle indication appartient une donnée. Le programme SURPASS a évalué le tirzépatide dans le diabète de type 2, c'est-à-dire le socle de la marque Mounjaro. Le programme SURMOUNT a évalué la même molécule dans l'obésité et le surpoids, c'est-à-dire le socle de la marque Zepbound.
Côté SURPASS, l'essai le plus commenté reste la comparaison directe avec le sémaglutide hebdomadaire chez des patients diabétiques traités par metformine, publiée dans le New England Journal of Medicine en 2021. À 40 semaines, la baisse estimée de l'hémoglobine glyquée s'échelonnait entre 2,01 et 2,30 points de pourcentage selon la posologie étudiée de tirzépatide, contre 1,86 point avec le sémaglutide, avec une réduction du poids également plus marquée sous tirzépatide. Plus récemment, l'essai de morbimortalité SURPASS-CVOT a comparé tirzépatide et dulaglutide chez des patients diabétiques atteints de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse : un événement du critère principal est survenu chez 12,2 % des patients sous tirzépatide contre 13,1 % sous dulaglutide (rapport de risque 0,92), répondant au critère de non-infériorité sans démontrer de supériorité.
Côté SURMOUNT, l'essai SURMOUNT-1 a inclus 2 539 adultes en situation d'obésité ou de surpoids sans diabète. À 72 semaines, la variation moyenne du poids corporel allait de 15,0 % à 20,9 % de perte selon la posologie, contre 3,1 % sous placebo. SURMOUNT-2 a étudié des adultes vivant à la fois avec une obésité et un diabète de type 2 : sur 72 semaines, 79 à 83 % des participants sous tirzépatide ont atteint une réduction d'au moins 5 % du poids, contre 32 % sous placebo. Enfin, l'essai SURMOUNT-5, publié en 2025, a comparé directement tirzépatide et sémaglutide chez des adultes obèses sans diabète : la variation moyenne du poids à 72 semaines était de 20,2 % de perte sous tirzépatide contre 13,7 % sous sémaglutide, avec une réduction du tour de taille de 18,4 cm contre 13,0 cm.
Le volet SURMOUNT-OSA est celui qui a ouvert l'indication américaine dans l'apnée du sommeil. Ce protocole regroupait deux essais de 52 semaines totalisant 469 participants adultes avec apnée obstructive modérée à sévère et obésité, l'un chez des personnes n'utilisant pas de pression positive continue, l'autre chez des personnes sous traitement par pression positive. L'index d'apnées-hypopnées a diminué de 25,3 événements par heure sous tirzépatide contre 5,3 sous placebo dans le premier essai, et de 29,3 contre 5,5 dans le second.
Il faut lire ces chiffres pour ce qu'ils sont : des résultats d'essais contrôlés, obtenus dans des populations sélectionnées, avec un accompagnement nutritionnel et un suivi rapproché. Ils ne décrivent pas une trajectoire individuelle garantie. Pour une lecture chronologique de l'évolution observée sous traitement, voir notre article sur la chronologie des résultats du tirzépatide.
Tableau comparatif : quelles différences concrètes entre les deux marques ?
Le tableau ci-dessous résume les points de divergence réels. Toutes les lignes où figure la mention « identique » rappellent que l'on parle d'une seule et même molécule.
