Qu'est-ce que le peptide VIP ?
Le VIP (vasoactive intestinal peptide, ou peptide intestinal vasoactif) est un neuropeptide linéaire de 28 acides aminés. Il a été isolé initialement à partir du duodénum de porc, d'où son nom historique, avant d'être retrouvé dans le système nerveux central et périphérique ainsi que dans certaines cellules endocrines. Son appellation est donc trompeuse : le VIP est aujourd'hui considéré comme un neurotransmetteur et un médiateur hormonal à action large, et non comme une simple hormone digestive.
Sur le plan structural, le VIP appartient à la superfamille sécrétine/glucagon, qui comprend également le PACAP, la sécrétine, le glucagon et le GHRH. Sa séquence humaine est His-Ser-Asp-Ala-Val-Phe-Thr-Asp-Asn-Tyr-Thr-Arg-Leu-Arg-Lys-Gln-Met-Ala-Val-Lys-Lys-Tyr-Leu-Asn-Ser-Ile-Leu-Asn. Les bases de données chimiques attribuent à sa forme synthétique, l'aviptadil, la formule brute C₁₄₇H₂₃₈N₄₄O₄₂S et une masse moléculaire d'environ 3 325,80 g/mol. La séquence humaine est identique à celle du rat, de la souris, du lapin, du chien et du porc, ce qui témoigne d'une forte conservation au cours de l'évolution.
Le gène humain du VIP comporte sept exons, chacun codant un domaine fonctionnel distinct du précurseur protéique ou de l'ARN messager. Les transcrits sont principalement retrouvés dans les neurones ou dans des cellules de lignée neuronale. Le précurseur, la préproVIP, libère après maturation enzymatique à la fois le VIP et un second peptide, le PHM (peptide histidine methionine chez l'humain).
Enfin, le VIP est une molécule fragile. Sa stabilité dépend du pH : il reste stable en solution acide ou neutre mais se dégrade rapidement en milieu basique. Comme la plupart des peptides non modifiés, sa durée de vie dans le plasma se compte en minutes, ce qui explique que les protocoles d'étude aient recours à des perfusions continues, à des aérosols ou à des formulations modifiées plutôt qu'à une administration ponctuelle. Pour comprendre les notions de base sur cette classe de molécules, consultez notre article sur la sécurité des peptides.
Cet article est à visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d'un professionnel de santé.
Comment le VIP agit-il sur ses récepteurs ?
Le VIP exerce ses effets par l'intermédiaire de récepteurs couplés aux protéines G, principalement VPAC1 (gène VIPR1) et VPAC2 (gène VIPR2). Ces deux récepteurs lient le VIP avec une forte affinité et le partagent avec le PACAP, un peptide structuralement proche. Un troisième récepteur, PAC1, est préférentiellement activé par le PACAP et répond beaucoup moins au VIP.
L'activation de VPAC1 ou de VPAC2 stimule l'adénylate cyclase par couplage à une protéine Gs, ce qui augmente la concentration intracellulaire d'AMP cyclique puis active la protéine kinase A. Cette voie canonique explique la majeure partie des effets observés : relaxation des cellules musculaires lisses vasculaires et bronchiques, sécrétion d'eau et d'électrolytes par l'épithélium intestinal, et reprogrammation de l'expression génique dans les cellules immunitaires. Des voies secondaires impliquant la protéine kinase C ou de petites GTPases ont également été décrites dans les macrophages.
La distribution des deux récepteurs n'est pas la même selon les tissus, ce qui conditionne les effets d'un traitement par VIP exogène. VPAC1 prédomine notamment dans le poumon, le foie et de nombreuses populations lymphocytaires ; VPAC2 est fortement exprimé dans le noyau suprachiasmatique, le muscle lisse et certaines cellules endocrines pancréatiques. Un agoniste non sélectif comme l'aviptadil active les deux voies simultanément, ce qui rend difficile de dissocier un effet recherché, par exemple une vasodilatation pulmonaire, d'un effet collatéral comme une sécrétion intestinale ou une baisse de la pression artérielle systémique.
