Qu'est-ce que l'ocytocine sur le plan biochimique ?
L'ocytocine est un nonapeptide, c'est-à-dire une chaîne de neuf acides aminés. Sa séquence est Cys-Tyr-Ile-Gln-Asn-Cys-Pro-Leu-Gly-NH₂, avec un pont disulfure reliant les deux cystéines en positions 1 et 6. Cette liaison soufrée ferme un anneau à six résidus prolongé par une courte queue de trois acides aminés, et cette géométrie conditionne entièrement la reconnaissance par son récepteur. Sa formule brute est C₄₃H₆₆N₁₂O₁₂S₂ et sa masse moléculaire avoisine 1 007 g/mol, ce qui en fait une molécule très petite à l'échelle des protéines mais déjà volumineuse et polaire à l'échelle des médicaments oraux.
L'ocytocine est synthétisée dans les noyaux paraventriculaire et supraoptique de l'hypothalamus, puis transportée le long des axones jusqu'à la neurohypophyse, où elle est stockée avant d'être libérée dans la circulation sanguine. En parallèle, des projections ocytocinergiques se distribuent vers des régions cérébrales impliquées dans le traitement social et émotionnel. Cette double voie, endocrine d'un côté et centrale de l'autre, explique pourquoi la molécule est étudiée à la fois comme hormone périphérique et comme neuromodulateur.
Un détail structural a des conséquences pharmacologiques importantes : l'ocytocine ne diffère de la vasopressine que par deux acides aminés. Les deux peptides descendent d'un ancêtre commun et leurs récepteurs appartiennent à la même famille de récepteurs couplés aux protéines G. Cette proximité entraîne une réactivité croisée : à concentration élevée, l'ocytocine peut activer des récepteurs vasopressinergiques, notamment les récepteurs V2 rénaux, avec un effet antidiurétique qui n'a rien d'anecdotique en clinique.
L'ocytocine occupe aussi une place historique particulière : elle a été la première hormone peptidique dont la structure a été élucidée puis reproduite par synthèse chimique, travaux qui ont valu à Vincent du Vigneaud le prix Nobel de chimie en 1955. Enfin, sa demi-vie plasmatique est très courte, de l'ordre de quelques minutes, ce qui complique toute tentative d'exposition prolongée et contraint fortement les stratégies d'administration. Pour une mise en perspective générale de cette classe de molécules, consultez notre présentation de ce qu'est un peptide.
Quels usages médicaux de l'ocytocine sont réellement approuvés ?
Il faut distinguer radicalement deux ocytocines. D'un côté, un médicament injectable, utilisé depuis des décennies, encadré, dont l'efficacité est documentée par des essais contrôlés et des revues systématiques. De l'autre, un spray nasal expérimental dont aucune indication n'est approuvée. Confondre les deux est l'erreur la plus fréquente dans la vulgarisation de ce peptide.
Les indications reconnues de l'ocytocine injectable sont obstétricales : déclenchement ou renforcement du travail lorsqu'il existe une indication médicale, prise en charge active du troisième stade du travail et prévention de l'hémorragie du post-partum. Une revue Cochrane coordonnée par Salati et collègues, publiée en 2019, a examiné l'ocytocine prophylactique au troisième stade du travail et conclut qu'elle peut réduire le risque de perte sanguine supérieure à 500 mL après l'accouchement et qu'elle réduit probablement le recours à des utérotoniques supplémentaires.
Ces usages se font exclusivement par voie intraveineuse ou intramusculaire, en milieu hospitalier, avec une surveillance maternelle et fœtale. La raison est simple : l'ocytocine est un médicament à marge thérapeutique étroite. Une stimulation utérine excessive peut compromettre la perfusion placentaire, et l'effet antidiurétique évoqué plus haut peut provoquer une rétention hydrique et une hyponatrémie lorsque de grands volumes de solutés sont perfusés. Ce ne sont pas des risques théoriques, ce sont des raisons précises pour lesquelles cette molécule se manipule sous surveillance.
Des formulations nasales d'ocytocine ont existé dans certains pays pour faciliter l'éjection du lait lors de l'allaitement, mais leur disponibilité a fortement diminué et elles ne sont plus commercialisées partout. Leur statut varie d'une juridiction à l'autre et doit être vérifié localement auprès des autorités de santé.