| Critère | Zepbound | Mounjaro |
|---|---|---|
| Substance active | Tirzépatide (identique) | Tirzépatide (identique) |
| Laboratoire | Eli Lilly | Eli Lilly |
| Première autorisation FDA | 8 novembre 2023 (gestion pondérale chronique) | 13 mai 2022 (diabète de type 2) |
| Indication supplémentaire aux États-Unis | Apnée obstructive du sommeil modérée à sévère avec obésité (20 décembre 2024) | Aucune indication pondérale sous ce nom aux États-Unis |
| Statut dans l'Union européenne | Marque non autorisée par l'EMA | Autorisation unique couvrant diabète de type 2 et gestion du poids |
| Programme d'essais pivots | SURMOUNT, dont SURMOUNT-OSA | SURPASS, dont SURPASS-CVOT |
| Voie et rythme d'administration | Injection sous-cutanée hebdomadaire (identique) | Injection sous-cutanée hebdomadaire (identique) |
| Présentations | Stylo monodose, présentation multidose, flacons monodose selon le circuit de distribution | Stylo monodose prérempli et présentation multidose selon les marchés |
| Profil d'effets indésirables | Identique (troubles digestifs au premier plan) | Identique (troubles digestifs au premier plan) |
| Mise en garde encadrée aux États-Unis | Tumeurs thyroïdiennes à cellules C observées chez le rongeur | Tumeurs thyroïdiennes à cellules C observées chez le rongeur |
| Prise en charge | Variable selon l'assureur et l'indication retenue | Variable selon le pays et l'indication retenue |
Deux lectures de ce tableau sont possibles. Du point de vue du pharmacologue, les deux colonnes se confondent presque entièrement : même structure chimique, même mécanisme à double récepteur, même pharmacocinétique, même tolérance. Du point de vue du patient ou du prescripteur, les colonnes divergent sur presque tout ce qui détermine l'accès réel au traitement.
Cette asymétrie explique pourquoi la question « Zepbound ou Mounjaro ? » n'a pas de réponse médicale universelle. Dans la grande majorité des situations, ce n'est pas le patient qui choisit la marque, mais la combinaison de trois éléments : le pays où l'ordonnance est rédigée, le motif médical qui justifie la prescription et les règles de remboursement applicables.
Si votre question porte plutôt sur la comparaison entre molécules différentes, deux autres analyses sont plus adaptées : Mounjaro contre Ozempic pour le versant diabétologique et Mounjaro contre Wegovy pour le versant pondéral.
Comment les deux marques se présentent-elles en pharmacie ?
Les présentations constituent l'une des rares différences tangibles entre les deux étiquettes, et encore : elles dépendent surtout du pays et du circuit de distribution, pas de la marque en elle-même.
Aux États-Unis, Zepbound existe sous trois formats : un stylo monodose prérempli à usage unique, une présentation multidose de type KwikPen permettant plusieurs administrations successives, et des flacons monodose distribués par le circuit direct du laboratoire. Le fabricant précise que la formulation du principe actif est la même dans le stylo et dans le flacon : seule l'enveloppe change, ainsi que le geste technique, puisque le flacon suppose un prélèvement avec seringue alors que le stylo est prêt à l'emploi.
Mounjaro, de son côté, est distribué sous forme de stylo prérempli et, selon les marchés, sous forme de présentation multidose. En Europe, c'est donc une boîte portant la mention Mounjaro que recevra un patient traité pour une obésité, ce qui surprend régulièrement les personnes qui ont lu des contenus américains évoquant Zepbound. Vérifier le nom commercial réellement commercialisé dans son pays, auprès de sa pharmacie ou de l'agence nationale du médicament, évite beaucoup de confusion et limite le risque de se tourner vers des circuits non officiels.
Ce dernier point mérite une mise en garde explicite. L'écart entre la demande et l'accès réel au tirzépatide a favorisé l'apparition de produits présentés comme équivalents, vendus hors circuit pharmaceutique, parfois sous forme de poudre à reconstituer et présentés comme « destinés à la recherche ». Ces produits n'offrent aucune garantie d'identité, de pureté, de stérilité ni de teneur réelle, et leur statut légal varie selon les juridictions. Un médicament injectable autorisé n'a pas d'équivalent informel.
Enfin, le format n'influence pas l'efficacité attendue. Un flacon et un stylo contenant la même quantité de tirzépatide délivrent la même molécule au même rythme hebdomadaire. Le choix du format relève de considérations pratiques, de disponibilité et de coût, et c'est au professionnel de santé prescripteur qu'il revient de le trancher.
La perte de poids diffère-t-elle entre Zepbound et Mounjaro ?
Non, pas en raison de la marque. Puisque la substance active, sa concentration et sa voie d'administration sont identiques, il n'existe aucune raison pharmacologique pour qu'un patient perde davantage de poids sous une étiquette que sous l'autre. Cette idée reçue est pourtant tenace, et elle vient d'une confusion entre la marque et la population étudiée.
