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hGH
176-191

HGH Fragment 176-191

Fragment C-terminal 176-191 de l'hormone de croissance humaine (hGH 176-191)

1 799,10 g/mol Masse moléculaire
C₇₈H₁₂₃N₂₃O₂₂S₂ Formule brute
Peptide de recherche : non approuvé pour un usage humain, interdit en compétition sportive Statut
H-Phe-Leu-Arg-Ile-Val-Gln-Cys-Arg-Ser-Val-Glu-Gly-Ser-Cys-Gly-Phe-OH (16 acides aminés, pont disulfure entre les deux cystéines, soit Cys182 et Cys189 dans la numérotation de la hGH)
HGH Fragment 176-191 Photo: SHVETS production

Qu'est-ce que le HGH Fragment 176-191 ?

Le HGH Fragment 176-191 est un peptide de synthèse de 16 acides aminés qui reproduit l'extrémité carboxy-terminale (dite C-terminale) de l'hormone de croissance humaine, abrégée hGH. L'hormone de croissance naturelle compte 191 acides aminés. Le fragment 176-191 n'en reprend donc que les 16 derniers, de la phénylalanine en position 176 à la phénylalanine terminale en position 191, avec un pont disulfure reliant les deux cystéines de la séquence.

L'intérêt porté à cette région précise vient d'une observation ancienne de la pharmacologie endocrinienne : l'hormone de croissance entière possède plusieurs activités biologiques distinctes, portées par des domaines structuraux différents. La croissance tissulaire et l'élévation de l'IGF-1 dépendent de la liaison de l'hormone à son récepteur, tandis que les effets sur le métabolisme des lipides ont été rattachés au domaine C-terminal. Des travaux conduits dès les années 1970 et 1980 sur des fragments synthétiques de la région 172-191 avaient d'ailleurs exploré à la fois leur activité hyperglycémiante et leur action antagoniste de l'insuline, avant que l'attention se déplace vers leur effet sur le tissu adipeux.

L'hypothèse de travail était séduisante : si l'on isole le domaine lipolytique de l'hormone, on pourrait théoriquement obtenir une mobilisation des graisses sans les effets indésirables métaboliques de l'hormone entière, c'est-à-dire sans élévation de l'IGF-1, sans insulinorésistance et sans croissance tissulaire non désirée. C'est cette hypothèse qui a structuré trente ans de recherche sur ce fragment.

Il faut cependant poser un cadre d'emblée, car le sujet est entouré de confusions commerciales importantes. Premièrement, le peptide vendu sous l'étiquette « HGH Fragment 176-191 » correspond très souvent, en réalité, à une molécule voisine mais distincte, l'AOD-9604. Deuxièmement, les données animales et les données humaines racontent deux histoires différentes, et seule la première est encourageante. Troisièmement, ni le fragment ni son analogue ne sont approuvés comme médicaments, où que ce soit.

Ce guide détaille ces trois points : la chimie exacte du fragment et sa différence avec l'AOD-9604, le mécanisme proposé, les résultats précliniques, ce que les essais cliniques ont réellement montré, le statut réglementaire en 2026 et les effets indésirables documentés. Cet article est à visée éducative uniquement et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

Quelle est la différence exacte avec l'AOD-9604 ?

C'est la question la plus mal traitée sur ce sujet, et pourtant la plus importante pour interpréter la littérature. Les deux molécules ne sont pas identiques, et l'essentiel des données humaines ne concerne que l'une des deux.

Dans la numérotation de l'hormone de croissance mature, le résidu 176 est une phénylalanine et le résidu 177 une leucine. Le fragment natif 176-191 commence donc par une phénylalanine. L'AOD-9604, lui, est décrit dans la littérature comme Tyr-hGH177-191 : il reprend les résidus 177 à 191 et y ajoute une tyrosine en position N-terminale. Autrement dit, l'AOD-9604 occupe la même longueur de chaîne (16 acides aminés) mais remplace la phénylalanine 176 par une tyrosine. La différence chimique tient donc à un seul atome d'oxygène, celui du groupe hydroxyle de la tyrosine.

