Qu'est-ce que le Dihexa (PNB-0408) et d'où vient-il ?
Le Dihexa, également désigné par son code de développement PNB-0408, est une petite molécule synthétique dérivée de l'angiotensine IV. Sa dénomination chimique complète est N-hexanoyl-Tyr-Ile-(6)-aminohexanoamide : un squelette dipeptidique très court (tyrosine et isoleucine) encadré par deux chaînes carbonées à six atomes, ajoutées délibérément pour résister aux enzymes qui dégradent les peptides naturels en quelques minutes. Il est donc plus juste de parler d'un composé peptidomimétique que d'un peptide au sens strict : sa masse moléculaire est d'environ 504,67 g/mol pour une formule brute C₂₇H₄₄N₄O₅.
Son origine est universitaire. Le Dihexa a été conçu dans les laboratoires de John W. Wright et Joseph W. Harding, à Washington State University, dans le prolongement de travaux menés depuis les années 1990 sur les fragments du système rénine-angiotensine et la mémoire. L'angiotensine IV est un hexapeptide issu du clivage de l'angiotensine II, et plusieurs équipes ont rapporté qu'elle facilitait l'apprentissage spatial chez le rongeur. Le problème était pharmacocinétique : ces fragments sont détruits presque instantanément dans le sang, ce qui rend toute utilisation thérapeutique illusoire.
La chimie médicinale a donc cherché des analogues stables. Une étape intermédiaire a été décrite en 2011 par Benoist et ses collègues, avec des analogues raccourcis du Nle1-angiotensine IV associés à une synaptogenèse hippocampique et à une amélioration de la mémoire spatiale. Le Dihexa représente l'aboutissement de cette série. Dans la publication qui l'a introduit en 2013, les auteurs rapportent une demi-vie de 330 minutes dans le sérum de rat, contre 1,40 minute pour le Nle1-angiotensine IV, ainsi qu'une activité à des concentrations picomolaires, une élimination lente et un passage suffisant de la barrière hémato-encéphalique.
Ce sont ces chiffres, spectaculaires sur le papier, qui ont fait la notoriété du Dihexa bien au-delà des revues de pharmacologie. Comme nous le détaillons plus loin, l'article qui les contient porte depuis 2021 une notice de préoccupation éditoriale, et trois publications voisines de la même équipe ont été rétractées en 2025. Pour situer le Dihexa parmi les autres molécules présentées comme cognitives, vous pouvez consulter notre panorama des peptides étudiés pour le cerveau et la cognition. Ce guide est fourni à titre informatif et éducatif uniquement : il ne constitue pas un avis médical.
Quel mécanisme d'action est proposé pour le Dihexa ?
Le mécanisme avancé par les concepteurs du Dihexa ne passe pas par les récepteurs classiques de l'angiotensine. L'hypothèse publiée est que la molécule agirait comme un modulateur positif du système HGF/c-Met. Le HGF (hepatocyte growth factor, ou facteur de croissance des hépatocytes) est un facteur de croissance, et c-Met (également écrit MET) est le récepteur à activité tyrosine kinase qui le reconnaît. Dans le cerveau, ce couple est impliqué dans la croissance des neurites, la formation des épines dendritiques, la survie neuronale et plusieurs processus de plasticité.
L'idée d'en faire une cible thérapeutique dans la maladie d'Alzheimer a été formulée explicitement par Wright et Harding dans une revue publiée en 2015 dans le Journal of Alzheimer's Disease. Le raisonnement est le suivant : si la perte de synapses est l'une des corrélations les plus fortes avec le déclin cognitif, alors une molécule capable de restaurer la densité synaptique pourrait agir là où les approches anti-amyloïdes ont déçu. Le Dihexa a été présenté comme le premier composé de cette classe à la fois actif par voie orale et capable d'atteindre le système nerveux central.
Au niveau moléculaire, les publications originales décrivaient une interaction du Dihexa avec le HGF favorisant sa dimérisation et l'activation du récepteur c-Met, avec en aval des cascades de signalisation classiques de la survie et de la croissance neuronale, notamment la voie PI3K/AKT. Cette dernière composante est celle qui a reçu le plus de soutien indépendant : une équipe sans lien avec le groupe d'origine a rapporté en 2021 que les effets du Dihexa chez la souris APP/PS1 étaient atténués par la wortmannine, un inhibiteur de la PI3K.