Les essais SURMOUNT, conduits chez des personnes en situation d'obésité ou de surpoids sans diabète, rapportent des réductions pondérales plus importantes que les essais menés chez des patients diabétiques. Dans SURMOUNT-1, la perte de poids moyenne à 72 semaines atteignait jusqu'à 20,9 % selon la posologie. Dans SURMOUNT-2, mené chez des adultes vivant à la fois avec une obésité et un diabète de type 2, les seuils de réduction pondérale atteints étaient plus modestes, avec 79 à 83 % des participants dépassant 5 % de perte contre 32 % sous placebo.
Cet écart est bien documenté dans l'ensemble de la classe des incrétinomimétiques : la présence d'un diabète de type 2 s'accompagne en moyenne d'une réponse pondérale moindre, pour des raisons métaboliques et médicamenteuses, notamment l'usage concomitant de traitements qui favorisent la prise de poids. Comme Mounjaro est, aux États-Unis, la marque utilisée en diabétologie et Zepbound celle utilisée dans les indications pondérales, les chiffres associés dans la presse à chacun des deux noms diffèrent. Ce sont les populations qui diffèrent, pas le médicament.
La variabilité individuelle reste par ailleurs considérable. Dans les essais, une partie des participants obtient une réduction supérieure à 25 % du poids initial, tandis que d'autres répondent peu. L'accompagnement nutritionnel, le niveau d'activité physique, la durée du traitement et la tolérance digestive influencent le résultat. Nos articles sur les évolutions observées sous Zepbound et la comparaison Wegovy contre Zepbound détaillent cette dispersion des réponses.
Un dernier élément est souvent négligé : l'arrêt du traitement. Les données disponibles dans cette classe thérapeutique montrent une reprise pondérale fréquente après interruption, ce qui conduit les autorités à cadrer ces médicaments comme des traitements au long cours d'une maladie chronique, et non comme une cure ponctuelle. Cette réalité s'applique aux deux marques, à l'identique.
Les effets indésirables sont-ils identiques ?
Oui. C'est la conséquence logique de l'identité moléculaire : le profil de tolérance décrit dans les notices de Zepbound et de Mounjaro se superpose, et les différences de formulation du texte réglementaire reflètent les populations étudiées, non une sécurité différente.
Les effets indésirables les plus fréquents sont digestifs : nausées, diarrhée, vomissements, constipation, douleurs abdominales, dyspepsie. Dans les essais, ils sont majoritairement d'intensité légère à modérée et surviennent surtout lors des phases d'ajustement initiales du traitement. Ils constituent la première cause d'arrêt. D'autres manifestations sont rapportées, comme la fatigue, les réactions au point d'injection, la chute de cheveux ou l'éructation.
Plusieurs risques moins fréquents mais plus sérieux figurent dans l'information produit des deux marques : pancréatite aiguë, affections de la vésicule biliaire dont la lithiase et la cholécystite, réactions d'hypersensibilité, atteinte rénale aiguë favorisée par la déshydratation lors d'épisodes digestifs intenses, aggravation possible d'une rétinopathie diabétique et risque accru de régurgitation ou d'inhalation lors d'une anesthésie générale ou d'une sédation profonde, du fait du ralentissement de la vidange gastrique. Aux États-Unis, les deux étiquettes portent une mise en garde encadrée relative aux tumeurs thyroïdiennes à cellules C observées chez le rongeur, avec une contre-indication en cas d'antécédent personnel ou familial de carcinome médullaire de la thyroïde ou de néoplasie endocrinienne multiple de type 2.
Une nuance pratique existe tout de même, liée au contexte de prescription plutôt qu'à la marque : le risque d'hypoglycémie devient significatif lorsque le tirzépatide est associé à une insuline ou à un sulfamide hypoglycémiant, situation beaucoup plus fréquente chez les patients traités pour un diabète de type 2. Le suivi biologique et la surveillance clinique diffèrent donc selon l'indication, sans que la molécule ne change de comportement.