Point essentiel : aucune autorité réglementaire majeure n'a approuvé l'ocytocine pour une indication sociale, relationnelle, psychiatrique ou métabolique. Tout ce qui sera discuté dans les sections suivantes relève de la recherche clinique, pas de la pratique médicale établie. Ce guide est fourni à des fins éducatives et ne remplace en aucun cas l'avis d'un professionnel de santé.
L'ocytocine intranasale atteint-elle vraiment le cerveau ?
Toute la recherche comportementale sur l'ocytocine repose sur un postulat : qu'un spray nasal permette à une quantité pharmacologiquement pertinente de peptide d'atteindre des cibles cérébrales. Ce postulat est beaucoup moins solide qu'il n'y paraît, et il constitue le talon d'Achille du domaine.
L'hypothèse dominante est celle du passage direct du nez au cerveau, en contournant la barrière hémato-encéphalique par les voies olfactive et trigéminale. La revue de Quintana et collègues publiée dans Molecular Psychiatry en 2021 défend l'idée que l'ocytocine intranasale rejoint le cerveau par une voie directe et que ses effets sociocognitifs ne s'expliquent pas principalement par une action sur les récepteurs périphériques. Cette revue fait autorité, mais elle décrit un champ en débat plutôt qu'un fait acquis.
La critique la plus documentée vient de Leng et Ludwig, dans un article au titre délibérément provocateur, Intranasal Oxytocin: Myths and Delusions, publié dans Biological Psychiatry en 2016. Ces auteurs, physiologistes spécialistes du système ocytocinergique, soulignent que la fraction du peptide susceptible d'atteindre les structures cérébrales profondes est très faible et difficile à quantifier, et que les concentrations centrales atteintes pourraient rester en deçà de ce qui est nécessaire pour moduler significativement l'activité neuronale. Ils appellent explicitement à davantage de scepticisme et de rigueur, avec préenregistrement des essais et mise à disposition ouverte des données.
S'ajoutent des problèmes de reproductibilité technique. La dose réellement déposée sur la muqueuse dépend du dispositif, de l'angle de pulvérisation, du volume, de l'anatomie nasale, de la perméabilité du moment et même d'un rhume banal. Deux laboratoires appliquant « la même dose » n'exposent pas forcément leurs participants de la même façon. Par ailleurs, les dosages d'ocytocine plasmatique ont longtemps souffert de problèmes méthodologiques majeurs, au point que la fiabilité des mesures biologiques utilisées comme contrôle est elle-même contestée.
Conséquence pratique : lorsque l'on compare des études intranasales, on ne compare pas seulement des résultats, on compare des expositions mal caractérisées. Cette incertitude amont rend l'interprétation des effets comportementaux en aval beaucoup plus délicate qu'une simple lecture des valeurs de p ne le laisse croire.
Que disent les études sur l'ocytocine, le lien social et la confiance ?
L'étiquette d'« hormone de l'amour » vient largement d'une expérience devenue emblématique : en 2005, une étude publiée dans Nature intitulée Oxytocin increases trust in humans rapportait que des participants ayant reçu de l'ocytocine intranasale confiaient davantage d'argent à un partenaire dans un jeu économique de confiance. Le résultat était élégant, facilement racontable, et il a été cité des milliers de fois.
Vingt ans plus tard, le tableau est très différent. En 2020, Declerck et collègues, avec la participation d'auteurs de l'étude originale, ont publié dans Nature Human Behaviour une réplication préenregistrée de grande ampleur portant sur 677 jeunes hommes adultes, dimensionnée pour détecter l'effet initialement rapporté. Aucun effet global de l'ocytocine sur le comportement de confiance n'a été observé. Des analyses exploratoires conduites après coup suggéraient un possible effet chez les individus peu enclins à faire confiance, mais les auteurs eux-mêmes précisent que cette piste demande confirmation.
Ce constat rejoint celui de Nave, Camerer et McCullough, qui avaient passé la littérature en revue dans Perspectives on Psychological Science en 2015. Leur conclusion est sans ambiguïté : le résultat le plus prometteur associant ocytocine intranasale et confiance accrue se réplique mal, les données fondées sur l'ocytocine plasmatique sont fragilisées par des problèmes de mesure, et les études de grande taille sur les polymorphismes du récepteur n'ont pas retrouvé d'association cohérente avec la confiance. Les preuves cumulées ne soutiennent pas de façon robuste l'idée que la confiance humaine dépend de l'ocytocine.
