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Pemvidutide

Pemvidutide (ALT-801), double agoniste des récepteurs du GLP-1 et du glucagon

3873.42 g/mol Masse moléculaire
C₁₈₂H₂₇₅N₃₉O₅₄ Formule brute
Médicament expérimental : phase 3 en cours dans la MASH, non approuvé par la FDA ni l'EMA Statut
Analogue peptidique de 29 acides aminés dérivé du glucagon, comportant un acide aminé non naturel (Aib) en position 2 et une chaîne lipidique greffée sur une lysine : His-Aib-Gln-Gly-Thr-Phe-Thr-Ser-Asp-Tyr-Ser-Lys-Tyr-Leu-Asp-Glu-Lys(lipide)-Ala-Ala-Lys-Glu-Phe-Ile-Gln-Trp-Leu-Leu-Gln-Thr-NH₂
Pemvidutide Photo: Martin Lopez

Qu'est-ce que le pemvidutide (ALT-801) ?

Le pemvidutide, initialement codé ALT-801, est un peptide expérimental développé par la société américaine Altimmune. Il appartient à la famille des doubles agonistes GLP-1/glucagon, une classe de molécules conçues pour activer simultanément deux récepteurs impliqués dans le contrôle du poids et du métabolisme hépatique. Il est administré par voie sous-cutanée une fois par semaine dans les essais cliniques.

Sur le plan chimique, il s'agit d'un analogue de 29 acides aminés dérivé du squelette du glucagon. Deux modifications structurelles expliquent son profil : un acide aminé non naturel (acide aminoisobutyrique, ou Aib) en position 2, qui protège le peptide de la dégradation par la dipeptidyl peptidase-4, et une chaîne lipidique greffée sur une lysine, qui favorise la liaison à l'albumine et allonge la demi-vie jusqu'à permettre une administration hebdomadaire. Sa masse moléculaire est d'environ 3 873 g/mol pour une formule brute C₁₈₂H₂₇₅N₃₉O₅₄.

Le programme clinique du pemvidutide a évolué au fil du temps. Les premiers essais ciblaient l'obésité et la stéatose hépatique, avant que le promoteur ne concentre ses efforts sur la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH), puis sur le trouble lié à l'usage d'alcool et sur la maladie hépatique alcoolique. L'indication obésité, elle, a servi de base de preuve pharmacologique sans avoir donné lieu à un essai de phase 3 annoncé publiquement à ce jour.

Un point de vocabulaire mérite d'être posé d'emblée : le pemvidutide est un médicament expérimental, et non un complément ni un produit de bien-être. Il n'est approuvé ni par la FDA ni par l'EMA, dans aucune indication. Son accès légal se limite à la participation à un essai clinique. Les produits proposés en ligne sous l'appellation de peptide de recherche ne font l'objet d'aucun contrôle pharmaceutique de qualité, d'identité ou de stérilité, et leur utilisation chez l'humain sort du cadre réglementaire comme du cadre médical.

Pour replacer cette molécule dans son contexte pharmacologique plus large, notre guide sur les incrétines de nouvelle génération détaille les différentes combinaisons de récepteurs actuellement explorées.

Comment agit un double agonisme GLP-1/glucagon équilibré 1:1 ?

Le bras GLP-1 du pemvidutide reproduit les effets bien caractérisés des agonistes du récepteur du GLP-1 : signalisation de satiété au niveau hypothalamique et du tronc cérébral, ralentissement de la vidange gastrique, et sécrétion d'insuline dépendante du glucose. C'est ce bras qui porte l'essentiel de la réduction des apports alimentaires, selon le même principe que le sémaglutide ou que la composante GLP-1 du tirzépatide.

Le bras glucagon suit une logique différente, et c'est là que réside l'intérêt scientifique de la molécule. Le glucagon est historiquement connu comme l'hormone hyperglycémiante, mais il agit aussi directement sur l'hépatocyte pour stimuler l'oxydation des acides gras et réduire la lipogenèse de novo. Il augmente par ailleurs la dépense énergétique au repos. L'hypothèse de développement est donc double : accélérer la mobilisation du gras hépatique par un mécanisme indépendant de la perte de poids, et ajouter une composante de dépense énergétique à la réduction des apports.