Le tirzépatide n'est par ailleurs pas recommandé pendant la grossesse, et l'allaitement relève d'une évaluation individuelle. Tout symptôme inhabituel, en particulier une douleur abdominale intense et persistante, justifie un avis médical rapide. Pour une revue d'ensemble de la tolérance de cette classe thérapeutique, consultez notre article sur les effets indésirables des agonistes du GLP-1.
Comment l'accès et la prise en charge varient-ils selon les pays ?
C'est le domaine où la distinction entre les deux marques a le plus d'effets concrets, et celui où toute généralisation est risquée. Les règles évoluent vite, diffèrent d'un pays à l'autre et, à l'intérieur d'un même pays, d'une indication à l'autre. Aucun chiffre de prix n'est donné ici : seuls les sites officiels et les pharmacies peuvent renseigner un tarif à jour.
Aux États-Unis, la séparation des marques structure directement la couverture. Un assureur peut rembourser le tirzépatide pour un diabète de type 2 sous le nom de Mounjaro, tout en appliquant des conditions différentes, voire une exclusion, pour la même molécule prescrite sous le nom de Zepbound dans une indication pondérale. L'arrivée de l'indication dans l'apnée obstructive du sommeil en décembre 2024 a modifié certaines de ces politiques, en rattachant le traitement à une pathologie respiratoire documentée par polysomnographie. Les modalités exactes dépendent du contrat, de l'exigence éventuelle d'une autorisation préalable et du circuit de distribution choisi.
En France, il n'y a pas de Zepbound : c'est Mounjaro qui porte les deux indications. La prise en charge est encadrée et a été précisée en 2026. Depuis le 15 juin 2026, Mounjaro est remboursable dans le diabète de type 2 insuffisamment contrôlé, en complément d'un régime et d'une activité physique, en association avec la metformine ou dans certaines trithérapies, avec un taux de remboursement de 30 %. Dans l'indication de gestion du poids, la prise en charge s'applique à 65 % mais sous conditions strictes : IMC initial supérieur ou égal à 40 kg/m² sans comorbidité, ou supérieur ou égal à 35 kg/m² en présence d'une comorbidité.
Le cadre français ajoute une condition de prescripteur pour l'indication pondérale. La prescription initiale est réservée à des spécialistes de deuxième ou troisième recours, exerçant notamment en centre spécialisé de l'obésité ou en lien avec un tel centre. Un formulaire d'accompagnement à la prescription doit être rempli une fois par le médecin, remis au patient avec l'ordonnance, puis présenté au pharmacien à chaque délivrance. Les personnes déjà traitées avant cette date doivent également obtenir ce formulaire pour bénéficier du remboursement.
Ailleurs, la situation varie : certains pays réservent le tirzépatide au diabète, d'autres couvrent les deux indications, d'autres encore laissent l'indication pondérale entièrement à la charge du patient. La seule démarche fiable consiste à vérifier auprès de l'agence nationale du médicament et de l'organisme d'assurance maladie du pays concerné, car la marque disponible, l'indication autorisée et le niveau de prise en charge peuvent diverger d'un territoire à l'autre pour un produit chimiquement identique.
Que faut-il vérifier avant d'en parler à un médecin ?
La comparaison Zepbound contre Mounjaro n'aboutit pas à un classement, mais à une clarification. La question utile n'est pas « quelle marque est la meilleure », puisque la molécule est la même, mais « quelle indication correspond à ma situation médicale, et quel nom commercial existe dans mon pays pour cette indication ».
Quelques éléments factuels peuvent être préparés avant une consultation : les antécédents personnels et familiaux, en particulier thyroïdiens, pancréatiques et biliaires, la liste complète des médicaments en cours, notamment une insuline, un sulfamide hypoglycémiant ou un contraceptif oral, les comorbidités liées au poids déjà diagnostiquées et, s'il existe une suspicion d'apnée du sommeil, les examens du sommeil disponibles. Ces informations déterminent la pertinence du traitement et les précautions à prendre, bien davantage que le nom imprimé sur la boîte.