Sur des mesures plus élémentaires, un signal faible subsiste. La méta-analyse de Shahrestani, Kemp et Guastella, publiée dans Neuropsychopharmacology en 2013, a regroupé sept études et 381 participants et rapporté une amélioration de la reconnaissance des émotions sur les visages après une administration unique, avec une taille d'effet de Hedges g = 0,29. Il s'agit d'un effet modeste, mesuré sur un petit nombre d'études, et donc particulièrement exposé aux biais de publication. La méta-analyse plus large de Leppanen et collègues (2017) sur l'interprétation et l'expression des émotions aboutit elle aussi à un bilan nuancé plutôt qu'à un effet franc.
Enfin, l'idée d'une molécule qui « augmente la sociabilité » est en soi trop simple. Plusieurs travaux suggèrent des effets dépendants du contexte, parfois favorables au groupe d'appartenance et neutres ou défavorables envers les personnes extérieures. Une molécule dont le signe de l'effet dépend du cadre expérimental ne se résume pas à un slogan.
Où en est la recherche sur l'ocytocine et l'autisme ?
L'autisme a été le terrain d'application clinique le plus investi, et c'est aussi celui où la déception a été la plus nette. L'hypothèse de départ était cohérente : si l'ocytocine module le traitement de l'information sociale, elle pourrait soutenir la motivation sociale chez des personnes autistes. Des essais de petite taille ont d'abord produit des résultats encourageants, largement relayés.
La méta-analyse d'Ooi et collègues, publiée dans Pharmacopsychiatry en 2017, a mis cette impression à l'épreuve. Elle a regroupé 12 essais randomisés contrôlés. Sept des onze études ayant évalué la cognition sociale rapportaient une amélioration, et une des quatre études portant sur les comportements répétitifs et restreints faisait de même. Mais une fois les données mises en commun, la méta-analyse ne retrouve pas d'effet significatif sur ces deux domaines. L'écart entre le récit des études individuelles et le résultat agrégé illustre exactement ce que produisent de petits échantillons et une littérature sélective.
L'essai décisif est venu en 2021. Sikich et collègues ont publié dans le New England Journal of Medicine un essai de 24 semaines contrôlé par placebo portant sur 290 enfants et adolescents de 3 à 17 ans présentant un trouble du spectre de l'autisme, randomisés en 1:1, avec une dose cible de 48 UI par jour d'ocytocine intranasale. Cent trente-neuf participants du groupe ocytocine et 138 du groupe contrôle ont terminé l'essai. Le résultat est clair : l'administration quotidienne d'ocytocine n'a pas amélioré les mesures d'interaction sociale par rapport au placebo, sans différence significative entre les groupes sur les mesures de fonctionnement social ou cognitif en fin d'essai.
Cet essai est important précisément parce qu'il a été bien conçu : taille d'échantillon suffisante, durée longue, critère de jugement principal défini à l'avance, financement public. Quand le domaine a enfin disposé d'une étude capable de trancher, elle a tranché dans le sens négatif. Des hypothèses de sous-groupes subsistent, par exemple l'idée que les personnes ayant les concentrations d'ocytocine endogène les plus basses pourraient répondre différemment, mais ces pistes restent exploratoires et n'autorisent aucune conclusion clinique.
En l'état des données, l'ocytocine intranasale n'est pas une option thérapeutique pour l'autisme. Toute décision concernant une personne autiste relève d'une équipe soignante spécialisée.
Et pour l'anxiété, l'appétit et le poids ?
Au-delà du social, trois autres pistes sont régulièrement citées : l'anxiété, notamment l'anxiété sociale, la régulation de l'appétit et le métabolisme. Elles méritent d'être examinées séparément, car leur niveau de preuve n'est pas identique.
Sur l'anxiété, les données humaines restent dominées par de petits essais, souvent à dose unique, avec des critères de jugement hétérogènes et des résultats inconstants. Les méta-analyses portant sur le traitement des émotions, comme celle de Leppanen et collègues (2017), décrivent des effets modestes et inégaux selon les tâches plutôt qu'un effet anxiolytique reproductible. Aucune autorité n'a approuvé l'ocytocine dans une indication anxieuse, et les limites méthodologiques décrites plus haut s'appliquent pleinement ici.
