Qu'est-ce que l'hexarelin et d'où vient-il ?
L'hexarelin, également désigné sous le nom d'examoréline, est un hexapeptide synthétique développé au début des années 1990. Il appartient à la famille des GHRP (growth hormone-releasing peptides, ou peptides libérateurs d'hormone de croissance), un groupe de molécules conçues par chimie médicinale pour déclencher la sécrétion d'hormone de croissance (GH) par l'hypophyse. Sa séquence, His-D-2-méthyl-Trp-Ala-Trp-D-Phe-Lys-NH₂, dérive directement de celle du GHRP-6, dont il reprend l'ossature en y ajoutant deux modifications chimiques : la méthylation du tryptophane en position 2 et l'amidation de l'extrémité C-terminale.
Ces deux modifications ne sont pas cosmétiques. L'incorporation d'acides aminés de configuration D et l'amidation terminale rendent la molécule nettement moins vulnérable aux peptidases plasmatiques que les peptides constitués uniquement d'acides aminés naturels. C'est une stratégie classique en chimie des peptides : améliorer la stabilité métabolique sans perdre l'affinité pour la cible. L'hexarelin a ainsi été étudié comme un outil pharmacologique plus robuste que ses prédécesseurs.
Un point d'histoire mérite d'être souligné, car il explique beaucoup de la littérature disponible. Les GHRP ont été synthétisés avant que l'on connaisse le ligand naturel du récepteur qu'ils activent. Pendant près d'une décennie, les chercheurs disposaient d'une famille de peptides actifs sans savoir quelle hormone endogène ils imitaient. La réponse est venue en 1999 avec l'identification de la ghréline, peptide acylé d'origine gastrique, caractérisé comme le ligand endogène du récepteur des secrétagogues de l'hormone de croissance (Kojima et al., Nature, 1999). Les GHRP, dont l'hexarelin, ont donc servi de sondes pharmacologiques ayant mené à la découverte d'un système hormonal entier.
Sur le plan clinique, l'hexarelin a été évalué dans les années 1990 principalement comme outil diagnostique d'exploration de la réserve hypophysaire en GH, puis comme objet de recherche cardiologique exploratoire. Aucun de ces programmes n'a abouti à une autorisation de mise sur le marché. L'hexarelin n'est aujourd'hui ni un médicament ni un complément : il relève du statut de peptide de recherche.
Ce guide traite exclusivement de la pharmacologie et des données scientifiques publiées. Les questions pratiques de préparation en laboratoire relèvent d'un outil dédié et ne sont pas abordées ici. Ce contenu est fourni à titre éducatif uniquement et ne constitue pas un avis médical.
Comment l'hexarelin agit-il sur la sécrétion d'hormone de croissance ?
Le mécanisme principal de l'hexarelin repose sur l'activation du GHS-R1a (growth hormone secretagogue receptor type 1a), un récepteur couplé aux protéines G exprimé fortement dans l'hypophyse antérieure et dans plusieurs noyaux hypothalamiques. L'activation de ce récepteur déclenche la voie de la phospholipase C, la production d'inositol triphosphate, la mobilisation du calcium intracellulaire et la dépolarisation des cellules somatotropes, ce qui conduit à l'exocytose des granules contenant l'hormone de croissance.
Ce mode d'action se distingue nettement de celui des analogues du GHRH. Les molécules du type sermoréline ou CJC-1295 se fixent sur le récepteur du GHRH et utilisent la voie de l'adénylate cyclase et de l'AMP cyclique. L'hexarelin, lui, emprunte une voie parallèle. C'est précisément cette dualité qui explique un phénomène bien documenté chez l'humain : l'administration conjointe d'un GHRP et de GHRH produit une libération de GH supérieure à la somme arithmétique des réponses obtenues séparément. Pour une mise en perspective des deux grandes classes de secrétagogues, notre comparatif sermoréline contre ipamorelin détaille cette distinction.
