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Tesamorelin

Trans-3-hexénoyl-GRF(1-44) amide (tesamorelin, TH9507)

5135.89 g/mol Masse moléculaire
C₂₂₁H₃₆₆N₇₂O₆₇S Formule brute
Approuvé FDA (2010) Statut réglementaire
Tyr-Ala-Asp-Ala-Ile-Phe-Thr-Asn-Ser-Tyr-Arg-Lys-Val-Leu-Gly-Gln-Leu-Ser-Ala-Arg-Lys-Leu-Leu-Gln-Asp-Ile-Met-Ser-Arg-Gln-Gln-Gly-Glu-Ser-Asn-Gln-Glu-Arg-Gly-Ala-Arg-Ala-Arg-Leu-NH₂ (44 acides aminés, avec un groupement trans-3-hexénoyl fixé sur la tyrosine N-terminale)
Mis à jour le 19 septembre 2026
Tesamorelin Photo: Mehul Patel

Qu'est-ce que la tesamorelin ?

La tesamorelin, initialement développée sous le code TH9507 par la société canadienne Theratechnologies et commercialisée sous le nom de marque Egrifta, est un analogue synthétique du facteur de libération de l'hormone de croissance humaine, le GHRH (growth hormone-releasing hormone). Sur le plan chimique, il s'agit de la séquence complète du GHRH humain à 44 acides aminés, terminée par une fonction amide, sur laquelle a été greffé un groupement trans-3-hexénoyl au niveau de la tyrosine en position 1. Cette modification apparemment mineure est la raison d'être de la molécule : elle protège le peptide de la dégradation rapide par la dipeptidyl peptidase-4 (DPP-4), l'enzyme qui inactive le GHRH endogène en quelques minutes.

Le contexte de son développement mérite d'être rappelé, car il explique la nature très précise de son indication. Dans les années qui ont suivi la généralisation des trithérapies antirétrovirales, un nombre important de personnes vivant avec le VIH ont développé un syndrome de redistribution des graisses, la lipodystrophie associée au VIH. Ce syndrome se caractérise notamment par une accumulation de tissu adipeux viscéral (VAT, pour visceral adipose tissue), c'est-à-dire de graisse profonde située autour des organes abdominaux. Contrairement à la graisse sous-cutanée, le VAT est fortement associé à la résistance à l'insuline, à la dyslipidémie et au risque cardiovasculaire. Or cette population présente fréquemment une sécrétion de GH diminuée, ce qui a fourni la rationnelle physiologique d'une stimulation de l'axe somatotrope.

En novembre 2010, la FDA a approuvé la tesamorelin pour la réduction de l'excès de graisse abdominale chez les patients adultes infectés par le VIH présentant une lipodystrophie. C'est à ce jour la seule molécule de la famille des analogues du GHRH à avoir franchi l'ensemble du parcours réglementaire américain jusqu'à l'autorisation de mise sur le marché. La formulation a évolué depuis, avec des versions successives visant à simplifier la reconstitution et les conditions de conservation. En revanche, la tesamorelin n'a pas obtenu d'autorisation de mise sur le marché dans l'Union européenne et n'y est donc pas commercialisée comme médicament.

Cette distinction est essentielle pour lire correctement la littérature disponible. Approuvée ne signifie pas approuvée pour tout le monde ni pour tous les usages. L'ensemble du dossier d'efficacité de phase 3 repose sur une population très particulière : des adultes séropositifs présentant une accumulation documentée de graisse viscérale. Toute extrapolation à d'autres profils, notamment à des personnes en bonne santé cherchant une perte de graisse ou un effet anti-âge, sort du cadre des preuves validées et doit être présentée comme telle.

Cet article est fourni à titre informatif et éducatif. Il ne constitue pas un avis médical. Toute question relative à un traitement doit être adressée à un professionnel de santé qualifié.

Comment la tesamorelin agit-elle sur l'organisme ?

La tesamorelin se lie au récepteur du GHRH (GHRH-R), un récepteur couplé aux protéines G exprimé principalement par les cellules somatotropes de l'hypophyse antérieure. Cette liaison active la voie de l'adénylate cyclase, augmente l'AMP cyclique intracellulaire et déclenche la synthèse puis la libération d'hormone de croissance endogène. La molécule n'apporte donc pas de GH exogène : elle agit un cran en amont, en sollicitant la production hypophysaire du sujet lui-même.