Sur le métabolisme, la base préclinique est réelle. La revue d'Elizabeth Lawson publiée dans Nature Reviews Endocrinology en 2017 rapporte que, chez les rongeurs et les primates non humains, une administration chronique d'ocytocine entraîne une réduction pondérale durable en diminuant la prise alimentaire, en augmentant la dépense énergétique et en induisant une lipolyse. Chez l'humain, une dose unique intranasale peut réduire l'apport calorique, augmenter l'oxydation des graisses et améliorer la sensibilité à l'insuline chez les hommes.
C'est précisément ce qui rendait l'essai de Plessow et collègues si instructif. Publié dans NEJM Evidence en 2024, cet essai randomisé en double aveugle contre placebo a inclus 61 adultes en situation d'obésité recevant de l'ocytocine intranasale à 24 UI quatre fois par jour, ou un placebo, pendant 8 semaines. Résultat : aucune réduction du poids corporel, avec une variation de 0,20 kg sous ocytocine contre 0,26 kg sous placebo (P = 0,934). L'apport calorique lors d'un repas test était en revanche réduit (−31,4 kcal contre +120,6 kcal). Aucun événement indésirable grave n'a été rapporté et l'incidence des effets indésirables ne différait pas entre les groupes.
La leçon dépasse l'ocytocine : un effet aigu mesuré en laboratoire, même statistiquement net, ne se traduit pas automatiquement en bénéfice clinique sur plusieurs semaines. C'est un rappel utile pour toute personne qui s'intéresse aux peptides étudiés dans des domaines voisins, qu'il s'agisse de la kisspeptine et de l'axe reproducteur ou des molécules discutées dans notre dossier sur les peptides étudiés chez la femme.
Pourquoi parle-t-on d'une crise de reproductibilité autour de l'ocytocine ?
L'ocytocine est souvent citée comme cas d'école de la crise de reproductibilité en psychologie et en neurosciences. Ce n'est pas un procès d'intention : plusieurs analyses méthodologiques publiées dans des revues de premier plan ont documenté précisément les mécanismes en cause.
Le texte de référence est celui de Walum, Waldman et Young, paru dans Biological Psychiatry en 2016. Leur constat central est devenu un point de repère du domaine : la puissance statistique moyenne des études d'administration intranasale chez l'humain se situerait autour de 16 %. Autrement dit, la grande majorité de ces études n'avait structurellement pas les moyens de détecter l'effet qu'elles prétendaient mesurer. Dans un champ sous-dimensionné, les résultats positifs qui émergent sont mécaniquement enrichis en faux positifs, et les tailles d'effet publiées sont surestimées. C'est le phénomène dit de la malédiction du vainqueur.
À cela s'ajoute le biais de publication. Les essais négatifs restent plus souvent dans les tiroirs, et des travaux ont explicitement documenté ce problème dans la littérature comportementale sur l'ocytocine. Lorsqu'un laboratoire publie ses résultats positifs mais conserve ses résultats nuls, la littérature cumulée ne décrit plus la réalité, elle décrit un filtre.
Un troisième facteur est la flexibilité analytique. Beaucoup d'études mesurent de nombreux critères comportementaux, puis explorent des interactions avec le sexe, l'anxiété de base, le style d'attachement ou les traits autistiques. Avec un échantillon modeste et de multiples comparaisons possibles, trouver au moins un résultat significatif devient presque inévitable. La revue de Mierop et collègues a d'ailleurs montré à quel point les effets d'interaction rapportés dans ce champ sont hétérogènes et difficiles à interpréter.
La réponse de la communauté est claire et déjà en cours : préenregistrement des hypothèses et des critères principaux, partage ouvert des données, échantillons plus grands, réplications directes. Leng et Ludwig le recommandaient explicitement dès 2016. L'essai de Sikich et collègues en 2021 et la réplication de Declerck et collègues en 2020 représentent exactement ce standard, et tous deux ont abouti à des résultats négatifs. Ce n'est pas un échec de la méthode, c'est la méthode qui fonctionne.
Pourquoi l'ocytocine intéresse-t-elle le biohacking, et quels sont les risques ?