Cette modification minime se traduit par des masses moléculaires différentes, et c'est un moyen simple de distinguer les deux produits sur un certificat d'analyse :

CaractéristiquehGH Fragment 176-191 (natif)AOD-9604
SéquencePhe-Leu-Arg-Ile-Val-Gln-Cys-Arg-Ser-Val-Glu-Gly-Ser-Cys-Gly-PheTyr-Leu-Arg-Ile-Val-Gln-Cys-Arg-Ser-Val-Glu-Gly-Ser-Cys-Gly-Phe
Premier résiduPhénylalanine (résidu 176 de la hGH)Tyrosine ajoutée, suivie du résidu 177
Masse moléculaireenviron 1 799 g/molenviron 1 815 g/mol
Formule bruteC₇₈H₁₂₃N₂₃O₂₂S₂C₇₈H₁₂₃N₂₃O₂₃S₂
Données humaines publiéesAucun essai clinique indexéSix essais randomisés contre placebo

En pratique, une grande partie des produits étiquetés « HGH Fragment 176-191 » affichent une séquence commençant par une tyrosine et une masse d'environ 1 815 à 1 817 g/mol : ce sont des lots d'AOD-9604 vendus sous l'autre nom. Cette ambiguïté a une conséquence directe sur la lecture des preuves. La quasi-totalité des allégations circulant sur le fragment 176-191 reposent en effet sur une extrapolation des données obtenues avec l'AOD-9604, molécule que nous détaillons dans notre guide dédié à l'AOD-9604.

Pourquoi avoir ajouté cette tyrosine ? Historiquement, l'introduction d'un résidu tyrosine en position N-terminale d'un peptide de recherche facilite son radiomarquage à l'iode, donc son suivi pharmacocinétique, tout en stabilisant la molécule. L'AOD-9604 a ainsi été le candidat développé pour les essais cliniques, pendant que le fragment natif restait un outil de laboratoire.

D'où vient ce fragment et qui l'a développé ?

L'histoire du fragment commence en Australie, au département de biochimie de l'université Monash, à Clayton (Victoria). C'est là que l'équipe de Frank M. Ng, prolongeant des travaux menés avec Joseph Bornstein sur les actions diabétogènes et métaboliques des fragments C-terminaux de la hGH, a formulé l'hypothèse que la région 177-191 constituait le domaine fonctionnel de l'hormone pour ses effets sur les lipides.

Une étape marquante est publiée en 1994 : Natera, Jiang et Ng traitent de façon chronique des souris C57BL/6J ob/ob, un modèle génétique d'obésité, avec le peptide synthétique hGH 177-191. Les animaux traités présentent une réduction de la prise de poids cumulée et une diminution de la masse du tissu adipeux, avec une inhibition significative de la lipogenèse dans le tissu adipeux. Les auteurs concluent que la séquence 177-191 est bien le domaine fonctionnel responsable des actions antilipogéniques de l'hormone entière, in vivo comme in vitro.

La recherche se poursuit ensuite sur des analogues optimisés. L'AOD9401 est étudié chez le rat Zucker obèse, puis l'AOD9604 devient le candidat de développement clinique. Ces travaux sont portés par Metabolic Pharmaceuticals, société australienne issue de cet environnement académique, qui conduira entre 2001 et 2006 un programme de six essais cliniques chez l'adulte, majoritairement en situation d'obésité clinique.