Le promoteur décrit le pemvidutide comme un agoniste équilibré, de ratio 1:1 entre les deux récepteurs. Ce choix n'est pas anodin. Un excès d'activité glucagon fait peser un risque d'élévation de la glycémie par glycogénolyse hépatique et de hausse de la fréquence cardiaque ; un excès d'activité GLP-1 ramène la molécule au profil d'un agoniste GLP-1 classique et dilue l'effet hépatique direct recherché. Le ratio annoncé est un paramètre de conception issu de données pharmacologiques précliniques et non un résultat clinique mesurable chez le patient : il doit être lu comme tel.

Une conséquence pratique de cette architecture est que les effets hépatiques observés avec le pemvidutide ne sont pas intégralement explicables par la perte de poids. C'est un argument structurant du programme MASH, mais il reste à ce jour une hypothèse mécanistique soutenue par la cohérence des données, et non une démonstration formelle issue d'analyses de médiation publiées pour cette molécule.

Enfin, l'activation du récepteur du glucagon implique une surveillance métabolique spécifique dans les essais, notamment chez les personnes vivant avec un diabète de type 2, population exclue de l'essai d'obésité MOMENTUM mais incluse dans l'essai hépatique IMPACT.

Que montre l'essai MOMENTUM dans l'obésité ?

MOMENTUM est l'essai de phase 2 de référence du pemvidutide dans l'obésité. Son schéma : 391 participants en surpoids avec au moins une comorbidité ou en obésité, sans diabète, randomisés en quatre groupes (1,2 mg, 1,8 mg, 2,4 mg de pemvidutide, ou placebo) en injection hebdomadaire pendant 48 semaines, en association à des conseils de régime et d'activité physique.

Les résultats communiqués par le promoteur et présentés aux sessions scientifiques de l'American Diabetes Association en 2024 font état, à la semaine 48, de pertes de poids moyennes de 10,3 %, 11,2 % et 15,6 % pour les doses de 1,2 mg, 1,8 mg et 2,4 mg respectivement, contre 2,2 % sous placebo. À la dose de 2,4 mg, plus de 50 % des participants auraient atteint une perte de poids d'au moins 15 % et plus de 30 % une perte d'au moins 20 %, avec une trajectoire décrite comme encore quasi linéaire en fin de traitement, c'est-à-dire sans plateau atteint à 48 semaines.

Au-delà du poids, l'essai rapporte des améliorations lipidiques : chez les participants ayant des lipides sériques élevés à l'inclusion, des réductions allant jusqu'à 55,8 % des triglycérides, 20,0 % du cholestérol total et 21,8 % du LDL à la semaine 48. Des améliorations de la pression artérielle sont également décrites, sans déséquilibre signalé en matière d'événements cardiaques, d'arythmies, ni d'augmentation cliniquement significative de la fréquence cardiaque.

Ces chiffres appellent deux précautions de lecture. D'abord, leur niveau de preuve : ils proviennent de communiqués du promoteur et d'un résumé de congrès, et non d'une publication complète et relue par des pairs comportant l'ensemble des analyses prédéfinies, des intervalles de confiance et des données de sécurité détaillées. Ensuite, la tentation de la comparaison croisée. Les pertes de poids rapportées dans les essais STEP du sémaglutide (de l'ordre de 15 à 17 %) ou SURMOUNT du tirzépatide (de l'ordre de 20 à 22 %) ont été obtenues dans des populations, avec des durées, des schémas de titration et des analyses statistiques différents. Mettre ces pourcentages côte à côte produit une hiérarchie trompeuse : seules des comparaisons directes randomisées permettraient de conclure, et il n'en existe aucune pour le pemvidutide.

La préservation de la masse maigre est-elle réellement démontrée ?

C'est l'argument le plus relayé au sujet du pemvidutide, et celui qui mérite l'examen le plus attentif. La question de fond est légitime : toute perte de poids importante entraîne une perte conjointe de masse grasse et de masse maigre, et la proportion de masse maigre perdue est un enjeu clinique réel, en particulier chez les personnes âgées ou sarcopéniques.

Les données disponibles proviennent d'analyses de composition corporelle par absorptiométrie biphotonique (DXA) réalisées dans MOMENTUM. Les communications du promoteur ont rapporté deux chiffres successifs : une annonce initiale indiquant que 25,5 % de la perte de poids provenait de la masse maigre (et 74,5 % du tissu adipeux), puis une analyse complète révisant cette répartition à 21,9 % de masse maigre pour 78,1 % de masse grasse. Le promoteur compare ce ratio à celui historiquement observé avec un régime et de l'activité physique, et emploie le terme de préservation « de premier plan » dans sa classe.