L'hexarelin n'agit pas uniquement sur l'hypophyse. Les récepteurs GHS-R1a hypothalamiques participent à la réponse, probablement par une diminution du tonus somatostatinergique, la somatostatine étant le frein physiologique de la sécrétion de GH. Cette composante centrale explique pourquoi la réponse observée dépend fortement de l'état hormonal du sujet : l'âge, le statut pubertaire, l'imprégnation en glucocorticoïdes et les variations du tonus somatostatinergique modifient tous l'amplitude du pic de GH. Des variations liées à l'âge de la réponse à l'hexarelin ont d'ailleurs été décrites dans la littérature endocrinologique.
Il faut enfin rappeler que l'hexarelin n'est pas un apport d'hormone de croissance. Il agit en amont, sur une glande dont la capacité sécrétoire reste le facteur limitant. Chez une personne dont l'hypophyse est détruite ou dont le récepteur du GHRH est déficient, la réponse à l'hexarelin est fortement réduite ou absente, ce qui a d'ailleurs été utilisé comme argument diagnostique dans plusieurs publications. Cette dépendance à l'intégrité de l'axe somatotrope est une caractéristique partagée par tous les GHRP.
Pourquoi le récepteur CD36 intervient-il dans les effets cardiaques étudiés ?
La particularité pharmacologique la plus étudiée de l'hexarelin est qu'il ne se limite pas au GHS-R1a. Les travaux de l'équipe de Huy Ong à l'Université de Montréal ont montré que les GHRP se lient également à CD36, un récepteur éboueur (scavenger receptor) de classe B exprimé notamment par les cardiomyocytes, les cellules endothéliales microvasculaires et les macrophages. CD36 est connu de longue date pour son rôle dans le transport des acides gras à longue chaîne et dans la captation des lipoprotéines oxydées.
L'expérience la plus démonstrative a été publiée dans Circulation Research en 2002. Dans un modèle de cœur perfusé, l'hexarelin augmente la pression de perfusion coronaire de façon dépendante de la concentration. Or, cet effet est absent dans les cœurs issus de souris dépourvues de CD36 (souris CD36-null). Cette perte d'effet chez l'animal génétiquement modifié constitue un argument causal solide : elle indique que la réponse vasculaire coronaire observée passe bien par CD36, et non par le récepteur classique des secrétagogues (Bodart et al., 2002).
Le site d'interaction a ensuite été cartographié. Une étude de pontage par photoaffinité publiée dans le Biochemical Journal en 2004 a localisé le domaine de liaison des GHRP sur la région de CD36 comprise entre les résidus Asn132 et Glu177 (Demers et al., 2004). Cette caractérisation moléculaire a ouvert la voie à des travaux sur des azapeptides conçus pour cibler sélectivement CD36 sans activer le GHS-R1a, une approche explorée en pharmacologie cardiovasculaire et métabolique expérimentale.
La conséquence conceptuelle est importante. Si une partie des effets cardiaques de l'hexarelin passe par CD36, alors ces effets ne sont pas nécessairement médiés par l'hormone de croissance. C'est exactement ce que suggèrent plusieurs observations humaines décrites plus loin, où des modifications de la fonction ventriculaire apparaissent trop rapidement pour être attribuées à l'IGF-1, dont la cinétique se compte en heures et en jours.
Il convient toutefois de rester mesuré. Ces résultats proviennent de modèles ex vivo, de rongeurs génétiquement modifiés et d'études de liaison moléculaire. Ils établissent un mécanisme plausible, pas un bénéfice clinique. Aucune de ces observations ne constitue une démonstration d'efficacité thérapeutique chez l'humain.
Que montrent les études humaines sur la sécrétion de GH ?
L'hexarelin fait partie des rares peptides de cette famille à avoir été administrés à des volontaires humains dans un cadre académique publié. L'étude de référence sur la relation dose-effet a été publiée par Massoud, Hindmarsh et Brook dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism en 1996. Chez des hommes adultes en bonne santé recevant l'hexarelin par voie intraveineuse, la courbe de réponse en hormone de croissance atteint un plateau, ce qui signifie qu'au-delà d'un certain niveau d'exposition, l'augmentation supplémentaire ne produit plus de réponse additionnelle. Cette saturation est une caractéristique classique des systèmes récepteur-dépendants.
La même étude a mesuré deux réponses hormonales concomitantes, souvent passées sous silence dans les présentations vulgarisées. La courbe de la prolactine atteignait un plateau autour de 180 % d'augmentation maximale par rapport à la valeur de base, et le cortisol montrait une augmentation d'environ 40 %. Autrement dit, la stimulation de la GH ne survient pas isolément.