Cette différence de niveau d'action a une conséquence physiologique importante. La sécrétion de GH obtenue reste pulsatile et demeure soumise aux mécanismes de régulation naturels, en particulier au rétrocontrôle exercé par la somatostatine et par l'IGF-1 circulant. Avec l'hormone de croissance recombinante, au contraire, on impose une concentration plasmatique qui ne respecte pas le rythme physiologique et qui court-circuite ces boucles de régulation. Cette préservation de la pulsatilité est souvent avancée pour expliquer le profil de tolérance observé dans les essais de tesamorelin, notamment en ce qui concerne le risque d'élévation excessive de l'IGF-1.

La GH ainsi libérée exerce ensuite deux types d'effets. Les effets indirects passent par la production hépatique d'IGF-1, principal médiateur anabolique de l'axe somatotrope, dont l'augmentation sert de marqueur pharmacodynamique dans tous les essais cliniques. Les effets directs concernent le tissu adipeux : la GH stimule la lipolyse en activant la lipase hormono-sensible et en réduisant l'activité de la lipoprotéine lipase. Le tissu adipeux viscéral exprime une densité de récepteurs de la GH supérieure à celle du tissu sous-cutané, ce qui offre une explication plausible à la sélectivité observée dans les essais, où la graisse viscérale diminue nettement alors que la graisse sous-cutanée reste globalement préservée.

Sur le plan pharmacocinétique, la tesamorelin administrée par voie sous-cutanée présente une demi-vie courte, de l'ordre de 26 à 38 minutes selon les populations étudiées, la valeur la plus élevée correspondant aux patients infectés par le VIH. Le pic de GH est donc transitoire et la molécule est éliminée rapidement. Cette brièveté impose une administration quotidienne pour maintenir un effet, ce qui est cohérent avec les schémas utilisés dans les essais enregistrés et avec la réversibilité de l'effet observée à l'arrêt.

Il faut enfin souligner ce que le mécanisme implique par construction : la tesamorelin ne fonctionne que si l'hypophyse est capable de répondre. Chez un sujet dont l'axe hypothalamo-hypophysaire est altéré par une chirurgie, une tumeur, une irradiation ou un traumatisme crânien, la stimulation du récepteur ne peut pas produire l'effet attendu, et ces situations figurent parmi les contre-indications de la notice.

Que montrent réellement les études cliniques ?

La tesamorelin fait figure d'exception dans l'univers des peptides : contrairement à la plupart des molécules discutées en ligne, elle dispose d'un véritable programme clinique randomisé, contrôlé contre placebo, mené sur plusieurs centaines de participants et publié dans des revues à comité de lecture de premier plan.

Graisse viscérale : les essais de phase 3

L'étude pivot, publiée par Falutz et collaborateurs dans le New England Journal of Medicine en 2007, a randomisé plus de 400 patients infectés par le VIH avec accumulation de graisse abdominale. Après 26 semaines d'administration sous-cutanée quotidienne, le tissu adipeux viscéral mesuré par tomodensitométrie au niveau de la vertèbre L4 avait diminué d'environ 15 % dans le groupe tesamorelin, alors qu'il augmentait légèrement sous placebo. Le tour de taille et le rapport taille-hanche se sont améliorés, les triglycérides et le rapport cholestérol total sur HDL ont diminué, et l'IGF-1 a augmenté comme attendu. Point important pour la lecture cosmétique de ces résultats : la graisse sous-cutanée n'a pas été significativement réduite, ce qui confirme une action ciblée sur le compartiment viscéral plutôt qu'une perte de poids globale.

L'étude d'extension publiée dans JAIDS en 2010 a suivi les participants jusqu'à 52 semaines et apporte l'information la plus utile en pratique : chez les patients maintenus sous tesamorelin, la réduction du VAT s'est maintenue, tandis que ceux qui ont été basculés vers le placebo ont regagné la graisse viscérale perdue. L'effet est donc suspensif et non curatif. Une analyse groupée des deux essais de phase 3, avec données d'extension de sécurité, a confirmé ce profil dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism la même année.