Plusieurs réserves méthodologiques s'imposent. Il s'agit d'une analyse de composition corporelle réalisée sur un sous-ensemble de participants, non du critère principal de l'essai. Le DXA mesure une masse maigre globale qui inclut l'eau corporelle, et non la masse musculaire fonctionnelle : aucune donnée de force, de performance physique ou de qualité musculaire n'a été rapportée. Les variations observées entre l'annonce initiale et l'analyse complète illustrent par ailleurs la sensibilité de ce type de mesure au périmètre d'analyse retenu.

Surtout, la notion de supériorité en matière de préservation musculaire suppose une comparaison. Or il n'existe à ce jour aucun essai comparant directement le pemvidutide à un agoniste GLP-1 ou à un double agoniste GIP/GLP-1 sur ce paramètre. Les proportions de masse maigre perdue rapportées dans les essais d'autres molécules l'ont été avec des protocoles DXA, des populations et des durées distincts, ce qui rend la mise en parallèle peu informative.

Formulation honnête de l'état des connaissances : les données de composition corporelle du pemvidutide sont cohérentes avec l'hypothèse mécanistique selon laquelle l'activation du récepteur du glucagon oriente la perte de poids vers le tissu adipeux, mais elles ne constituent pas une démonstration d'avantage clinique. Cette question devra être tranchée par des essais comparatifs intégrant des critères fonctionnels.

Que montrent les essais hépatiques, dont IMPACT dans la MASH ?

Le programme hépatique du pemvidutide s'est construit en trois étapes. Un premier essai randomisé contre placebo chez des personnes atteintes de MASLD (indice de masse corporelle supérieur ou égal à 28 kg/m² et contenu graisseux hépatique supérieur ou égal à 10 % en IRM) a évalué trois doses pendant 12 semaines. Publié dans le Journal of Hepatology, il rapporte des réductions relatives du contenu graisseux hépatique de 46,6 %, 68,5 % et 57,1 % pour les doses de 1,2 mg, 1,8 mg et 2,4 mg, contre 4,4 % sous placebo (p inférieur à 0,001 pour tous les groupes actifs).

Une extension en double aveugle de 12 semaines supplémentaires, publiée dans JHEP Reports, a prolongé l'observation jusqu'à 24 semaines, avec des réductions relatives de graisse hépatique de 56,3 %, 75,2 % et 76,4 % contre 14,0 % sous placebo. Ces essais mesurent un biomarqueur d'imagerie, pas une amélioration histologique : ils établissent un signal pharmacodynamique, pas un bénéfice clinique.

L'essai pivot de phase 2b, IMPACT, a été conçu pour répondre à cette limite. Il a inclus 212 patients présentant une MASH confirmée par biopsie avec fibrose de stade F2 ou F3, avec ou sans diabète, randomisés selon un ratio 1:2:2 pour recevoir 1,2 mg, 1,8 mg de pemvidutide ou un placebo par voie sous-cutanée hebdomadaire. Les résultats à 24 semaines, publiés dans The Lancet, montrent une résolution de la MASH sans aggravation de la fibrose chez 59,1 % et 52,1 % des patients sous 1,2 mg et 1,8 mg, contre 19,1 % sous placebo (p inférieur à 0,0001 pour les deux doses), en analyse en intention de traiter.

Le second critère histologique est tout aussi important à rapporter : l'amélioration de la fibrose sans aggravation de la MASH a concerné 31,8 % et 34,5 % des patients traités, contre 25,9 % sous placebo, une différence qui n'a pas atteint la significativité statistique. Autrement dit, l'essai est positif sur l'inflammation et la stéatose, mais n'a pas démontré d'effet antifibrotique à 24 semaines. Le taux élevé de réponse placebo sur ce critère est d'ailleurs une difficulté récurrente des essais dans la MASH.