Le programme se heurte toutefois à l'étape décisive. Les essais de phase II dans l'obésité ne parviennent pas à démontrer un bénéfice pondéral convaincant par rapport au placebo, et le développement du produit comme médicament anti-obésité est arrêté. La molécule connaît alors une seconde vie, orientée vers des usages non médicamenteux : un dossier de sécurité est constitué pour un emploi comme ingrédient nutraceutique, publié en 2014 par Moré et Kenley, avec des données de toxicologie chronique par voie orale chez le rat et le singe cynomolgus et une batterie de tests de génotoxicité négatifs.

Ce parcours explique une situation singulière : un peptide abondamment discuté dans l'univers des peptides de recherche, doté d'un dossier préclinique sérieux et d'un dossier de sécurité humaine inhabituellement fourni, mais sans démonstration d'efficacité et sans autorisation de mise sur le marché.

Comment agirait-il sur les cellules graisseuses ?

Le mécanisme proposé repose sur une dissociation entre deux voies de signalisation de l'hormone de croissance. L'hormone entière se lie à son récepteur, déclenche la production hépatique d'IGF-1 et stimule la croissance tissulaire. Le fragment C-terminal, lui, ne reproduit pas cette liaison : selon les travaux de Heffernan et collaborateurs, l'AOD-9604 n'entre pas en compétition avec l'hormone de croissance pour son récepteur et n'induit pas de prolifération cellulaire, contrairement à la hGH.

Au niveau de l'adipocyte, les études sur l'AOD9401 conduites chez le rat Zucker ont montré deux actions enzymatiques convergentes : une stimulation de la lipase hormonosensible, enzyme clé de l'hydrolyse des triglycérides stockés, et une inhibition de l'acétyl-CoA carboxylase, enzyme limitante de la synthèse des acides gras. Le fragment agirait donc à la fois en favorisant la dégradation des graisses et en freinant leur fabrication, un profil comparable à celui de l'hormone entière sur ces deux enzymes.

Un troisième élément a été identifié dans l'étude publiée en 2001 dans Endocrinology : chez la souris obèse, la réduction du poids et de la masse grasse après 14 jours d'injections d'hGH ou d'AOD-9604 était corrélée à une augmentation de l'expression de l'ARN du récepteur bêta-3 adrénergique, principal récepteur lipolytique de l'adipocyte. L'importance de ce récepteur a été vérifiée chez des souris génétiquement privées de bêta-3 adrénorécepteurs : chez ces animaux, le traitement chronique par hGH ou AOD-9604 ne produisait plus les variations de poids ni l'augmentation de lipolyse observées chez les témoins sauvages. En revanche, dans une expérience aiguë, l'AOD-9604 augmentait encore la dépense énergétique et l'oxydation des graisses chez ces mêmes souris déficientes, ce qui suggère des effets aigus au moins partiellement indépendants de cette voie.

Ce modèle mécanistique est cohérent, mais il comporte une limite majeure de transposition. Le rôle du récepteur bêta-3 adrénergique dans la lipolyse est nettement plus marqué chez les rongeurs que chez l'humain, où les récepteurs bêta-1 et bêta-2 dominent. Une chaîne de causalité robuste chez la souris peut donc perdre une grande partie de sa pertinence chez l'être humain, ce qui constitue une explication plausible de l'écart entre résultats animaux et résultats cliniques. Pour une mise en perspective des mécanismes mobilisés par les différents peptides étudiés dans ce domaine, voir notre article sur la manière dont les peptides interviennent dans la perte de poids.

Que montrent les études animales ?

Le dossier préclinique est la partie la plus solide du corpus. Il repose sur plusieurs modèles complémentaires d'obésité chez le rongeur et converge vers un même résultat : une réduction de la prise de poids et de l'adiposité, sans la détérioration métabolique associée à l'hormone de croissance entière.

Chez la souris ob/ob, le fragment hGH 177-191 a réduit la prise de poids cumulée et la masse adipeuse, avec une inhibition de la lipogenèse tissulaire (Natera et collaborateurs, 1994). Chez le rat Zucker obèse, un traitement chronique de 20 jours par l'AOD9401 a réduit la prise de poids et diminué la taille des adipocytes, et, contrairement à l'hormone entière, n'a provoqué ni insulinorésistance ni intolérance au glucose (Ng et collaborateurs, 2000).