Graisse hépatique

L'accumulation de graisse dans le foie accompagne fréquemment l'excès de VAT. Stanley et collaborateurs, dans le JAMA en 2014, ont évalué par spectroscopie par résonance magnétique l'effet de la tesamorelin sur la fraction graisseuse hépatique chez des patients VIH avec accumulation de graisse abdominale. Le traitement a réduit la graisse hépatique de manière significative par rapport au placebo. Ce résultat a ouvert une ligne de recherche sur la stéatose hépatique non alcoolique dans cette population, avec des travaux ultérieurs incluant des évaluations histologiques. Ces données concernent toutefois toujours des patients vivant avec le VIH et ne peuvent pas être transposées telles quelles à la stéatose métabolique de la population générale.

Fonction cognitive

Une voie de recherche distincte a exploré l'axe GHRH et le cerveau. Baker et collaborateurs, dans Archives of Neurology en 2012, ont conduit un essai randomisé contrôlé de 20 semaines chez des adultes âgés en bonne santé et des adultes présentant un trouble cognitif léger (MCI). L'administration de GHRH a été associée à des effets favorables sur certaines mesures de la fonction exécutive et de la mémoire verbale. Il s'agit néanmoins d'un essai de taille modeste, avec des critères de jugement neuropsychologiques multiples, et une modification de l'homéostasie glucidique a été observée. Ces résultats sont exploratoires : ils justifient de poursuivre la recherche, pas de présenter la tesamorelin comme un agent nootrope.

La leçon d'ensemble est nuancée. Il existe des preuves de niveau élevé pour un usage précis, des preuves prometteuses mais préliminaires pour deux autres, et rien de solide en dehors de ce périmètre.

Tesamorelin, CJC-1295, Ipamorelin ou Sermorelin : quelles différences ?

Ces quatre molécules sont souvent regroupées sous l'étiquette commode de sécrétagogues de l'hormone de croissance, mais elles n'appartiennent pas toutes à la même classe pharmacologique et, surtout, elles ne reposent pas du tout sur le même niveau de preuve chez l'humain.

CritèreTesamorelinCJC-1295 (sans DAC)IpamorelinSermorelin
ClasseAnalogue du GHRH, 44 acides aminés, stabilisé contre la DPP-4Analogue du GHRH, fragment 1-29 tétrasubstituéAgoniste du récepteur de la ghréline (GHS-R1a), pentapeptideAnalogue du GHRH, fragment 1-29 non modifié
Statut réglementaireApprouvé par la FDA en 2010 pour la lipodystrophie associée au VIHNon approuvé, statut recherche uniquementNon approuvé, statut recherche uniquementApprouvé aux États-Unis en 1997, retiré du marché en 2008 pour raisons commerciales
Demi-vie approximative26 à 38 minutes par voie sous-cutanéeEnviron 30 minutes (les versions avec DAC atteignent plusieurs jours)Environ 2 heuresEnviron 10 à 12 minutes
Preuves humainesPlusieurs essais randomisés de phase 3, plusieurs centaines de patients, publications NEJM et JAMADonnées de phase 1 et 2 limitées, aucun essai d'efficacité de grande ampleurÉtudes de phase 1 chez volontaires sains, données d'efficacité clinique très limitéesUtilisé historiquement comme test diagnostique de l'axe somatotrope et dans le déficit en GH pédiatrique
Cible documentéeRéduction du tissu adipeux viscéral mesuré par scannerÉlévation de la GH et de l'IGF-1Élévation de la GH avec impact limité sur cortisol et prolactineÉvaluation et stimulation de la sécrétion de GH

La différence la plus structurante n'est pas pharmacologique mais probatoire. Le CJC-1295 et l'Ipamorelin sont fréquemment associés dans les protocoles discutés en ligne, avec une logique de complémentarité entre voie GHRH et voie ghréline. Cette logique est biologiquement cohérente, mais elle repose sur des extrapolations mécanistiques plutôt que sur des essais cliniques de phase 3. Le Sermorelin, quant à lui, est le plus ancien de la famille et le plus proche du GHRH natif, ce qui explique sa demi-vie très brève et son usage historique comme outil diagnostique.