Les données à 48 semaines, communiquées par le promoteur puis présentées au congrès de l'EASL 2026, décrivent une poursuite des améliorations sur les marqueurs non invasifs de fibrose : réductions moyennes du score ELF de 0,49 et 0,58 contre une hausse de 0,16 sous placebo, et baisses de l'élastométrie hépatique de 3,04 et 3,97 kPa contre 0,03 kPa sous placebo. Le critère composite associant une baisse du score ELF d'au moins 0,5 et une réduction de l'élastométrie d'au moins 30 % a été atteint chez 27,8 % et 32,4 % des patients traités contre 3,2 % sous placebo. Les pertes de poids à 48 semaines dans cette population hépatique étaient de 4,5 % et 7,5 % contre 0,2 % sous placebo, soit des valeurs nettement inférieures à celles de MOMENTUM, ce qui est attendu avec des doses plus basses et une population différente.

Quels effets indésirables ont été rapportés ?

Le profil de tolérance du pemvidutide est dominé, comme pour l'ensemble de la classe, par des effets indésirables gastro-intestinaux. Dans MOMENTUM, les nausées et les vomissements constituaient la majorité des événements rapportés et ont été décrits comme majoritairement légers à modérés en intensité.

Le chiffre le plus informatif sur la tolérance réelle est celui des arrêts de traitement. Dans MOMENTUM, les taux d'arrêt pour effet indésirable ont été de 6,2 % sous placebo, puis de 5,1 %, 19,2 % et 19,6 % pour les doses de 1,2 mg, 1,8 mg et 2,4 mg. Ce gradient est net : la dose la plus efficace sur le poids est aussi celle qui fait sortir près d'un participant sur cinq de l'essai. Dans IMPACT, où les doses étudiées sont plus basses, environ 9 % des participants ont arrêté prématurément le traitement, et les événements gastro-intestinaux ont été la principale cause d'arrêt dans l'essai RECLAIM.

Deux surveillances spécifiques découlent de l'activation du récepteur du glucagon. La première concerne la glycémie, puisque le glucagon stimule la production hépatique de glucose : le ratio équilibré vise précisément à ce que l'effet insulinotrope du bras GLP-1 compense cette tendance. La seconde concerne la fréquence cardiaque et la pression artérielle. Le promoteur rapporte, dans MOMENTUM, l'absence de déséquilibre en matière d'événements cardiaques ou d'arythmies et l'absence d'augmentation cliniquement significative de la fréquence cardiaque, mais la taille et la durée d'un essai de phase 2 ne permettent pas de caractériser un risque cardiovasculaire.

S'y ajoutent les risques connus ou surveillés de la classe des agonistes du récepteur du GLP-1, que notre article dédié aux effets indésirables des GLP-1 détaille : troubles digestifs persistants, affections biliaires lors de pertes de poids rapides, et signaux pancréatiques faisant l'objet d'une pharmacovigilance continue. Aucune donnée de sécurité à long terme n'existe pour le pemvidutide, dont l'exposition cumulée reste limitée à quelques centaines de participants sur des durées de 24 à 48 semaines.

Avertissement. Les doses mentionnées dans cet article sont celles étudiées dans des essais cliniques encadrés, avec sélection des participants, titration progressive et surveillance médicale. Elles ne constituent ni une recommandation ni un protocole. Toute décision concernant un traitement du poids ou d'une maladie hépatique relève d'un professionnel de santé.

Où en est le développement réglementaire en 2026 ?

En octobre 2026, le pemvidutide n'est approuvé dans aucun pays et pour aucune indication. Il reste un médicament expérimental, accessible uniquement dans le cadre d'essais cliniques.

La FDA lui a accordé des désignations Fast Track pour la MASH et pour le trouble lié à l'usage d'alcool, puis une désignation Breakthrough Therapy (thérapie innovante) pour la MASH, sur la base des résultats histologiques à 24 semaines d'IMPACT. Ces désignations accélèrent les échanges avec l'agence et peuvent ouvrir la voie à des procédures d'examen abrégées ; elles ne préjugent en rien d'une approbation et ne constituent pas un jugement d'efficacité définitif.

Une réunion de fin de phase 2 avec la FDA s'est tenue le 11 décembre 2025 pour aligner le dessin d'un essai d'enregistrement chez les patients MASH avec fibrose modérée à avancée, avec des critères fondés sur la biopsie. L'essai de phase 3 PERFORMA a commencé à recruter en août 2026. Son architecture est classique dans cette indication : une analyse intermédiaire à 52 semaines sur critères histologiques, susceptible de soutenir une approbation accélérée, puis un suivi d'environ 60 mois sur les événements hépatiques pour une approbation définitive. La lecture des données à 52 semaines est attendue en 2029.