L'étude de Ng et collaborateurs publiée dans Hormone Research en 2000 apporte un résultat souvent cité : chez le rat Zucker, une administration orale quotidienne d'AOD-9604 à 500 µg/kg de poids corporel pendant 19 jours a réduit de plus de 50 % la prise de poids des animaux par rapport aux témoins, avec une augmentation de l'activité lipolytique du tissu adipeux et, à la technique du clamp euglycémique, aucun effet délétère sur la sensibilité à l'insuline. Ces chiffres décrivent un protocole expérimental animal et ne constituent en aucun cas une indication posologique.

Deux publications de 2001 complètent le tableau. Dans International Journal of Obesity, hGH et AOD-9604 ont tous deux réduit significativement la prise de poids de souris obèses, en association avec une augmentation de l'oxydation lipidique in vivo et une élévation du glycérol plasmatique, marqueur de lipolyse. Point important, l'AOD-9604 n'a pas induit l'hyperglycémie provoquée par l'hormone entière. Dans Endocrinology, l'étude sur souris déficientes en récepteur bêta-3 adrénergique a précisé le rôle de cette voie dans les effets chroniques.

Ces résultats justifient pleinement un passage en clinique. Ils n'en garantissent pas l'issue, et il faut souligner deux réserves. D'une part, les modèles utilisés (souris ob/ob, rat Zucker) sont des obésités monogéniques qui ne reproduisent pas l'obésité humaine commune. D'autre part, la réduction porte le plus souvent sur la prise de poids des animaux en croissance, pas sur une perte de poids à partir d'un état stable, ce qui n'est pas le même critère que celui des essais cliniques.

Que disent les essais humains ?

Il faut d'abord rappeler le point établi plus haut : les essais cliniques ont été menés avec l'AOD-9604, pas avec le fragment natif 176-191. Aucun essai clinique du fragment non modifié n'apparaît dans la littérature indexée. Toute affirmation sur les effets du HGH Fragment 176-191 chez l'humain repose donc sur une extrapolation.

La synthèse la plus complète des données humaines est celle de Stier, Vos et Kenley, publiée en 2013 dans le Journal of Endocrinology and Metabolism. Elle couvre six essais randomisés, en double aveugle, contrôlés par placebo, conduits entre 2001 et 2006, totalisant 893 participants adultes, en situation d'obésité clinique dans tous les essais sauf un. Les protocoles ont exploré des administrations intraveineuses de 25 à 400 µg/kg ainsi que des doses orales de 9, 27 et 54 mg, y compris en administrations répétées sur sept jours. Ces éléments sont rapportés à titre documentaire et ne constituent pas une recommandation.

Les résultats sur le plan métabolique et de sécurité sont cohérents et constituent l'apport le plus intéressant de ce programme. L'AOD-9604 n'a eu aucun effet sur l'IGF-1 sérique, ce qui confirme que son mode d'action ne passe pas par cette voie. Les épreuves d'hyperglycémie provoquée par voie orale n'ont pas montré d'effet négatif sur le métabolisme glucidique, contrairement à ce qui est attendu avec l'hormone de croissance entière. Des dosages d'anticorps anti-AOD9604 ont été réalisés pour écarter une immunogénicité. Aucun arrêt de traitement ni événement indésirable grave lié à la prise du peptide n'a été rapporté, et la tolérance a été jugée indiscernable de celle du placebo.

Le point faible est l'efficacité. Dans son document de travail préparé pour la réunion du comité consultatif sur la préparation magistrale (Pharmacy Compounding Advisory Committee) du 4 décembre 2024, la FDA a résumé les données disponibles en indiquant que l'AOD-9604 n'avait pas montré de résultat de perte de poids cliniquement significatif dans la population des essais. L'agence a également relevé l'absence de preuve d'efficacité parmi les éléments défavorables à l'inscription de la substance sur la liste des matières premières utilisables en préparation magistrale aux États-Unis.