Cette pharmacologie explique aussi pourquoi la recherche s'est orientée vers des analogues sélectifs et des formulations à libération prolongée. Un peptide de 28 acides aminés administré par voie systémique est rapidement dégradé par les peptidases, se distribue mal vers une cible unique et ne franchit pas aisément les barrières biologiques. Les voies d'administration locales, en particulier l'inhalation, visent précisément à concentrer l'effet au niveau du poumon tout en limitant l'exposition systémique.
Quels sont les rôles physiologiques du VIP ?
Le premier rôle identifié du VIP est vasodilatateur. Il est décrit comme un vasodilatateur puissant à la fois systémique et pulmonaire, et contribue à la baisse de la pression artérielle lorsqu'il est libéré localement. Il participe également à la relaxation du muscle lisse bronchique et à la modulation de la contractilité cardiaque, ce qui a motivé son étude dans l'asthme, la BPCO et l'hypertension artérielle pulmonaire.
Au niveau digestif, le VIP est l'un des principaux neurotransmetteurs non adrénergiques non cholinergiques du système nerveux entérique. Il relaxe les sphincters, favorise la vidange et stimule la sécrétion intestinale d'eau et d'électrolytes. La démonstration clinique la plus frappante de ce rôle est pathologique : les tumeurs sécrétant du VIP, ou VIPomes, provoquent le syndrome WDHA associant diarrhée aqueuse, hypokaliémie et achlorhydrie. Comme l'a résumé une revue publiée dans le Southern Medical Journal, le début de ce syndrome est insidieux, le diagnostic est souvent retardé de plusieurs mois à plusieurs années, et la morbidité résulte de la déshydratation chronique et des troubles électrolytiques et acido-basiques. Cette entité rappelle qu'un excès de VIP n'est pas anodin. Les lecteurs intéressés par la dimension digestive des peptides peuvent consulter notre dossier sur les peptides et la santé intestinale.
Le troisième grand domaine est immunologique. Une revue publiée dans Clinical and Experimental Immunology a décrit comment le VIP module l'activation et la fonction des cellules de l'immunité innée, en orientant notamment les macrophages et les cellules dendritiques vers un profil moins inflammatoire, et a souligné que les travaux chez l'animal suggèrent un potentiel thérapeutique et préventif dans des modèles de maladies inflammatoires. Ces données sont majoritairement précliniques. Elles n'autorisent pas à conclure à une efficacité clinique chez l'humain, une distinction que nous détaillons dans notre article sur les peptides étudiés dans l'inflammation.
Le VIP intervient enfin dans la neuro-endocrinologie, la respiration, la digestion et la fonction sexuelle, ce qui en fait un acteur transversal plutôt qu'un messager spécialisé. Cette polyvalence est précisément ce qui complique son développement pharmacologique : une action utile dans un organe peut devenir un effet indésirable dans un autre.
Pourquoi le VIP régule-t-il le rythme circadien ?
Le noyau suprachiasmatique (NSC) de l'hypothalamus est l'horloge circadienne maîtresse des mammifères. Il est constitué de milliers de neurones dont chacun possède une rythmicité propre. Pour produire un signal temporel cohérent, ces neurones doivent se synchroniser entre eux. Le VIP est l'un des signaux qui assurent ce couplage.
Une étude publiée dans Nature Neuroscience en 2005 par Aton, Colwell, Harmar, Waschek et Herzog a comparé des souris normales à des souris dépourvues du gène du VIP (Vip−/−) ou de son récepteur VPAC2 (Vipr2−/−). Les animaux mutants présentaient deux épisodes d'activité quotidienne en photopériode squelette et plusieurs périodes circadiennes simultanées en obscurité constante. La perte du VIP ou de VPAC2 abolissait la rythmicité du potentiel d'action dans environ la moitié des neurones du NSC et désorganisait la synchronie entre les neurones encore rythmiques.