Une comparaison directe entre l'hexarelin et le GHRP-2 a été publiée dans Peptides en 1997 par Arvat et ses collaborateurs. Les deux peptides ont été évalués chez l'humain sur la GH, la prolactine, l'ACTH et le cortisol, avec comme comparateurs le GHRH, la TRH et la CRH humaine. Les deux GHRP se sont montrés capables de stimuler non seulement la GH mais aussi la prolactine et l'axe corticotrope, ce qui les distingue du GHRH, dont l'action est beaucoup plus restreinte à l'axe somatotrope.
Sur le plan diagnostique, l'hexarelin a été proposé comme test de la réserve hypophysaire, seul ou en association séquentielle avec le GHRH. Cette association produit une réponse nettement supérieure à celle de chaque agent isolé, ce qui en faisait un test de stimulation puissant. Ces protocoles diagnostiques sont restés confinés à la recherche clinique et ont été supplantés par d'autres tests dans la pratique endocrinologique courante.
Les limites méthodologiques de cette littérature doivent être énoncées clairement. Les effectifs sont petits, souvent inférieurs à une vingtaine de sujets. Les administrations sont aiguës ou de courte durée. Le critère d'évaluation est presque toujours un marqueur biologique intermédiaire, la concentration de GH, et non un résultat clinique mesurable comme la masse maigre, la force, la qualité de vie ou un événement de santé. Un pic de GH ne constitue pas une preuve de bénéfice.
La réponse à l'hexarelin diminue-t-elle avec le temps ?
C'est l'une des questions les mieux documentées, et la réponse est affirmative. Rahim, O'Neill et Shalet ont publié en 1998 dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism une étude portant sur 12 sujets âgés en bonne santé recevant des injections sous-cutanées biquotidiennes d'hexarelin pendant 16 semaines. La réponse en GH, mesurée par l'aire sous la courbe après une injection test, est passée de 19,1 ± 2,4 à 10,5 ± 1,8 µg/L/h à la semaine 16. Les diminutions observées aux semaines 4 et 16 étaient significatives par rapport aux valeurs initiales.
Le second résultat de cette étude est tout aussi important : cette atténuation est partielle et réversible. Quatre semaines après la fin de la période de traitement, une nouvelle administration d'hexarelin a produit une réponse significativement augmentée, qui ne différait plus de manière significative de la valeur de départ. La capacité de réponse de l'axe somatotrope n'était donc pas épuisée, mais temporairement atténuée.
Le mécanisme sous-jacent a été exploré au niveau cellulaire. Orkin et ses collaborateurs ont montré en 2003, dans le Journal of Endocrinological Investigation, une désensibilisation rapide du récepteur GHS-R1a à l'hexarelin in vitro. Ce phénomène est cohérent avec le comportement habituel des récepteurs couplés aux protéines G : phosphorylation du récepteur, recrutement des bêta-arrestines, internalisation et réduction de la densité de récepteurs disponibles à la surface cellulaire.
Toutes les modalités d'administration ne produisent cependant pas le même résultat. Des administrations de courte durée par voie intranasale ou orale n'ont pas entraîné de désensibilisation mesurable de la réponse en GH chez des sujets âgés, ce qui suggère que la durée d'exposition et le schéma temporel comptent autant que la molécule elle-même. Ce contraste rejoint une observation plus ancienne faite avec les perfusions continues de GHRP, où l'atténuation de la réponse est également décrite.
La portée pratique de ce constat est directe : les auteurs de l'étude de 1998 concluaient eux-mêmes que cette atténuation, même partielle et réversible, pourrait sérieusement limiter l'usage thérapeutique à long terme de l'hexarelin et des agents apparentés. C'est l'un des arguments qui expliquent l'abandon progressif du développement clinique de cette classe au profit de molécules plus sélectives ou de voies d'administration différentes.
Quels effets l'hexarelin a-t-il sur la prolactine et le cortisol ?
L'absence de sélectivité est la caractéristique pharmacologique la plus débattue de l'hexarelin. Les récepteurs GHS-R1a ne sont pas confinés aux cellules somatotropes, et l'activation du système ghrélinergique influence l'axe corticotrope ainsi que la sécrétion de prolactine. Les données humaines le confirment de manière reproductible.