Un avertissement important s'impose ici. Les deux articles qui établissaient le plus directement la dépendance des effets du Dihexa à la voie HGF/c-Met, publiés en 2012 et 2014, ont été rétractés en avril 2025. Le mécanisme reste biologiquement plausible, mais il n'est plus adossé à des données exploitables en l'état. Un mécanisme plausible n'a d'ailleurs jamais constitué, en soi, une preuve d'efficacité clinique : c'est une hypothèse de travail, pas un résultat.
Que montrent réellement les études sur le Dihexa ?
Première chose à poser clairement : l'intégralité de la littérature disponible sur le Dihexa est préclinique. Il s'agit de cultures de neurones, de souris et de rats. Aucune étude publiée n'a administré ce composé à des participants humains dans un cadre contrôlé, et aucun protocole d'efficacité chez l'humain n'existe donc, ni positif ni négatif. Tout ce qui suit doit être lu avec cette limite en tête.
La publication fondatrice, signée McCoy et ses collègues en 2013 dans le Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics, décrit un composé très stable (demi-vie de 330 minutes dans le sérum de rat), capable d'induire une spinogenèse et une synaptogenèse à des concentrations picomolaires, lentement éliminé du compartiment sanguin et suffisamment perméable à la barrière hémato-encéphalique. C'est de cet article que proviennent presque tous les arguments repris ensuite en ligne. Il porte une notice de préoccupation publiée en 2021 et, à notre connaissance, n'a pas été rétracté à ce jour.
Deux travaux indépendants, postérieurs et non concernés par les procédures éditoriales, méritent davantage d'attention. En 2021, Sun et ses collègues ont rapporté dans Brain Sciences que le Dihexa améliorait l'apprentissage spatial au labyrinthe aquatique de Morris chez la souris APP/PS1, augmentait le nombre de neurones et l'expression de la synaptophysine, réduisait l'activation des astrocytes et de la microglie, abaissait les cytokines pro-inflammatoires IL-1β et TNF-α, élevait l'IL-10 anti-inflammatoire, et que ces effets étaient largement renversés par un inhibiteur de la PI3K. En 2024, Wells et ses collègues ont publié dans le Journal of Huntington's Disease un résultat de sens inverse : chez 40 rats Wistar mâles répartis en trois groupes et suivis cinq semaines, le PNB-0408 n'a pas protégé les animaux des déficits moteurs et cognitifs induits par l'acide 3-nitropropionique.
| Étude | Modèle | Résultat principal | Statut éditorial |
|---|---|---|---|
| McCoy et al., 2013 | Neurones en culture, rongeur | Stabilité métabolique, spinogenèse à des concentrations picomolaires, passage de la barrière hémato-encéphalique | Notice de préoccupation (2021) |
| Benoist et al., 2014 | Rongeur et neurones | Effets procognitifs décrits comme dépendants de la voie HGF/c-Met | Rétracté (avril 2025) |
| Sun et al., 2021 | Souris APP/PS1 | Amélioration cognitive, hausse de la synaptophysine, baisse de la neuroinflammation | Équipe indépendante |
| Wells et al., 2024 | 40 rats Wistar mâles, modèle 3-NP | Aucune protection contre les déficits induits | Équipie indépendante |
Reste la formule la plus virale : le Dihexa serait "10 millions de fois plus puissant que le BDNF". Cette comparaison ne provient pas d'un essai comparatif publié tête-à-tête. Elle traduit un rapport de concentrations observé dans un test de formation d'épines dendritiques sur neurones en culture, où le composé agissait à l'échelle picomolaire tandis que le BDNF opère à des concentrations plus élevées. Un ratio de puissance in vitro sur un critère cellulaire unique ne se traduit ni en effet clinique, ni en bénéfice cognitif chez une personne en bonne santé.
Pourquoi les rétractations de 2025 changent-elles la lecture des données ?
C'est l'élément que la plupart des contenus consacrés au Dihexa omettent, et c'est pourtant le plus déterminant. En septembre 2021, le Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics a publié quatre notices de préoccupation portant sur des articles du groupe de Washington State University qui constituent la base scientifique du Dihexa et de son mécanisme présumé. Les préoccupations concernaient l'intégrité d'images, principalement des western blots.