La tesamorelin occupe donc une position particulière : c'est la seule à disposer de critères de jugement objectifs et pré-spécifiés, mesurés par imagerie, validés contre placebo dans une population définie. Cela ne la rend pas supérieure en toutes circonstances, mais cela rend son dossier scientifiquement vérifiable, ce qui n'est pas le cas des trois autres. Pour une vue d'ensemble des molécules étudiées dans le contexte de la composition corporelle, notre article sur les peptides étudiés pour la perte de graisse replace ces comparaisons dans un cadre plus large, y compris face aux agonistes du GLP-1 comme le sémaglutide, dont le mécanisme et les indications sont entièrement différents.

Que vaut la tesamorelin en dehors de son indication approuvée ?

C'est la question qui motive la majorité des recherches en ligne sur cette molécule, et c'est aussi celle où l'écart entre le discours commercial et les données publiées est le plus grand. Il est donc utile de séparer clairement ce qui est démontré de ce qui ne l'est pas.

Ce qui est démontré. Chez des adultes vivant avec le VIH et présentant une accumulation de graisse abdominale viscérale, la tesamorelin réduit le VAT mesuré par scanner d'environ 15 % sur 26 semaines, améliore certains paramètres lipidiques, réduit la fraction graisseuse hépatique, et cet effet disparaît à l'arrêt. Ces conclusions reposent sur des essais randomisés contrôlés de grande taille.

Ce qui est exploratoire. Un petit nombre d'essais randomisés ont évalué la tesamorelin ou le GHRH chez des personnes non infectées par le VIH : des adultes en surpoids ou obèses avec sécrétion de GH réduite, et des adultes âgés avec ou sans trouble cognitif léger. Ces travaux, de taille limitée, suggèrent une réduction du VAT et des effets cognitifs mesurables, mais ils n'ont pas la puissance statistique ni la durée nécessaires pour établir un rapport bénéfice-risque dans ces populations. Aucun essai de phase 3 n'a été mené pour une indication de perte de graisse chez le sujet non infecté par le VIH, et aucune agence réglementaire n'a approuvé un tel usage.

Ce qui n'est pas démontré. Les allégations les plus répandues sur les forums et les sites de vente ne reposent sur aucune donnée clinique probante. Il n'existe pas de preuve que la tesamorelin produise une prise de masse musculaire cliniquement significative chez le sujet sain, pas de preuve d'un effet anti-âge, pas de preuve d'amélioration de la performance sportive, et pas de preuve qu'elle constitue une alternative aux traitements de l'obésité. Le fait que la GH exerce des effets anaboliques ne permet pas de conclure qu'une stimulation transitoire quotidienne de la GH endogène se traduise par un gain musculaire mesurable : dans les essais de phase 3, la masse maigre a peu varié, l'effet principal portant sur le compartiment adipeux viscéral.

Un point pratique mérite d'être noté. Le tissu adipeux viscéral n'est pas visible à l'œil nu et ne se confond pas avec la graisse sous-cutanée qui détermine l'apparence abdominale. Une réduction du VAT peut donc avoir une valeur métabolique réelle sans produire le résultat esthétique que beaucoup recherchent. Cette confusion est probablement à l'origine d'une partie des attentes déçues rapportées en dehors du cadre médical.

Enfin, tout usage hors indication approuvée implique de perdre les garde-fous du dossier réglementaire : sélection des patients, surveillance biologique programmée, contrôle de la qualité du produit et déclaration des effets indésirables. Ces éléments ne sont pas des formalités administratives, ils font partie intégrante du rapport bénéfice-risque établi dans les essais.

Quels sont les effets indésirables et les contre-indications ?

Le profil de tolérance de la tesamorelin est bien caractérisé, ce qui constitue un avantage rare parmi les peptides. Les données proviennent des essais de phase 3 et de leur extension de sécurité, ainsi que de la notice approuvée par la FDA.