En aigu, l'étude de relation dose-effet de Massoud et collaborateurs a quantifié ces deux réponses chez des volontaires sains : plateau de prolactine autour de 180 % d'augmentation maximale par rapport à la base, et augmentation du cortisol d'environ 40 %. L'étude comparative d'Arvat et collaborateurs a confirmé que l'hexarelin, comme le GHRP-2, stimule l'ACTH et le cortisol chez l'humain, à la différence du GHRH.
En administration prolongée, le tableau est plus nuancé. Rahim, O'Neill et Shalet ont publié en 1999 dans Clinical Endocrinology une analyse spécifique de l'axe hypophyso-surrénalien et de la prolactine au cours d'un traitement de 16 semaines. L'aire sous la courbe du cortisol était de 1 506 ± 77 nmol/L/h à l'inclusion, de 1 222 ± 92 nmol/L/h à la semaine 16, puis de 1 586 ± 58 nmol/L/h à la semaine 20. Les auteurs concluaient que, dans ce schéma d'administration, une sur-stimulation chronique de l'axe corticotrope et de la sécrétion de prolactine ne survenait pas, la réponse corticotrope s'atténuant elle aussi plutôt que de s'amplifier.
Un troisième angle a été exploré par Frieboes et collaborateurs dans Psychoneuroendocrinology en 2004 : administré pendant le sommeil chez des volontaires sains, l'hexarelin diminue le sommeil lent profond tout en stimulant la sécrétion de GH, d'ACTH, de cortisol et de prolactine. Cette observation est notable parce qu'elle montre un effet sur une fonction physiologique indépendante de l'axe somatotrope, et parce que le sommeil lent est lui-même une période clé de sécrétion physiologique de GH.
Au total, il est factuellement inexact de présenter l'hexarelin comme un stimulant sélectif de la GH. Les élévations concomitantes de prolactine et de cortisol sont documentées, leur persistance en administration répétée semble limitée, et leurs conséquences cliniques à long terme n'ont jamais été évaluées dans des essais conçus pour cela. Toute personne envisageant une question hormonale doit consulter un professionnel de santé.
Que disent les travaux sur le cœur, chez l'animal et chez l'humain ?
Les travaux cardiaques constituent la part la plus originale de la littérature sur l'hexarelin. Bisi et collaborateurs ont publié en 1999, dans le Journal of Endocrinological Investigation, une évaluation de la performance cardiaque par angiocardiographie isotopique chez 7 volontaires masculins. L'hormone de croissance recombinante et l'hexarelin élevaient tous deux les concentrations circulantes de GH de façon comparable, mais seul l'hexarelin augmentait le cortisol. L'hexarelin augmentait la fraction d'éjection ventriculaire gauche sans modification significative de la pression artérielle moyenne ni de la fréquence cardiaque.
La même équipe a étendu l'observation à des patients déficitaires en hormone de croissance, dans un article publié la même année dans l'European Journal of Pharmacology. Sept hommes atteints de déficit en GH ont été comparés à neuf témoins masculins. La fraction d'éjection ventriculaire gauche de base était plus basse chez les patients (50 ± 1 % contre 63 ± 2 % chez les témoins). Après administration d'hexarelin, elle augmentait dans les deux groupes (pics respectifs de 57 ± 2 % et 70 ± 2 %), sans modification des catécholamines, de la pression artérielle moyenne ni du débit cardiaque. Les auteurs concluaient à un effet inotrope positif de courte durée, probablement indépendant de la GH et médié par des récepteurs myocardiques spécifiques des secrétagogues.
Une troisième étude, publiée dans l'European Journal of Heart Failure en 2002 par Imazio et collaborateurs, a exploré des patients présentant une dysfonction ventriculaire gauche sévère d'origine dilatée ou ischémique, et a également rapporté des activités cardiotropes indépendantes de l'hormone de croissance.