En avril 2025, trois de ces quatre articles ont fait l'objet d'une rétractation complète : "Mimics of the Dimerization Domain of Hepatocyte Growth Factor Exhibit Anti-Met and Anticancer Activity" (2011), "Development of Angiotensin IV Analogs as Hepatocyte Growth Factor/Met Modifiers" (2012) et "The Procognitive and Synaptogenic Effects of Angiotensin IV-Derived Peptides Are Dependent on Activation of the Hepatocyte Growth Factor/c-Met System" (2014). Autrement dit, les publications qui démontraient que l'effet du Dihexa passe par la voie HGF/c-Met ne font plus partie de la littérature scientifique valide.
Le contexte est public et a été documenté par la presse spécialisée. Les travaux concernés sous-tendaient le programme d'une société biotechnologique cotée, Athira Pharma. Sa directrice générale a démissionné en octobre 2021 après que l'entreprise a confirmé qu'elle avait modifié des images dans des publications issues de sa thèse et de ses années de doctorat. En janvier 2025, la société a accepté de verser plus de 4 millions de dollars pour clore des allégations de falsification de données liées à des demandes de financement public.
Que faut-il en conclure sur la molécule elle-même ? Une rétractation ne démontre pas qu'un composé est inerte ou nocif. Elle signifie que les données produites ne peuvent plus servir de preuve et que les affirmations qu'elles soutenaient doivent être reconstruites à partir de zéro, par des équipes indépendantes. Pour le Dihexa, cela déplace le curseur de "mécanisme établi dans des modèles animaux" vers "hypothèse intéressante en attente de réplication". Le fait que l'article de 2013 conserve une notice de préoccupation, et non une rétractation, ne le rend pas pour autant pleinement fiable : une notice de préoccupation est un signal d'alerte éditorial explicite, pas un blanc-seing.
Existe-t-il des essais cliniques humains sur le Dihexa ?
Non. En octobre 2026, nous n'avons identifié aucun essai clinique publié administrant du Dihexa à des participants humains, ni aucun essai enregistré sous les dénominations "Dihexa" ou "PNB-0408" dans les registres publics. Il n'existe donc ni données de pharmacocinétique humaine, ni dose tolérée documentée, ni profil d'effets indésirables, ni évaluation d'efficacité. Cette absence n'est pas une nuance de détail : c'est le fait central du dossier.
Il existe cependant une lecture humaine indirecte de l'hypothèse thérapeutique sous-jacente. Le fosgonimeton (ATH-1017) est une molécule distincte du Dihexa, développée par Athira Pharma, également décrite comme un modulateur positif du système HGF/MET. Contrairement au Dihexa, elle a été testée chez l'humain. Les résultats de l'essai de phase 2/3 LIFT-AD ont été publiés en 2025 dans le Journal of Alzheimer's Disease Reports.
Les chiffres sont instructifs. L'analyse principale portait sur 287 participants atteints de maladie d'Alzheimer légère à modérée, ne recevant pas d'inhibiteur de l'acétylcholinestérase, randomisés en rapport 1:1 entre fosgonimeton 40 mg par voie sous-cutanée quotidienne et placebo. L'essai n'a atteint ni son critère principal ni ses critères secondaires : la différence entre groupes sur le score GST à 26 semaines était de -0,08 (erreur standard 0,10 ; p = 0,70), de -0,70 (0,77 ; p = 0,35) sur l'ADAS-Cog11 et de +0,67 (0,92 ; p = 0,61) sur l'ADCS-ADL23.
Que peut-on en tirer concernant le Dihexa ? Prudemment, deux choses. D'une part, il s'agit d'une molécule différente, administrée par une autre voie, dans une population âgée et malade : aucun transfert direct de conclusion n'est légitime. D'autre part, le premier test rigoureux chez l'humain de la prémisse générale, à savoir qu'une modulation positive du système HGF/MET améliore la cognition dans une maladie neurodégénérative, n'a pas confirmé l'hypothèse. Toute personne qui présente le Dihexa comme un amplificateur cognitif démontré ignore à la fois les rétractations de 2025 et ce résultat. Consultez un professionnel de santé avant d'envisager quoi que ce soit touchant à votre fonction cognitive.