Autrement dit, le programme clinique a plutôt bien démontré ce que le peptide ne fait pas (il n'élève pas l'IGF-1, il ne dégrade pas la tolérance glucidique, il est bien toléré à court terme) sans parvenir à démontrer ce qu'il était censé faire. C'est une trajectoire fréquente en développement pharmaceutique, et c'est la raison pour laquelle la prudence s'impose face aux allégations de perte de graisse localisée que l'on rencontre encore à propos de ce fragment.

Quel est son statut réglementaire en 2026 ?

Le HGH Fragment 176-191 n'est approuvé comme médicament par aucune agence réglementaire majeure. Ni la FDA aux États-Unis, ni l'Agence européenne des médicaments n'ont autorisé le fragment ou l'AOD-9604 pour une indication humaine, quelle qu'elle soit. Les flacons disponibles sur le marché sont vendus avec la mention « destiné à la recherche uniquement », qui exclut explicitement l'administration humaine.

Aux États-Unis, la question a été tranchée récemment sur un terrain précis, celui de la préparation magistrale. Après l'examen des dossiers de l'AOD-9604 base libre et de l'AOD-9604 acétate, la FDA a proposé de ne pas inscrire ces substances sur la liste des matières premières autorisées en préparation au titre de la section 503A. Les motifs avancés incluent la caractérisation physico-chimique, l'absence de preuve d'efficacité, le risque d'immunogénicité pour certaines voies d'administration et les difficultés liées aux impuretés peptidiques.

En matière sportive, la situation est claire et stable. L'Agence mondiale antidopage inscrit les fragments de l'hormone de croissance, en nommant explicitement l'AOD-9604 et la hGH 176-191, dans la catégorie S2 (hormones peptidiques, facteurs de croissance et substances apparentées) de sa liste des interdictions. Cette catégorie est interdite en permanence, en compétition comme hors compétition.

Un épisode a durablement marqué ce dossier. En 2013, l'AOD-9604 s'est retrouvé au centre d'une affaire de supplémentation dans le football australien, impliquant notamment le club d'Essendon et l'agence antidopage australienne. La molécule n'était alors pas nommée dans la catégorie S2, et l'AMA a précisé publiquement qu'elle relevait de la catégorie S0, celle des substances non approuvées pour un usage humain, donc interdites par défaut. L'épisode illustre un principe essentiel : l'absence d'une substance dans une liste nominative ne signifie jamais qu'elle est autorisée.

Enfin, le statut juridique de la détention et de la vente varie fortement selon les pays, entre régime du médicament, régime des substances à usage de recherche et interdictions spécifiques. Toute personne concernée doit vérifier la réglementation applicable dans sa juridiction, et un sportif soumis à un contrôle antidopage doit considérer ce peptide comme interdit sans exception d'usage thérapeutique accessible.

Quels effets indésirables ont été rapportés ?

Le profil de tolérance documenté est, à court terme, plutôt rassurant, mais il demande à être lu avec ses limites. Dans les six essais randomisés analysés par Stier et collaborateurs, aucun événement indésirable grave attribuable au peptide ni aucun arrêt de traitement lié à sa prise n'a été observé, et la tolérance était indiscernable de celle du placebo. En particulier, les effets classiquement associés à l'hormone de croissance entière (élévation de l'IGF-1, résistance à l'insuline, altération de la tolérance au glucose) n'ont pas été retrouvés.

Les données de toxicologie animale publiées en 2014 vont dans le même sens pour la voie orale : administration chronique globalement bien tolérée chez le rat et le singe cynomolgus, et absence d'activité génotoxique dans un test d'Ames, un test d'aberrations chromosomiques et un test des micronoyaux médullaires.