Côté préclinique, le corpus est plus large. Outre la démonstration du rôle de CD36 dans le cœur perfusé, des travaux chez le rat ont décrit des effets protecteurs de l'hexarelin sur le cœur isolé soumis à un milieu dépourvu de calcium, ainsi que des effets antifibrotiques et une protection contre les lésions d'ischémie-reperfusion dans des modèles de rongeurs. Ces résultats sont cohérents entre eux et appuient l'hypothèse d'une action cardiaque directe.
La prudence s'impose néanmoins. Les études humaines portent sur un très petit nombre de sujets, mesurent des effets aigus et transitoires, et utilisent des critères d'imagerie fonctionnelle plutôt que des événements cliniques. Aucun essai de morbidité ou de mortalité n'a été conduit. Il n'existe aucune indication cardiologique approuvée pour l'hexarelin, dans aucune juridiction, et ces données ne doivent en aucun cas être interprétées comme une option de prise en charge d'une maladie cardiaque.
En quoi l'hexarelin diffère-t-il du GHRP-2, du GHRP-6 et de l'ipamorelin ?
Ces quatre peptides activent le même récepteur, le GHS-R1a, mais leurs profils pharmacologiques diffèrent suffisamment pour que la confusion entre eux soit source d'erreurs d'interprétation. La variable la plus discriminante n'est pas la puissance brute sur la GH, mais la sélectivité, c'est-à-dire la capacité à stimuler la GH sans entraîner d'autres axes hormonaux.
| Peptide | Structure | Sélectivité documentée | Particularité |
|---|---|---|---|
| GHRP-6 | Hexapeptide, premier de la série | Faible : stimule aussi prolactine et cortisol | Stimulation marquée de l'appétit décrite dans la littérature |
| GHRP-2 | Hexapeptide (pralmoréline) | Faible : élévations d'ACTH et de cortisol décrites chez l'humain | A été développé comme agent de test diagnostique |
| Hexarelin | Hexapeptide dérivé du GHRP-6 | Faible : prolactine et cortisol élevés en aigu | Affinité documentée pour CD36, effets cardiaques étudiés |
| Ipamorelin | Pentapeptide (Aib-His-D-2-Nal-D-Phe-Lys-NH₂) | Élevée : pas d'élévation d'ACTH ni de cortisol au-delà du GHRH | Décrit comme le premier secrétagogue sélectif |
Le contraste avec l'ipamorelin est le plus instructif. Dans l'article princeps publié par Raun et collaborateurs dans l'European Journal of Endocrinology en 1998, l'ipamorelin ne libérait pas d'ACTH ni de cortisol à des niveaux significativement différents de ceux observés après stimulation par le GHRH, et cette absence d'effet restait vraie à des expositions plus de 200 fois supérieures à celle produisant la moitié de l'effet maximal sur la GH. C'est cette sélectivité qui a valu à l'ipamorelin sa désignation de premier secrétagogue sélectif, et qui explique pourquoi il a largement remplacé les GHRP de première génération dans la littérature plus récente.
L'hexarelin conserve en revanche deux caractéristiques qui lui sont propres : sa stabilité métabolique accrue par rapport au GHRP-6, et son interaction avec CD36, qui n'a pas d'équivalent documenté chez l'ipamorelin. C'est ce qui explique que presque toute la recherche cardiologique sur les GHRP se soit concentrée sur l'hexarelin plutôt que sur ses cousins plus sélectifs.
Enfin, il faut distinguer cette famille entière des analogues du GHRH. Notre article comparatif sermoréline contre ipamorelin détaille pourquoi deux molécules qui augmentent toutes deux la GH peuvent avoir des profils récepteurs, des cinétiques et des limites complètement différents.
Quel est le statut réglementaire et sportif de l'hexarelin ?
L'hexarelin n'est approuvé comme médicament par aucune agence réglementaire majeure. Il ne dispose d'autorisation de mise sur le marché ni auprès de la FDA aux États-Unis, ni auprès de l'EMA en Europe, ni auprès de l'ANSM en France. Son développement clinique s'est arrêté au stade exploratoire dans les années 1990 et 2000, sans jamais atteindre les essais de phase III nécessaires à une demande d'enregistrement.