Pourquoi le Dihexa circule-t-il dans le monde nootropique ?
La popularité du Dihexa dans les communautés nootropiques s'explique par une combinaison d'éléments narratifs puissants. D'abord une phrase : "10 millions de fois plus puissant que le BDNF". Elle est frappante, mémorisable, et elle circule aujourd'hui largement détachée de son contexte expérimental. Ensuite une promesse mécanistique attirante : la synaptogenèse, c'est-à-dire la construction de nouvelles connexions, plutôt que la simple stimulation d'un neurotransmetteur. Enfin un argument pratique : la revendication d'une activité par voie orale, rare parmi les composés peptidiques.
À cela s'ajoute une asymétrie d'information. L'article de 2013 est librement accessible et facile à résumer. Les notices de préoccupation de 2021 et les rétractations de 2025 sont des documents éditoriaux courts, peu référencés, qui n'apparaissent pas spontanément dans les recherches grand public. Résultat : une grande partie des contenus en ligne sur le Dihexa, y compris des pages d'apparence sérieuse, répète un résumé d'abstract vieux de treize ans sans mentionner que ses fondations ont été partiellement retirées de la littérature.
S'ajoutent des problèmes concrets de marché. Le Dihexa n'a pas de monographie de pharmacopée, ce qui signifie qu'aucune norme publique ne définit l'identité, la pureté ou les impuretés acceptables du produit vendu. Sa solubilité médiocre dans l'eau conduit certains vendeurs à proposer des véhicules comme le DMSO, lequel modifie l'absorption cutanée de tout ce avec quoi il est mélangé, y compris les contaminants. Sans donnée de pharmacocinétique humaine, personne ne peut dire ce qui atteint réellement le cerveau, à quelle concentration et pendant combien de temps.
La leçon méthodologique dépasse cette molécule. Avant d'accorder du crédit à un composé de recherche, il est utile de vérifier son statut éditorial sur PubMed (une rétractation ou une notice s'affiche en tête de notice), de chercher au moins une réplication par une équipe indépendante, et de distinguer un résultat in vitro d'un résultat clinique. Notre article sur la sécurité des peptides détaille cette grille de lecture.
Quelles questions de sécurité pose la voie HGF/c-Met ?
Il faut commencer par ce qui n'existe pas. Il n'y a aucune étude de toxicologie publiée sur le Dihexa chez l'humain, aucune étude de toxicité chronique accessible, aucune donnée de cancérogenèse, aucune évaluation de la reprotoxicité, et les publications précliniques disponibles ne rapportent pas de critères formels de sécurité. Un profil de sécurité inconnu n'est pas un profil de sécurité favorable : c'est une absence d'information.
La question théorique la plus souvent soulevée est oncologique, et elle mérite d'être expliquée sans dramatisation. Le récepteur MET est un proto-oncogène bien caractérisé. Comme l'a résumé Petrini dans une revue de 2015, la signalisation HGF/MET mène une "double vie" : indispensable à la réparation tissulaire normale, elle devient un moteur de prolifération, d'invasion et de dissémination métastatique lorsqu'elle est dérégulée. Ce n'est pas une spéculation marginale : des inhibiteurs de MET constituent une classe thérapeutique en oncologie, développée précisément pour éteindre cette voie dans certaines tumeurs.
Le raisonnement prudent est donc le suivant. Une molécule conçue pour potentialiser systématiquement un axe de signalisation que l'oncologie cherche à inhiber pose une question de sécurité à long terme qui ne peut être tranchée que par des études dédiées. À ce jour, ces études n'existent pas pour le Dihexa. Il serait tout aussi inexact d'affirmer que le Dihexa provoque des cancers : aucune donnée publiée ne le montre. La position scientifiquement défendable est intermédiaire : il existe une plausibilité biologique de risque, et une absence totale de données permettant de l'évaluer ou de l'écarter.
Une ironie du dossier mérite d'être signalée : l'article de 2011 du même groupe portait sur des mimétiques décrits comme ayant une activité anti-Met et anticancéreuse, et il a lui aussi été rétracté en 2025. Même la direction des effets de cette chimie sur la voie MET reste donc, dans cette littérature, un terrain instable. À cela s'ajoutent d'autres inconnues : interactions médicamenteuses non étudiées, conséquences d'un remodelage synaptique prolongé, effets hors cible. Ce guide ne propose volontairement aucun dosage ni protocole. Si vous avez des préoccupations cognitives, adressez-vous à un médecin.