Ce tableau comporte toutefois plusieurs zones d'ombre que la FDA a explicitement soulignées en 2024. L'agence a relevé un risque d'immunogénicité pour certaines voies d'administration, c'est-à-dire la possibilité que l'organisme développe une réponse immunitaire contre le peptide, ainsi que des complexités liées aux impuretés peptidiques et à la caractérisation de la substance active. Elle a également noté qu'elle ne disposait que d'informations de sécurité limitées et que des événements indésirables graves avaient été signalés en lien possible avec l'AOD-9604, sans que la causalité puisse être établie.

À ces incertitudes pharmacologiques s'ajoutent des risques indépendants de la molécule elle-même. Les produits vendus hors circuit pharmaceutique ne sont pas soumis au contrôle qualité des médicaments : identité réelle du peptide (le point sur la confusion 176-191 et AOD-9604 en est l'illustration), pureté, teneur en endotoxines, stérilité du flacon et conditions de reconstitution échappent à toute garantie. L'injection d'un produit non stérile expose à des infections locales et systémiques. Notre article sur la sécurité des peptides détaille ces aspects.

Enfin, les effets à long terme ne sont pas connus. Les essais publiés portaient sur des durées courtes à moyennes, et aucune donnée ne permet d'évaluer les conséquences d'une exposition prolongée. Cette section ne constitue pas un avis médical. Toute question concernant la perte de masse grasse ou un traitement métabolique doit être discutée avec un médecin ou un pharmacien.

Comment se situe-t-il face aux autres approches ?

Replacer le HGH Fragment 176-191 dans le paysage des stratégies métaboliques étudiées aide à calibrer les attentes. La différence ne porte pas seulement sur le mécanisme, mais surtout sur le niveau de preuve atteint.

ApprocheMécanisme principalNiveau de preuve humaineStatut
hGH Fragment 176-191Domaine lipolytique C-terminal de la hGHAucun essai clinique publié sur le fragment natifNon approuvé, interdit par l'AMA
AOD-9604Analogue du même domaine, avec tyrosine ajoutéeSix essais randomisés, sécurité documentée, efficacité non démontréeNon approuvé, interdit par l'AMA
TésamorélineAnalogue de la GHRH, stimule la sécrétion endogène de hGHEssais de phase 3 dans la lipodystrophie liée au VIHApprouvée aux États-Unis dans cette indication précise
Agonistes du GLP-1 et doubles agonistesSatiété, ralentissement de la vidange gastrique, effets métaboliques centrauxProgrammes de phase 3 de grande ampleur, pertes de poids moyennes de l'ordre de 15 à 20 % du poids corporelApprouvés dans le diabète de type 2 et l'obésité

Le contraste est instructif. La tésamoréline illustre le cas d'un peptide de la famille de l'hormone de croissance qui a franchi toutes les étapes réglementaires, mais pour une indication étroite et bien définie. Les agonistes des récepteurs du GLP-1 montrent ce qu'un signal d'efficacité robuste produit dans des essais de grande taille. Le fragment 176-191 et l'AOD-9604 se situent à l'autre extrémité : un mécanisme plausible, un dossier préclinique honnête, une bonne tolérance apparente, et une absence de démonstration d'efficacité chez l'humain.

Cette hiérarchie des preuves est la grille de lecture la plus utile face aux présentations commerciales qui placent sur un même plan des molécules approuvées et des peptides de recherche. Notre comparatif des peptides étudiés pour la perte de graisse applique la même méthode à l'ensemble de la catégorie.

Un dernier point mérite d'être rappelé, car il est souvent escamoté : aucune des approches du tableau ne modifie les déterminants fondamentaux de la composition corporelle, à savoir la balance énergétique, la qualité de l'alimentation, l'activité physique et le sommeil. Les molécules dont l'efficacité est démontrée agissent en complément de ces leviers, dans un cadre médical, avec un suivi.