Un second programme a progressé en 2026. L'essai de phase 2 RECLAIM, mené chez une centaine de patients présentant un trouble lié à l'usage d'alcool modéré à sévère et randomisés entre 2,4 mg de pemvidutide et un placebo pendant 24 semaines, a atteint son critère principal : la réduction du nombre de jours de consommation excessive par semaine, avec une variation moyenne des moindres carrés de -4,20 contre -2,75 sous placebo (p = 0,0014). Un biomarqueur objectif de consommation d'alcool, le PEth sérique, allait dans le même sens (p inférieur à 0,0001). Il s'agit d'un résultat de phase 2 communiqué par le promoteur, qui devra être confirmé en phase 3.

Concernant l'obésité, aucun essai de phase 3 n'a été annoncé publiquement pour le pemvidutide. Le promoteur a priorisé les indications hépatique et addictologique, où le bénéfice attendu d'un double agonisme glucagon est le plus différenciant. Les données d'obésité continuent donc de servir de socle pharmacologique sans trajectoire d'enregistrement propre à ce jour.

Comment se compare-t-il au survodutide et au mazdutide ?

Le pemvidutide n'est pas seul dans la catégorie des doubles agonistes GLP-1/glucagon. Deux autres molécules sont nettement plus avancées, chacune avec un profil distinct.

Le survodutide (BI 456906, Boehringer Ingelheim et Zealand Pharma) a fait l'objet d'un essai de phase 2 publié dans le New England Journal of Medicine en 2024, incluant 293 adultes avec MASH confirmée par biopsie et fibrose F1 à F3, traités pendant 48 semaines. L'amélioration histologique de la MASH sans aggravation de la fibrose a été atteinte chez 47 % à 62 % des participants selon la dose, contre 14 % sous placebo. Une réduction d'au moins 30 % du contenu graisseux hépatique a été observée chez 57 % à 67 % des participants traités, contre 14 % sous placebo. Le survodutide est engagé en phase 3 dans la MASH comme dans l'obésité.

Le mazdutide (IBI362, Innovent Biologics et Eli Lilly) est à ce jour le seul double agoniste glucagon/GLP-1 approuvé : il a reçu en 2025 l'autorisation de l'autorité chinoise NMPA pour la gestion chronique du poids, puis pour le diabète de type 2. Dans l'essai de phase 3 GLORY-1, conduit chez 610 adultes chinois, les pertes de poids à 48 semaines étaient de 12,0 % et 14,8 % pour les doses de 4 mg et 6 mg, contre 0,5 % sous placebo.

MoléculePromoteurStade le plus avancéDonnée de référence
PemvidutideAltimmunePhase 3 en cours (MASH)Résolution de la MASH 59,1 % et 52,1 % contre 19,1 % à 24 semaines ; fibrose non significative
SurvodutideBoehringer Ingelheim / ZealandPhase 3 (MASH et obésité)Amélioration histologique de la MASH 47 % à 62 % contre 14 % à 48 semaines
MazdutideInnovent / Eli LillyApprouvé en Chine (poids, diabète de type 2)Perte de poids 12,0 % et 14,8 % contre 0,5 % à 48 semaines (GLORY-1)

Trois nuances sont indispensables pour interpréter ce tableau. Premièrement, les trois molécules n'ont pas le même équilibre d'activité entre les deux récepteurs, et aucune comparaison pharmacologique directe validée ne permet de les hiérarchiser sur ce point : le ratio 1:1 du pemvidutide est une caractéristique de conception, pas un avantage établi. Deuxièmement, les essais diffèrent par leurs durées, leurs populations (stades de fibrose, origine géographique, présence de diabète) et leurs critères, ce qui interdit toute comparaison numérique d'efficacité. Troisièmement, aucune comparaison directe randomisée n'existe entre ces trois produits, ni entre eux et les agonistes GLP-1 établis comme le sémaglutide ou le double agoniste GIP/GLP-1 tirzépatide.

Quelles questions restent sans réponse ?