En pratique, les produits portant ce nom circulent sous l'étiquette réservé à la recherche (research use only). Cette mention a une conséquence directe sur la qualité : ces produits ne sont pas fabriqués selon les bonnes pratiques de fabrication pharmaceutiques, ne font l'objet d'aucune libération de lot par une autorité, et ne sont soumis à aucune pharmacovigilance. La pureté réelle, la teneur, la présence d'impuretés de synthèse ou d'endotoxines ne sont vérifiées par aucun contrôle indépendant obligatoire.
Du côté sportif, la situation est sans ambiguïté. La Liste des interdictions 2026 de l'Agence mondiale antidopage, entrée en vigueur le 1er janvier 2026, classe les secrétagogues de l'hormone de croissance et les GHRP dans la section S2, consacrée aux hormones peptidiques, facteurs de croissance, substances apparentées et mimétiques. L'examoréline (hexarelin) y est nommément citée parmi les peptides libérateurs d'hormone de croissance, aux côtés de l'alexamoréline, du GHRP-1, du GHRP-2 (pralmoréline), du GHRP-3, du GHRP-4, du GHRP-5 et du GHRP-6. Ces substances sont interdites en permanence, en compétition comme hors compétition.
Le statut juridique pour un particulier varie selon les pays et ne se résume pas à l'absence d'autorisation de mise sur le marché. Selon les juridictions, la possession, l'importation, la vente ou la publicité peuvent relever de réglementations distinctes sur les médicaments, les substances vénéneuses ou les produits à usage de laboratoire. Il appartient à chacun de vérifier la législation applicable localement.
Ce guide ne propose aucun protocole, aucune quantité et aucune modalité d'utilisation. Toute question relative à l'axe somatotrope, à un déficit hormonal suspecté ou à un traitement hormonal doit être adressée à un médecin ou à un endocrinologue. Ces informations sont fournies à des fins éducatives uniquement.
Quels effets indésirables ont été rapportés dans la littérature ?
La première chose à dire sur la sécurité de l'hexarelin est que les données sont limitées par construction. Les études humaines publiées comptent typiquement moins d'une vingtaine de participants, durent de quelques heures à quelques mois, et n'ont pas été conçues pour détecter des événements rares. Aucun système de pharmacovigilance ne collecte de signalements, puisqu'il n'existe aucun produit autorisé. L'absence d'effet indésirable rapporté dans une petite série ne signifie donc pas absence de risque.
Les effets les mieux documentés sont hormonaux plutôt que symptomatiques. Les élévations transitoires de prolactine, d'ACTH et de cortisol après administration aiguë sont retrouvées de façon constante dans les études humaines. Des épisodes répétés d'hyperprolactinémie et d'hypercortisolémie transitoires ont explicitement été identifiés par les auteurs de l'époque comme une préoccupation justifiant des études complémentaires, en particulier dans la perspective d'une administration prolongée. L'altération de l'architecture du sommeil, avec réduction du sommeil lent profond, a par ailleurs été démontrée chez des volontaires sains.
Sur le plan symptomatique, la littérature sur les GHRP mentionne des manifestations généralement transitoires : bouffées vasomotrices et rougeurs, transpiration, sensation de faim, somnolence, nausées, sensation d'oppression thoracique passagère et réactions au point d'injection. Ces descriptions proviennent d'observations cliniques dispersées plutôt que d'un recueil systématisé d'effets indésirables, et leur fréquence réelle n'est pas établie.
Plusieurs préoccupations restent théoriques mais plausibles sur le plan pharmacologique. Toute stimulation durable de l'axe GH et IGF-1 soulève des questions de tolérance glucidique et de sensibilité à l'insuline, de rétention hydrosodée, d'arthralgies et de syndrome du canal carpien, effets bien connus avec l'hormone de croissance recombinante. L'interaction avec CD36, récepteur impliqué dans le transport des acides gras et le métabolisme des lipoprotéines oxydées, ajoute une dimension métabolique dont les conséquences à long terme n'ont jamais été caractérisées chez l'humain.
Il faut enfin compter le risque lié au produit lui-même et non à la molécule : composition incertaine, sous-dosage ou surdosage de principe actif, impuretés peptidiques, contamination microbienne ou endotoxinique des préparations non pharmaceutiques. Ce risque est indissociable du statut non réglementé de ces produits. Ce guide est destiné à l'information scientifique et ne remplace en aucun cas l'avis d'un professionnel de santé qualifié.