L'attrait de l'ocytocine pour le milieu du biohacking tient à un récit, pas à des données. Une molécule surnommée « hormone de l'amour », associée dans la presse grand public au lien affectif, à la confiance, à la réduction du stress et à l'intimité, coche toutes les cases d'un produit désirable. Elle est par ailleurs techniquement simple à synthétiser et se prête à une présentation en spray nasal, format perçu comme anodin. Le même mécanisme d'attraction joue pour d'autres peptides étudiés dans des registres voisins, comme le PT-141 dans le domaine de la fonction sexuelle ou le Selank pour les effets anxiolytiques recherchés.
Le problème est que l'écart entre le récit et les données est, dans le cas de l'ocytocine, particulièrement large. Les sections précédentes l'ont montré : les effets sociaux ne se répliquent pas de façon robuste, l'essai autisme le mieux conçu est négatif, l'essai obésité de 8 semaines est négatif sur le poids. Acheter un spray sur la base d'un titre de presse revient à parier contre la littérature la plus rigoureuse du domaine.
Sur le plan de la sécurité, les données disponibles sont rassurantes à court terme mais très limitées. La revue systématique et méta-analyse de Cai, Feng et Yap, publiée dans Psychiatry and Clinical Neurosciences en 2018, a regroupé cinq essais randomisés et 223 participants (123 sous ocytocine, 100 sous placebo) traités au long cours dans le contexte de l'autisme. Aucun des événements indésirables courants n'était statistiquement associé au groupe de traitement. L'essai de Plessow et collègues n'a rapporté aucun événement indésirable grave sur 8 semaines. Ces résultats portent toutefois sur de petits effectifs, des durées courtes et des populations encadrées médicalement : ils ne documentent pas une exposition prolongée en autonomie.
Plusieurs risques méritent d'être nommés. L'activité croisée sur les récepteurs vasopressinergiques V2 confère un effet antidiurétique : en clinique obstétricale, l'association de doses élevées et d'apports hydriques importants peut conduire à une rétention d'eau et à une hyponatrémie, situation potentiellement grave. L'ocytocine stimule la contraction utérine, ce qui la rend inappropriée hors cadre médical chez une femme enceinte ou susceptible de l'être. Les conséquences endocriniennes d'une stimulation chronique du système ocytocinergique chez des personnes en bonne santé ne sont tout simplement pas documentées.
Enfin, le risque produit est réel. Les flacons vendus en ligne sous la mention « réservé à la recherche » ne sont pas des médicaments : identité, pureté, concentration réelle, stérilité et stabilité ne sont garanties par aucun contrôle équivalent à celui d'une chaîne pharmaceutique. Un spray nasal non stérile appliqué sur une muqueuse n'est pas un geste neutre. Ce guide n'indique volontairement aucun dosage ni protocole d'utilisation, et toute question personnelle doit être adressée à un professionnel de santé.
Quel est le statut réglementaire de l'ocytocine ?
Le statut de l'ocytocine est double, et c'est une source permanente de confusion dans les discussions en ligne.
L'ocytocine injectable est un médicament à part entière, soumis à prescription, approuvé pour ses indications obstétricales et disponible en milieu hospitalier dans la quasi-totalité des systèmes de santé. Elle figure parmi les médicaments considérés comme essentiels par l'Organisation mondiale de la santé pour la prise en charge de l'hémorragie du post-partum. Son usage est encadré par des protocoles précis, une surveillance et une traçabilité.
L'ocytocine intranasale destinée à des usages sociaux, psychiatriques ou métaboliques n'a, elle, aucune autorisation de mise sur le marché. Elle existe en tant que produit expérimental dans des essais cliniques autorisés, et en tant que préparation magistrale dans certains contextes encadrés. Tout ce qui circule en dehors de ces cadres relève d'un marché gris, sans contrôle réglementaire de qualité ni responsabilité pharmaceutique.
Le cadre juridique varie selon les pays. En France et dans l'Union européenne, l'ocytocine est un médicament soumis à prescription médicale, et l'acquisition ou l'importation de produits en contenant hors circuit pharmaceutique peut tomber sous le coup de la réglementation sur les médicaments. Aux États-Unis, la FDA a adressé des avertissements à des sociétés commercialisant des produits peptidiques non approuvés. Il appartient à chacun de vérifier la législation applicable dans sa juridiction.