La première question est celle de la fibrose. C'est le paramètre histologique le plus corrélé aux événements hépatiques à long terme, et l'essai IMPACT ne l'a pas amélioré de façon statistiquement significative à 24 semaines. Les améliorations des marqueurs non invasifs à 48 semaines sont encourageantes, mais un score ELF ou une élastométrie ne remplacent pas une biopsie. L'analyse intermédiaire histologique de l'essai de phase 3 PERFORMA, attendue en 2029, constituera le véritable test.

La deuxième question est celle de la durabilité. La trajectoire de perte de poids observée dans MOMENTUM était encore ascendante à 48 semaines, ce qui laisse ouvert le potentiel maximal de la molécule, mais aussi la question de ce qui se passe à l'arrêt. Aucune donnée de suivi après interruption n'est disponible pour le pemvidutide, alors que la reprise pondérale à l'arrêt est documentée pour l'ensemble de la classe.

La troisième question concerne la tolérance au long cours et le risque cardiovasculaire. Avec quelques centaines de participants exposés sur 24 à 48 semaines, le profil de sécurité du pemvidutide reste caractérisé de façon préliminaire. Les effets de l'activation chronique du récepteur du glucagon sur la fréquence cardiaque, la pression artérielle et le contrôle glycémique chez les patients diabétiques demandent des effectifs et des durées bien supérieurs.

La quatrième question est celle de la masse maigre, abordée plus haut : une démonstration convaincante exigerait un essai comparatif avec évaluation fonctionnelle, et non une sous-analyse DXA interprétée contre des références historiques.

Enfin, une question de niveau de preuve traverse tout ce dossier. Une part importante des chiffres qui circulent sur le pemvidutide, en particulier ceux de MOMENTUM et les résultats à 48 semaines d'IMPACT, provient de communiqués du promoteur et de présentations en congrès. Ces formats sont légitimes mais incomplets : ils précèdent la publication intégrale relue par des pairs, qui seule expose les analyses prédéfinies, les données manquantes et le détail des événements indésirables. Pour une molécule en développement, la hiérarchie des sources fait partie de l'information.

Avertissement médical. Ce guide est rédigé à des fins éducatives et informatives uniquement. Le pemvidutide est un médicament expérimental non approuvé par la FDA ni par l'EMA, dont l'accès légal se limite aux essais cliniques ; son statut réglementaire varie selon les juridictions. Cet article ne contient aucune recommandation de dose, de schéma d'administration ou de protocole, et ne constitue pas un avis médical. Les données précliniques et de phase 2 ne préjugent pas d'un bénéfice clinique. Consultez un professionnel de santé qualifié pour toute question relative à l'obésité, à une maladie hépatique ou à un traitement.