Effets indésirables les plus fréquemment rapportés :

  • Réactions au site d'injection : érythème, prurit, douleur, irritation, formation d'un nodule ou d'une ecchymose. Il s'agit de l'événement le plus courant et la principale cause d'arrêt dans les essais.
  • Arthralgies et myalgies, raideur articulaire, douleurs des extrémités. Ces manifestations sont classiques des thérapies agissant sur l'axe somatotrope.
  • Œdème périphérique, sensation de gonflement, prise de poids hydrique.
  • Paresthésies, hypoesthésies et, plus rarement, syndrome du canal carpien.
  • Troubles digestifs : nausées, vomissements, douleurs abdominales, dyspepsie.
  • Modifications de la tolérance glucidique : la GH est une hormone contre-régulatrice de l'insuline. Une élévation de la glycémie à jeun et de l'hémoglobine glyquée a été observée, avec un risque de démasquer ou d'aggraver une intolérance au glucose ou un diabète.
  • Réactions d'hypersensibilité, incluant de rares réactions systémiques, rash et urticaire.

Surveillance biologique. Deux paramètres ressortent systématiquement de la littérature et de la notice : l'IGF-1, dont l'élévation est attendue mais doit rester dans des limites acceptables, et le métabolisme glucidique. Une élévation persistante et importante de l'IGF-1 impose une réévaluation, en raison des incertitudes théoriques concernant la prolifération cellulaire.

Contre-indications identifiées dans la notice :

  • Néoplasie active, quelle qu'elle soit. La stimulation de l'axe GH/IGF-1 est considérée comme potentiellement défavorable en présence d'une tumeur évolutive, et toute pathologie maligne doit être traitée avant d'envisager ce type de molécule.
  • Atteinte de l'axe hypothalamo-hypophysaire : hypophysectomie, tumeur hypophysaire ou chirurgie hypophysaire, irradiation crânienne, traumatisme crânien. Dans ces situations, le mécanisme d'action ne peut pas s'exercer normalement.
  • Grossesse. Le bénéfice attendu d'une réduction de la graisse viscérale n'a aucune justification pendant la grossesse, et les données de sécurité fœtale sont absentes.
  • Hypersensibilité connue à la tesamorelin ou à l'un des excipients, notamment le mannitol.

Une prudence particulière s'impose également en cas de rétinopathie diabétique, d'antécédent néoplasique et chez les personnes déjà traitées pour un diabète de type 2. Ces éléments ne sont pas exhaustifs et ne se substituent pas à l'évaluation individuelle réalisée par un médecin, seul en mesure de juger de la pertinence et de la sécurité d'un traitement dans un contexte clinique donné.

Comment la tesamorelin est-elle reconstituée et conservée ?

La tesamorelin se présente sous forme de poudre lyophilisée en flacon, accompagnée d'un solvant de reconstitution. Le peptide lyophilisé est relativement stable, mais la solution reconstituée est fragile : les peptides en phase aqueuse se dégradent sous l'effet de la chaleur, de la lumière, de l'agitation mécanique et des cycles de congélation-décongélation.

Les principes généraux de manipulation applicables aux peptides lyophilisés sont les suivants. Le solvant doit être introduit lentement le long de la paroi du flacon et non projeté directement sur la poudre, afin d'éviter le cisaillement des chaînes peptidiques. Le flacon se fait tourner doucement entre les doigts jusqu'à dissolution complète et ne se secoue jamais. La solution obtenue doit être limpide, sans particule visible ni trouble. Le choix du solvant, le volume utilisé, la durée de stabilité après reconstitution et la température de conservation sont spécifiques à chaque formulation et figurent dans la notice du produit concerné. Nos cinq étapes de reconstitution des peptides détaillent la méthode générale, et le calculateur de reconstitution pour la tesamorelin permet de convertir un volume de solvant en concentration sans erreur de calcul.

Cet article ne recommande aucune posologie. Ce choix est délibéré. La quantité administrée, la fréquence et la durée relèvent exclusivement d'une prescription médicale individualisée, fondée sur l'indication, le poids, les comorbidités, les traitements concomitants et les résultats biologiques de surveillance. Le calculateur mentionné ci-dessus est un outil arithmétique de conversion : il ne propose ni ne valide aucun schéma d'administration.