Pour les sportifs soumis au contrôle antidopage, une règle simple s'impose : le statut de toute substance, y compris les hormones peptidiques, doit être vérifié sur la liste des interdictions en vigueur de l'année en cours et auprès de la fédération concernée, car ces listes sont révisées annuellement.
Ce guide est publié à des fins éducatives et informatives. Il ne constitue pas un avis médical, ne recommande aucune utilisation et ne propose aucun dosage. Si vous envisagez une démarche concernant l'ocytocine, qu'il s'agisse d'un contexte obstétrical, psychiatrique ou métabolique, consultez un professionnel de santé qualifié.
Produits recommandés
Peptides de recherche sélectionnés pour leur qualité et pureté :
GHK-Cu
Peptide anti-âge
Évaluez vos connaissances
Quiz rapide · 6 questions
Peptide Lab : calculateur & tracker gratuit
Calculez votre reconstitution, suivez vos peptides et vos injections. Gratuit, sans carte bancaire.
Questions fréquentes
L'ocytocine est-elle vraiment « l'hormone de l'amour » ?
Quelle est la différence entre l'ocytocine injectable et l'ocytocine intranasale ?
L'ocytocine intranasale aide-t-elle les personnes autistes ?
L'ocytocine fait-elle perdre du poids ?
Pourquoi autant d'études sur l'ocytocine se contredisent-elles ?
L'ocytocine en spray nasal présente-t-elle des risques ?
Peut-on acheter légalement de l'ocytocine ?
Que faudrait-il pour que la recherche sur l'ocytocine devienne concluante ?
Sources scientifiques
- Sikich L, Kolevzon A, King BH, et al. (2021). Intranasal Oxytocin in Children and Adolescents with Autism Spectrum Disorder. New England Journal of Medicine, 385(16):1462-1473.
- Walum H, Waldman ID, Young LJ (2016). Statistical and Methodological Considerations for the Interpretation of Intranasal Oxytocin Studies. Biological Psychiatry, 79(3):251-257.
- Leng G, Ludwig M (2016). Intranasal Oxytocin: Myths and Delusions. Biological Psychiatry, 79(3):243-250.
- Nave G, Camerer C, McCullough M (2015). Does Oxytocin Increase Trust in Humans? A Critical Review of Research. Perspectives on Psychological Science, 10(6):772-789.
- Declerck CH, Boone C, Pauwels L, Vogt B, Fehr E (2020). A registered replication study on oxytocin and trust. Nature Human Behaviour, 4:646-655.
- Ooi YP, Weng SJ, Kossowsky J, Gerger H, Sung M (2017). Oxytocin and Autism Spectrum Disorders: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Pharmacopsychiatry, 50(1):5-13.
- Shahrestani S, Kemp AH, Guastella AJ (2013). The impact of a single administration of intranasal oxytocin on the recognition of basic emotions in humans: a meta-analysis. Neuropsychopharmacology, 38(10):1929-1936.
- Plessow F, Kerem L, Wronski ML, et al. (2024). Intranasal Oxytocin for Obesity. NEJM Evidence, 3(6):EVIDoa2300349.
- Lawson EA (2017). The effects of oxytocin on eating behaviour and metabolism in humans. Nature Reviews Endocrinology, 13(12):700-709.
- Cai Q, Feng L, Yap KZ (2018). Systematic review and meta-analysis of reported adverse events of long-term intranasal oxytocin treatment for autism spectrum disorder. Psychiatry and Clinical Neurosciences, 72(3):140-151.
- Quintana DS, Lischke A, Grace S, Scheele D, Ma Y, Becker B (2021). Advances in the field of intranasal oxytocin research: lessons learned and future directions for clinical research. Molecular Psychiatry, 26(1):80-91.
- Salati JA, Leathersich SJ, Williams MJ, Cuthbert A, Tolosa JE (2019). Prophylactic oxytocin for the third stage of labour to prevent postpartum haemorrhage. Cochrane Database of Systematic Reviews, 4:CD001808.
- Kosfeld M, Heinrichs M, Zak PJ, Fischbacher U, Fehr E (2005). Oxytocin increases trust in humans. Nature, 435(7042):673-676.
- Leppanen J, Ng KW, Tchanturia K, Treasure J (2017). Meta-analysis of the effects of intranasal oxytocin on interpretation and expression of emotions. Neuroscience & Biobehavioral Reviews, 78:125-144.