Avertissement : ce guide est fourni à titre informatif et éducatif. Il ne comporte volontairement aucune posologie ni protocole. Le HGH Fragment 176-191 n'est pas approuvé pour un usage humain. Consultez un professionnel de santé avant toute décision concernant votre santé métabolique.

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Questions fréquentes

Le HGH Fragment 176-191 et l'AOD-9604 sont-ils la même molécule ?
Non, mais ils sont très proches. Le fragment natif 176-191 commence par la phénylalanine du résidu 176 de l'hormone de croissance. L'AOD-9604 reprend les résidus 177 à 191 et y ajoute une tyrosine en position N-terminale, ce qui donne une masse moléculaire d'environ 1 815 g/mol contre environ 1 799 g/mol pour le fragment natif. En pratique, beaucoup de produits étiquetés « 176-191 » affichent une séquence commençant par une tyrosine : il s'agit alors d'AOD-9604. Cette distinction est essentielle, car toutes les données cliniques publiées portent sur l'AOD-9604.
Le HGH Fragment 176-191 augmente-t-il l'IGF-1 ?
Les essais cliniques conduits avec l'AOD-9604 n'ont montré aucun effet sur les taux sériques d'IGF-1, ce qui confirme que ce type de fragment n'agit pas par la voie classique de l'hormone de croissance. Les travaux précliniques indiquent également que l'AOD-9604 n'entre pas en compétition avec l'hormone de croissance pour son récepteur et n'induit pas de prolifération cellulaire. C'est précisément l'argument qui a motivé le développement de ces fragments. Cette absence d'effet sur l'IGF-1 ne signifie toutefois pas que le peptide soit efficace pour réduire la masse grasse chez l'humain.
Les essais humains ont-ils montré une perte de poids ?
Non, pas de façon convaincante. Six essais randomisés en double aveugle contre placebo, totalisant 893 participants adultes entre 2001 et 2006, ont établi un bon profil de tolérance et l'absence d'effet sur l'IGF-1 et sur la tolérance glucidique. En revanche, la FDA a résumé en 2024 les données disponibles en indiquant que l'AOD-9604 n'avait pas montré de résultat de perte de poids cliniquement significatif dans la population des essais. Le développement comme médicament anti-obésité a été arrêté.
Pourquoi les résultats chez l'animal ne se sont-ils pas confirmés chez l'humain ?
Plusieurs explications sont avancées. Les modèles utilisés (souris ob/ob, rat Zucker) sont des obésités monogéniques qui reproduisent mal l'obésité humaine commune. Les critères diffèrent également : chez l'animal, l'effet mesuré est souvent une réduction de la prise de poids, pas une perte de poids à partir d'un état stable. Enfin, le mécanisme impliquant le récepteur bêta-3 adrénergique, central dans la lipolyse chez les rongeurs, joue un rôle beaucoup plus limité chez l'humain, où les récepteurs bêta-1 et bêta-2 dominent.
Ce peptide est-il interdit dans le sport ?
Oui. L'Agence mondiale antidopage inscrit les fragments de l'hormone de croissance, en nommant explicitement l'AOD-9604 et la hGH 176-191, dans la catégorie S2 de sa liste des interdictions, catégorie prohibée en permanence, en compétition comme hors compétition. Avant d'y être nommément inscrits, ces fragments relevaient déjà de la catégorie S0 des substances non approuvées pour un usage humain, comme l'AMA l'avait précisé en 2013 lors de l'affaire de supplémentation du football australien.
Existe-t-il un médicament approuvé contenant du HGH Fragment 176-191 ?
Non. Ni le fragment 176-191 ni l'AOD-9604 ne sont approuvés comme médicaments par la FDA ou l'Agence européenne des médicaments, pour aucune indication. Aux États-Unis, la FDA a même proposé de ne pas inscrire l'AOD-9604 base libre et l'AOD-9604 acétate sur la liste des matières premières utilisables en préparation magistrale, en invoquant notamment l'absence de preuve d'efficacité et un risque d'immunogénicité. Les produits disponibles sont vendus avec la mention « destiné à la recherche uniquement ».
Quels effets indésirables ont été rapportés ?
Dans les essais cliniques, la tolérance était indiscernable de celle du placebo, sans événement indésirable grave attribuable au peptide. Les données animales de 2014 n'ont pas montré de génotoxicité par voie orale. La FDA a cependant relevé des informations de sécurité limitées, un risque d'immunogénicité selon la voie d'administration, des difficultés de caractérisation et d'impuretés peptidiques, ainsi que des signalements d'effets indésirables graves dont la causalité n'est pas établie. Les effets d'une exposition prolongée ne sont pas connus.
Peut-on se fier aux produits vendus comme HGH Fragment 176-191 ?
Les produits vendus hors circuit pharmaceutique n'offrent aucune des garanties applicables aux médicaments. L'identité même de la molécule est fréquemment incertaine, comme le montre la confusion généralisée entre fragment 176-191 et AOD-9604. S'y ajoutent les incertitudes sur la pureté, la teneur en endotoxines et la stérilité, et l'injection d'un produit non stérile expose à un risque infectieux réel. Ces questions relèvent d'une discussion avec un professionnel de santé, et aucun protocole d'utilisation ne peut être recommandé ici.