Concernant la conservation, les formulations successives d'Egrifta ont différé sur ce point, certaines nécessitant une réfrigération continue des flacons non reconstitués et d'autres autorisant une conservation à température ambiante dans des limites définies. Il n'est donc pas possible d'énoncer une règle unique valable pour tous les produits, et la seule source fiable reste la notice accompagnant le flacon effectivement utilisé.

Un dernier point concerne la qualité des produits. Les flacons vendus en ligne sous mention de recherche ne font l'objet d'aucune libération de lot pharmaceutique. La pureté réelle, l'identité du peptide, la teneur en endotoxines et la stérilité ne sont pas garanties par la seule présence d'un certificat d'analyse fourni par le vendeur. Cette incertitude sur la matière première est une variable de sécurité à part entière, indépendante du profil pharmacologique de la molécule elle-même.

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Questions fréquentes sur la tesamorelin

La tesamorelin est-elle un stéroïde anabolisant ?
Non. Un stéroïde anabolisant est une molécule dérivée du noyau stérol, apparentée à la testostérone, qui agit sur le récepteur des androgènes. La tesamorelin est un peptide de 44 acides aminés qui se lie au récepteur du GHRH dans l'hypophyse et stimule la sécrétion d'hormone de croissance endogène. Les deux classes n'ont ni la même structure chimique, ni la même cible, ni les mêmes effets. Cela dit, l'absence de parenté chimique avec les stéroïdes n'implique aucune innocuité particulière : la tesamorelin a ses propres effets indésirables, notamment sur la tolérance glucidique, et figure sur la liste des substances interdites de l'Agence mondiale antidopage au même titre que les stéroïdes.
La tesamorelin convient-elle aux femmes ?
Les essais de phase 3 ont inclus des hommes et des femmes vivant avec le VIH, et les analyses de sous-groupes ont rapporté une réduction de la graisse viscérale dans les deux sexes, avec des effectifs féminins plus réduits. Il n'existe donc pas de restriction liée au sexe dans l'indication approuvée. En revanche, la grossesse constitue une contre-indication, et les données concernant l'allaitement sont absentes. La pertinence d'un traitement chez une femme donnée relève d'une évaluation médicale individuelle tenant compte de l'indication, de la contraception, des comorbidités métaboliques et des antécédents personnels et familiaux.
Pendant combien de temps la tesamorelin est-elle utilisée ?
Dans le programme clinique, l'efficacité a été évaluée sur 26 semaines, puis dans une extension allant jusqu'à 52 semaines. Comme l'effet sur la graisse viscérale s'estompe à l'arrêt, le maintien du bénéfice suppose une administration continue. En pratique clinique, la poursuite du traitement dépend de la réponse mesurée, de la tolérance, de l'évolution de l'IGF-1 et du profil glucidique, et cette décision est réévaluée périodiquement par le médecin prescripteur. Aucune durée d'utilisation ne peut être recommandée dans un article, et les données de sécurité au-delà d'un an restent plus limitées que celles de la première année.
Que se passe-t-il quand on arrête la tesamorelin ?
Les données de l'extension à 52 semaines publiée dans JAIDS en 2010 sont claires sur ce point : les participants qui sont passés du traitement actif au placebo ont vu leur tissu adipeux viscéral remonter vers les valeurs de départ. L'IGF-1 revient également à son niveau initial, puisque la stimulation de l'axe somatotrope cesse avec la molécule, dont la demi-vie ne dépasse pas quelques dizaines de minutes. La tesamorelin agit donc comme un traitement suspensif : elle contrôle un paramètre tant qu'elle est administrée, sans modifier durablement la physiologie sous-jacente. Il n'a pas été décrit de syndrome de sevrage.
Peut-on combiner la tesamorelin avec du CJC-1295 ou de l'Ipamorelin ?
Aucune étude clinique n'a évalué la sécurité ou l'efficacité de telles associations chez l'humain. Sur le plan pharmacologique, combiner la tesamorelin avec le CJC-1295 revient à stimuler deux fois le même récepteur, sans bénéfice additif démontré et avec un risque théorique d'élévation excessive de l'IGF-1. L'association avec l'Ipamorelin mobilise une voie différente, celle du récepteur de la ghréline, ce qui rend l'hypothèse d'une synergie plus plausible sur le papier, mais cette hypothèse n'a fait l'objet d'aucun essai contrôlé. En l'absence de données, ces combinaisons relèvent de l'expérimentation personnelle et non d'une pratique appuyée par des preuves. Vous trouverez le détail de chaque molécule dans nos guides consacrés au CJC-1295 et à l'Ipamorelin.
Quelle est la différence entre la tesamorelin et l'hormone de croissance ?
L'hormone de croissance recombinante apporte directement la GH dans la circulation, à une concentration et selon un rythme fixés par l'injection. La tesamorelin, elle, agit un niveau au-dessus : elle stimule l'hypophyse afin qu'elle libère sa propre GH. La sécrétion obtenue reste pulsatile et continue d'être régulée par la somatostatine et par le rétrocontrôle de l'IGF-1, ce qui limite en théorie les élévations excessives. Cette différence a des conséquences pratiques : la tesamorelin ne fonctionne pas si l'hypophyse est incapable de répondre, alors que la GH recombinante s'affranchit de cette condition. Les indications approuvées des deux classes sont également distinctes.
La tesamorelin aide-t-elle à construire du muscle ?
Ce n'est pas ce que montrent les données publiées. Dans les essais de phase 3, l'effet principal portait sur la réduction du tissu adipeux viscéral, avec des variations de masse maigre modestes et sans démonstration d'un gain de force ou de performance. L'hormone de croissance influence la composition corporelle, mais elle agit surtout sur la rétention azotée et l'eau corporelle plutôt que sur l'hypertrophie musculaire au sens où l'entendent les sportifs. Présenter la tesamorelin comme un agent de prise de masse revient à extrapoler bien au-delà de ce qui a été mesuré. Rappelons par ailleurs qu'elle est interdite en compétition.
La tesamorelin est-elle légale ?
Cela dépend entièrement du pays et du contexte. Aux États-Unis, c'est un médicament légal délivré sur ordonnance pour son indication approuvée dans la lipodystrophie associée au VIH. Dans l'Union européenne, elle ne dispose pas d'autorisation de mise sur le marché et n'est pas disponible comme médicament ; les flacons proposés en ligne relèvent du statut de produit destiné à la recherche, non autorisé pour l'usage humain. En compétition sportive, elle est interdite en permanence par l'Agence mondiale antidopage. Vérifiez la réglementation applicable dans votre juridiction avant toute démarche, et consultez un professionnel de santé pour toute question médicale.