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Questions fréquentes

Le pemvidutide est-il approuvé ou disponible en pharmacie ?
Non. En octobre 2026, le pemvidutide n'est approuvé dans aucune indication, ni par la FDA ni par l'EMA. Il s'agit d'un médicament expérimental dont l'accès légal se limite à la participation à un essai clinique. Il n'existe aucune forme commercialisée, et les produits proposés en ligne comme peptides de recherche ne font l'objet d'aucun contrôle pharmaceutique de qualité ou de stérilité.
Quelle différence entre un double agoniste GLP-1/glucagon et un agoniste GLP-1 seul ?
Un agoniste GLP-1 agit principalement sur la satiété, la vidange gastrique et la sécrétion d'insuline, et réduit donc les apports alimentaires. Un double agoniste GLP-1/glucagon y ajoute une action directe sur le foie, où le glucagon stimule l'oxydation des acides gras et freine la lipogenèse, ainsi qu'une augmentation de la dépense énergétique. Ce second mécanisme explique l'intérêt de cette classe dans les maladies hépatiques métaboliques.
Que signifie exactement le ratio 1:1 annoncé pour le pemvidutide ?
Il décrit un équilibre recherché entre l'activité sur le récepteur du GLP-1 et celle sur le récepteur du glucagon, établi lors de la conception de la molécule à partir de données pharmacologiques. C'est une caractéristique de design, pas un résultat clinique mesuré chez le patient. Aucune donnée comparative ne permet aujourd'hui d'affirmer que ce ratio est supérieur à ceux du survodutide ou du mazdutide.
Le pemvidutide préserve-t-il vraiment la masse musculaire ?
Les analyses de composition corporelle par DXA de l'essai MOMENTUM, rapportées par le promoteur, attribuent 21,9 % de la perte de poids à la masse maigre et 78,1 % à la masse grasse. Ce résultat est cohérent avec l'hypothèse mécanistique, mais il provient d'une sous-analyse, sans mesure de force ni de fonction musculaire, et sans comparaison directe avec un autre agoniste. La préservation de la masse maigre reste donc une piste à confirmer, pas un avantage démontré.
Quels résultats l'essai IMPACT a-t-il obtenus dans la MASH ?
Chez 212 patients avec MASH confirmée par biopsie et fibrose F2 ou F3, la résolution de la MASH sans aggravation de la fibrose à 24 semaines a été atteinte chez 59,1 % et 52,1 % des patients traités par 1,2 mg et 1,8 mg, contre 19,1 % sous placebo. En revanche, l'amélioration de la fibrose sans aggravation de la MASH (31,8 % et 34,5 % contre 25,9 % sous placebo) n'a pas atteint la significativité statistique à ce terme.
Quels sont les effets indésirables les plus fréquents ?
Les nausées et les vomissements dominent, majoritairement d'intensité légère à modérée. Le point important est le taux d'arrêt de traitement pour effet indésirable, qui atteignait 19,2 % et 19,6 % aux doses de 1,8 mg et 2,4 mg dans MOMENTUM, contre 6,2 % sous placebo. Aucune donnée de sécurité à long terme n'existe pour cette molécule, et le risque cardiovasculaire n'a pas été caractérisé.
Le pemvidutide est-il plus efficace que le sémaglutide ou le tirzépatide pour la perte de poids ?
Impossible de le dire. Aucun essai n'a comparé directement le pemvidutide à ces molécules. Les pourcentages de perte de poids issus d'essais différents ne sont pas comparables entre eux, car les populations, les durées, les schémas de titration et les méthodes d'analyse diffèrent. Seule une comparaison randomisée en face à face permettrait de répondre à cette question.
Quand pourrait-on connaître le verdict définitif sur cette molécule ?
L'essai de phase 3 PERFORMA dans la MASH a débuté son recrutement en août 2026. Son analyse intermédiaire à 52 semaines, fondée sur des critères histologiques, est attendue en 2029, et le suivi des événements hépatiques s'étend sur environ 60 mois. Pour le trouble lié à l'usage d'alcool, les résultats positifs de la phase 2 RECLAIM devront être confirmés par un programme de phase 3.

Sources

  1. Investigateurs de l'essai IMPACT (2025). Safety and efficacy of weekly pemvidutide versus placebo for metabolic dysfunction-associated steatohepatitis (IMPACT): 24-week results from a multicentre, randomised, double-blind, phase 2b study. The Lancet.
  2. Harrison SA, et al. (2025). Effect of pemvidutide, a GLP-1/glucagon dual receptor agonist, on MASLD: A randomized, double-blind, placebo-controlled study. Journal of Hepatology.
  3. Browne SK, Suschak JJ, Tomah S, et al. (2025). Safety and efficacy of 24 weeks of pemvidutide in metabolic dysfunction-associated steatotic liver disease: A randomized, controlled clinical trial. JHEP Reports.
  4. Sanyal AJ, et al. (2024). A Phase 2 Randomized Trial of Survodutide in MASH and Fibrosis. New England Journal of Medicine.
  5. Altimmune (présentation orale 262-OR, 84e sessions scientifiques de l'American Diabetes Association) (2024). Pemvidutide, a GLP-1/Glucagon Dual Receptor Agonist, in Subjects with Overweight or Obesity: A 48-Week, Placebo-Controlled, Phase 2 (MOMENTUM) Trial. Diabetes.
  6. Rédaction de la revue Drugs (2025). Mazdutide: First Approval. Drugs.
  7. Ji L, et al. (2025). Once-Weekly Mazdutide in Chinese Adults with Obesity or Overweight (GLORY-1). New England Journal of Medicine.
  8. Altimmune, Inc. (2026). IMPACT TRIAL: Efficacy and Safety of Pemvidutide in Subjects With Nonalcoholic Steatohepatitis (NASH), NCT05989711. ClinicalTrials.gov.
  9. Altimmune, Inc. (2026). Phase 3 Study of the Efficacy, Safety, and Clinical Outcomes of Pemvidutide in MASH (PERFORMA), NCT07795164. ClinicalTrials.gov.

Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif uniquement. Il ne constitue pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé avant toute décision. Lire notre disclaimer médical complet

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