Quel est le statut réglementaire et légal du Dihexa ?
Le Dihexa n'est approuvé comme médicament dans aucune juridiction. Il ne dispose d'autorisation de mise sur le marché ni auprès de la FDA aux États-Unis, ni auprès de l'EMA ou de l'ANSM en Europe. Il n'est pas non plus un complément alimentaire autorisé : sa structure synthétique et son origine pharmaceutique l'excluent des cadres applicables aux ingrédients nutritionnels. Lorsqu'il est proposé à la vente, c'est presque toujours sous la mention "réservé à la recherche" (research use only), formule qui exclut explicitement l'usage humain.
Les conséquences pratiques varient selon les pays, et il est important de ne pas généraliser. Dans de nombreuses juridictions, la vente d'une substance pharmacologiquement active destinée à la consommation humaine, sans autorisation, est illicite, et l'importation personnelle peut relever du droit douanier ou du droit du médicament. Le statut juridique du Dihexa doit être vérifié localement : il n'est pas uniforme et il évolue.
Dans le contexte sportif, un point est souvent mal compris. Une substance n'a pas besoin d'être nommément listée pour être interdite. La catégorie S0 du Code mondial antidopage couvre les substances non approuvées, c'est-à-dire tout agent pharmacologique sans autorisation en vigueur pour un usage thérapeutique humain. Un composé de recherche comme le Dihexa relève de cette logique, en permanence et pas seulement en compétition. Tout athlète soumis à contrôle devrait considérer ce point comme rédhibitoire.
Enfin, un mot sur la qualité des produits. En l'absence de cadre pharmaceutique, rien ne garantit l'identité ou la pureté de ce qui est vendu sous ce nom, et les certificats d'analyse fournis par les vendeurs ne sont pas des documents réglementés. Nous ne vendons pas ce composé, et cette page ne contient aucun lien d'achat ni aucune recommandation de fournisseur, par cohérence avec notre politique éditoriale sur les substances dépourvues de données humaines.
Comment le Dihexa se compare-t-il aux autres peptides cognitifs ?
Comparer des molécules cognitives suppose de comparer d'abord la qualité des preuves, et non les mécanismes annoncés. Sur ce critère, le Dihexa occupe le niveau le plus bas de l'échelle parmi les composés dont on parle régulièrement : un dossier exclusivement animal, partiellement rétracté, sans aucune donnée humaine. Ce constat ne dit rien de son potentiel biologique futur, mais il décrit exactement ce que l'on sait aujourd'hui.
| Composé | Données chez l'humain | Statut |
|---|---|---|
| Dihexa (PNB-0408) | Aucune publiée | Composé de recherche, non approuvé |
| Cérébrolysine | Essais randomisés publiés | Médicament autorisé dans certains pays, non approuvé par la FDA |
| Semax | Usage clinique en Russie, littérature internationale limitée | Non approuvé en UE et aux États-Unis |
| Selank | Usage clinique en Russie, littérature internationale limitée | Non approuvé en UE et aux États-Unis |
La cérébrolysine illustre le contraste le plus net : il s'agit d'un produit d'origine biologique autorisé dans plusieurs pays et évalué dans des essais randomisés chez l'humain, avec des résultats discutés mais existants. Le Semax et le Selank occupent une position intermédiaire : une histoire clinique réelle en Russie, mais une base documentaire internationale restreinte et des méthodologies souvent anciennes. Le Dihexa, lui, n'a jamais quitté le laboratoire.
Il faut aussi noter une différence de nature. Le Semax et le Selank sont des peptides courts dérivés de séquences endogènes, tandis que le Dihexa est une construction chimique conçue pour la stabilité, avec des chaînes lipophiles qui ne figurent dans aucune protéine humaine. Cette différence structurelle rend les extrapolations de sécurité d'un composé à l'autre particulièrement hasardeuses.