Sources scientifiques

  1. Falutz J, Allas S, Blot K, et al. (2007). Metabolic effects of a growth hormone-releasing factor in patients with HIV. New England Journal of Medicine.
  2. Falutz J, Potvin D, Mamputu JC, et al. (2010). Effects of tesamorelin, a growth hormone-releasing factor, in HIV-infected patients with abdominal fat accumulation: a randomized placebo-controlled trial with a safety extension. Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes (JAIDS).
  3. Falutz J, Mamputu JC, Potvin D, et al. (2010). Effects of tesamorelin (TH9507), a growth hormone-releasing factor analog, in HIV-infected patients with excess abdominal fat: a pooled analysis of two multicenter, double-blind placebo-controlled phase 3 trials with safety extension data. Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism.
  4. Stanley TL, Feldpausch MN, Oh J, et al. (2014). Effect of tesamorelin on visceral fat and liver fat in HIV-infected patients with abdominal fat accumulation: a randomized clinical trial. JAMA.
  5. Baker LD, Barsness SM, Borson S, et al. (2012). Effects of growth hormone-releasing hormone on cognitive function in adults with mild cognitive impairment and healthy older adults: results of a controlled trial. Archives of Neurology.
  6. U.S. Food and Drug Administration (2010). EGRIFTA (tesamorelin for injection), highlights of prescribing information. FDA Drug Approval and Labeling Database.
  7. U.S. Food and Drug Administration (2010). EGRIFTA (tesamorelin for injection): Highlights of Prescribing Information. FDA Prescribing Information.

Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif uniquement. Il ne constitue pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé avant toute décision. Lire notre disclaimer médical complet

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