Sources

  1. Natera SH, Jiang WJ, Ng FM (1994). Reduction of cumulative body weight gain and adipose tissue mass in obese mice: response to chronic treatment with synthetic hGH 177-191 peptide. Biochemistry and Molecular Biology International, 33(5):1011-21.
  2. Ng FM, Jiang WJ, Gianello R, Pitt S, Roupas P (2000). Molecular and cellular actions of a structural domain of human growth hormone (AOD9401) on lipid metabolism in Zucker fatty rats. Journal of Molecular Endocrinology, 25(3):287-98.
  3. Ng FM et al. (2000). Metabolic studies of a synthetic lipolytic domain (AOD9604) of human growth hormone. Hormone Research, 53(6):274-8.
  4. Heffernan MA et al. (2001). Increase of fat oxidation and weight loss in obese mice caused by chronic treatment with human growth hormone or a modified C-terminal fragment. International Journal of Obesity and Related Metabolic Disorders, 25(10):1442-9.
  5. Heffernan M, Summers RJ, Thorburn A, Ogru E, Gianello R, Jiang WJ, Ng FM (2001). The effects of human GH and its lipolytic fragment (AOD9604) on lipid metabolism following chronic treatment in obese mice and beta(3)-AR knock-out mice. Endocrinology, 142(12):5182-9.
  6. Stier H, Vos E, Kenley D (2013). Safety and Tolerability of the Hexadecapeptide AOD9604 in Humans. Journal of Endocrinology and Metabolism, 3(1-2):7-15.
  7. Moré MI, Kenley D (2014). Safety and Metabolism of AOD9604, a Novel Nutraceutical Ingredient for Improved Metabolic Health. Journal of Endocrinology and Metabolism, 4(3):64-77.
  8. U.S. Food and Drug Administration (2024). FDA Briefing Document, Pharmacy Compounding Advisory Committee Meeting: AOD-9604 related bulk drug substances. FDA, réunion du 4 décembre 2024.
  9. Agence mondiale antidopage (2026). The Prohibited List (catégorie S2 : hormones peptidiques, facteurs de croissance et substances apparentées). World Anti-Doping Agency.
  10. ABC News (Australie) (2013). Anti-doping authorities urged to clarify position on drug at the centre of Essendon supplements saga. ABC News.

Ce contenu est fourni à titre informatif et éducatif uniquement. Il ne constitue pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé avant toute décision. Lire notre disclaimer médical complet

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