Pour une vue d'ensemble comparative de ces molécules, de leurs mécanismes et du niveau de preuve associé à chacune, consultez notre dossier sur les meilleurs peptides étudiés pour le cerveau et la cognition. Rappel final : ce contenu est éducatif, il ne remplace pas un avis médical, et aucune des substances évoquées ici n'est approuvée pour l'amélioration cognitive chez le sujet sain.
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Questions fréquentes sur le Dihexa
Le Dihexa est-il vraiment un peptide ?
Le Dihexa fonctionne-t-il chez l'humain ?
Qu'est-ce que les rétractations de 2025 changent concrètement ?
Le Dihexa augmente-t-il le risque de cancer ?
Le Dihexa est-il actif par voie orale ?
Est-il exact que le Dihexa est 10 millions de fois plus puissant que le BDNF ?
Quelle est la différence entre le Dihexa et le fosgonimeton (ATH-1017) ?
Le Dihexa est-il légal ?
Sources
- McCoy AT, Benoist CC, Wright JW, Kawas LH, Bule-Ghogare JM, Zhu M, Appleyard SM, Wayman GA, Harding JW (2013). Evaluation of metabolically stabilized angiotensin IV analogs as procognitive/antidementia agents (article portant une notice de préoccupation). Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics.
- Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics (notice éditoriale) (2021). Notice of Concern: McCoy AT et al. (2013) Evaluation of Metabolically Stabilized Angiotensin IV Analogs as Procognitive/Antidementia Agents. Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics.
- Benoist CC, Wright JW, Zhu M, Appleyard SM, Wayman GA, Harding JW (2011). Facilitation of hippocampal synaptogenesis and spatial memory by C-terminal truncated Nle1-angiotensin IV analogs. Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics.
- Benoist CC, Kawas LH, Zhu M, Tyson KA, Stillmaker L, Appleyard SM, Wright JW, Wayman GA, Harding JW (2025). Retraction notice to The Procognitive and Synaptogenic Effects of Angiotensin IV-Derived Peptides Are Dependent on Activation of the Hepatocyte Growth Factor/c-Met System [J Pharmacol Exp Ther 351 (2014) 390-402]. Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics.
- Kawas LH, McCoy AT, Yamamoto BJ, Wright JW, Harding JW (2025). Retraction notice to Development of Angiotensin IV Analogs as Hepatocyte Growth Factor/Met Modifiers [J Pharmacol Exp Ther 340 (2012) 539-548]. Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics.
- Kawas LH, Yamamoto BJ, Wright JW, Harding JW (2025). Retraction notice to Mimics of the Dimerization Domain of Hepatocyte Growth Factor Exhibit Anti-Met and Anticancer Activity [J Pharmacol Exp Ther 339 (2011) 509-518]. Journal of Pharmacology and Experimental Therapeutics.
- Wright JW, Harding JW (2015). The Brain Hepatocyte Growth Factor/c-Met Receptor System: A New Target for the Treatment of Alzheimer's Disease. Journal of Alzheimer's Disease.
- Sun X, Deng Y, Fu X, Wang S, Duan R, Zhang Y (2021). AngIV-Analog Dihexa Rescues Cognitive Impairment and Recovers Memory in the APP/PS1 Mouse via the PI3K/AKT Signaling Pathway. Brain Sciences.
- Wells RG, Azzam AF, Hiller AL, Sardinia MF (2024). Effects of an Angiotensin IV Analog on 3-Nitropropionic Acid-Induced Huntington's Disease-Like Symptoms in Rats. Journal of Huntington's Disease.
- Petrini I (2015). Biology of MET: a double life between normal tissue repair and tumor progression. Annals of Translational Medicine.
- Porsteinsson AP, Sabbagh M, Tariot PN, Church KJ, San Martin J, Ooi KBC, Daggett S, Hale MD, Holub R, Moebius HJ (2025). Fosgonimeton in mild-to-moderate Alzheimer's disease (essai de phase 2/3 LIFT-AD). Journal of Alzheimer's Disease Reports.
- Retraction Watch (2025). Biotech company agrees to pay $4 million to settle data falsification allegations. Retraction Watch.
- STAT News (2021). Athira chief executive resigns as company confirms she altered research. STAT News.
- National Center for Biotechnology Information (2026). Dihexa (PNB-0408), fiche composé (formule C₂₇H₄₄N₄O₅). PubChem.