Il faut aussi rappeler ce que ces médicaments ne sont pas. Le tirzépatide n'est ni un complément alimentaire, ni un produit de confort, ni un traitement de courte durée destiné à une perte de poids ponctuelle. C'est un médicament de prescription, assorti de contre-indications, d'une surveillance et d'une stratégie de long terme reposant aussi sur l'alimentation, l'activité physique et le sommeil. Les questions pratiques de préparation et de conversion sont traitées à part, dans l'outil tirzépatide du site, qui reste un support d'information et ne remplace en aucun cas les instructions d'un prescripteur.
Enfin, une vigilance particulière s'impose face aux offres en ligne. La forte demande a fait émerger des produits vendus hors circuit pharmaceutique, parfois en poudre, avec des allégations d'équivalence impossibles à vérifier. Le statut légal de ces produits varie selon les pays, leur composition réelle est inconnue et aucun suivi médical n'y est associé.
Rappel : ce contenu est fourni à titre éducatif uniquement et ne constitue pas un avis médical. Toute décision concernant un traitement par tirzépatide, sous le nom de Zepbound ou de Mounjaro, relève d'un professionnel de santé qualifié, qui seul peut évaluer le rapport bénéfice-risque individuel.
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Quiz rapide · 6 questions
Questions fréquentes
Mounjaro et Zepbound sont-ils le même médicament ?
Peut-on obtenir Zepbound en France ou en Europe ?
Zepbound fait-il perdre plus de poids que Mounjaro ?
Mounjaro est-il autorisé pour l'apnée du sommeil en Europe ?
Les effets indésirables sont-ils différents entre les deux marques ?
Pourquoi un assureur rembourse-t-il une marque et pas l'autre ?
Peut-on passer de Mounjaro à Zepbound ou l'inverse ?
Quelle est la différence avec Wegovy et Ozempic ?
Sources
- Jastreboff AM, Aronne LJ, Ahmad NN, et al. (2022). Tirzepatide Once Weekly for the Treatment of Obesity (SURMOUNT-1). New England Journal of Medicine. (PubMed)
- Frías JP, Davies MJ, Rosenstock J, et al. (2021). Tirzepatide versus Semaglutide Once Weekly in Patients with Type 2 Diabetes (SURPASS-2). New England Journal of Medicine. (PubMed)
- Malhotra A, Grunstein RR, Fietze I, et al. (2024). Tirzepatide for the Treatment of Obstructive Sleep Apnea and Obesity (SURMOUNT-OSA). New England Journal of Medicine. (PubMed)
- Garvey WT, Frias JP, Jastreboff AM, et al. (2023). Tirzepatide once weekly for the treatment of obesity in people with type 2 diabetes (SURMOUNT-2): a double-blind, randomised, multicentre, placebo-controlled, phase 3 trial. The Lancet. (PubMed)
- Aronne LJ, Horn DB, le Roux CW, et al. (2025). Tirzepatide as Compared with Semaglutide for the Treatment of Obesity (SURMOUNT-5). New England Journal of Medicine. (PubMed)
- Nicholls SJ, Bhatt DL, Buse JB, et al. (2025). Cardiovascular Outcomes with Tirzepatide versus Dulaglutide in Type 2 Diabetes (SURPASS-CVOT). New England Journal of Medicine. (PubMed)
- U.S. Food and Drug Administration (2024). FDA Approves First Medication for Obstructive Sleep Apnea. FDA News Release. (fda.gov)
- U.S. Food and Drug Administration (2022). FDA Approves Novel, Dual-Targeted Treatment for Type 2 Diabetes (Mounjaro). FDA News Release. (fda.gov)
- European Medicines Agency (2026). Mounjaro (tirzepatide): European public assessment report. EMA. (ema.europa.eu)
- Assurance Maladie (Ameli) (2026). Obésité : de nouveaux médicaments peuvent être pris en charge dans des conditions encadrées. ameli.fr. (ameli.fr)
- Haute Autorité de Santé (2026). MOUNJARO (tirzépatide) - Diabète de type 2, avis de la Commission de la transparence. HAS. (has-sante.fr)