Produits recommandés
Peptides de recherche sélectionnés pour leur qualité et pureté :
GHK-Cu
Peptide anti-âge
Évaluez vos connaissances
Quiz rapide · 6 questions
Peptide Lab : calculateur & tracker gratuit
Calculez votre reconstitution, suivez vos peptides et vos injections. Gratuit, sans carte bancaire.
Questions fréquentes sur l'hexarelin
L'hexarelin est-il un médicament approuvé ?
Quelle est la différence entre l'hexarelin et l'hormone de croissance ?
Pourquoi parle-t-on de CD36 à propos de l'hexarelin ?
La réponse en hormone de croissance s'épuise-t-elle à l'usage répété ?
L'hexarelin augmente-t-il le cortisol et la prolactine ?
Hexarelin ou ipamorelin : quelle est la différence principale ?
L'hexarelin est-il interdit dans le sport ?
Les effets cardiaques observés chez l'humain sont-ils cliniquement utiles ?
Sources scientifiques
- Massoud AF, Hindmarsh PC, Brook CG (1996). Hexarelin-induced growth hormone, cortisol, and prolactin release: a dose-response study. The Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, 81(12):4338-4341.
- Arvat E, Di Vito L, Maccagno B, et al. (1997). Effects of GHRP-2 and hexarelin, two synthetic GH-releasing peptides, on GH, prolactin, ACTH and cortisol levels in man. Comparison with the effects of GHRH, TRH and hCRH. Peptides, 18(6):885-891.
- Rahim A, O'Neill PA, Shalet SM (1998). Growth hormone status during long-term hexarelin therapy. The Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, 83(5):1644-1649.
- Rahim A, O'Neill PA, Shalet SM (1999). The effect of chronic hexarelin administration on the pituitary-adrenal axis and prolactin. Clinical Endocrinology, 50(1):77-84.
- Orkin RD, New DI, Norman D, Chew SL, Clark AJL, Grossman AB, Korbonits M (2003). Rapid desensitisation of the GH secretagogue (ghrelin) receptor to hexarelin in vitro. Journal of Endocrinological Investigation, 26(8):743-747.
- Bisi G, Podio V, Valetto MR, et al. (1999). Acute cardiovascular and hormonal effects of GH and hexarelin, a synthetic GH-releasing peptide, in humans. Journal of Endocrinological Investigation, 22(4):266-272.
- Bisi G, Podio V, Valetto MR, et al. (1999). Cardiac effects of hexarelin in hypopituitary adults. European Journal of Pharmacology, 381(1):31-38.
- Imazio M, Bobbio M, Broglio F, et al. (2002). GH-independent cardiotropic activities of hexarelin in patients with severe left ventricular dysfunction due to dilated and ischemic cardiomyopathy. European Journal of Heart Failure.
- Bodart V, Febbraio M, Demers A, et al. (2002). CD36 mediates the cardiovascular action of growth hormone-releasing peptides in the heart. Circulation Research, 90(8):844-849.
- Demers A, McNicoll N, Febbraio M, Servant M, Marleau S, Silverstein R, Ong H (2004). Identification of the growth hormone-releasing peptide binding site in CD36: a photoaffinity cross-linking study. Biochemical Journal, 382(2):417-424.
- Frieboes RM, Antonijevic IA, Held K, et al. (2004). Hexarelin decreases slow-wave sleep and stimulates the secretion of GH, ACTH, cortisol and prolactin during sleep in healthy volunteers. Psychoneuroendocrinology, 29(7):851-860.
- Raun K, Hansen BS, Johansen NL, Thøgersen H, Madsen K, Ankersen M, Andersen PH (1998). Ipamorelin, the first selective growth hormone secretagogue. European Journal of Endocrinology, 139(5):552-561.
- Kojima M, Hosoda H, Date Y, Nakazato M, Matsuo H, Kangawa K (1999). Ghrelin is a growth-hormone-releasing acylated peptide from stomach. Nature, 402(6762):656-660.
- Agence mondiale antidopage (AMA/WADA) (2026). Standard international, Liste des interdictions 2026, section S2 (hormones peptidiques, facteurs de croissance, substances apparentées et mimétiques). World Anti-Doping Code.