Ce résultat a une conséquence conceptuelle importante : le VIP n'est pas le générateur de l'horloge, il en est le facteur de cohésion. Sans lui, les oscillateurs individuels continuent partiellement de fonctionner mais dérivent les uns par rapport aux autres, et le comportement devient fragmenté. Des travaux ultérieurs ont étendu ce rôle à l'entraînement des astrocytes et à la régulation circadienne des glucocorticoïdes.
Il faut rester prudent sur la traduction clinique de ces observations. Le fait que le VIP soit nécessaire à la synchronisation de l'horloge chez la souris ne signifie pas que l'administration de VIP exogène améliore le sommeil, corrige un décalage horaire ou traite un trouble du rythme circadien chez l'humain. Aucun essai contrôlé n'a établi un tel bénéfice, et les allégations commerciales qui associent le VIP à une amélioration du sommeil extrapolent à partir de modèles génétiques animaux.
Où en est la recherche sur l'aviptadil et la COVID-19 ?
Pendant la pandémie, le VIP synthétique (aviptadil) a suscité un intérêt considérable. La justification préclinique était cohérente : des travaux non cliniques avaient suggéré que le VIP augmente la production de surfactant par les pneumocytes de type II, inhibe la synthèse de cytokines, prévient la cytopathie et bloque la réplication du SARS-CoV-2 dans les cellules pulmonaires. Deux essais randomisés ont ensuite testé cette hypothèse chez l'humain, avec des résultats qui méritent d'être lus attentivement.
Le premier, publié en 2022 dans Critical Care Medicine par Youssef et collaborateurs, a inclus 196 patients en insuffisance respiratoire liée à une COVID-19 critique, répartis selon un ratio 2:1 entre aviptadil intraveineux pendant trois jours et placebo, dans dix hôpitaux américains. Le critère principal (être vivant et libéré de l'insuffisance respiratoire à 60 jours) n'a pas atteint la signification statistique après prise en compte du statut ventilatoire initial. Les auteurs ont rapporté des signaux exploratoires favorables, notamment sur la survie, mais ces analyses ne peuvent pas être considérées comme démonstratives.
Le second, l'essai TESICO (ACTIV-3b) publié dans The Lancet Respiratory Medicine en 2023, a été mené dans 28 centres aux États-Unis. Pour la comparaison aviptadil contre placebo, 461 participants ont été analysés (âge médian 57 ans, 39 % de femmes). Le critère principal était un score ordinal à six catégories évalué à 90 jours. L'aviptadil n'a pas fait mieux que le placebo (odds ratio 1,11 ; IC 95 % 0,80 à 1,55 ; p = 0,54). La mortalité cumulée à 90 jours était de 38 % sous aviptadil et de 36 % sous placebo (hazard ratio 1,04 ; IC 95 % 0,77 à 1,41 ; p = 0,78). Le comité indépendant de surveillance a recommandé l'arrêt du volet aviptadil pour futilité le 25 mai 2022. Un commentaire éditorial publié dans la même revue par Warren L. Lee a qualifié ce travail d'essai négatif pour le VIP dans l'insuffisance respiratoire hypoxémique associée à la COVID-19.
| Essai | Effectif analysé | Résultat principal |
|---|---|---|
| Youssef et al., Crit Care Med 2022 | 196 (ratio 2:1) | Critère principal à 60 jours non significatif après ajustement sur le statut ventilatoire |
| TESICO, Lancet Respir Med 2023 | 461 (aviptadil vs placebo) | OR 1,11 (0,80 à 1,55), p = 0,54 ; arrêt pour futilité |
La leçon méthodologique est classique : un signal issu d'un essai de taille modérée, analysé en sous-groupes, n'a pas résisté à un essai plus large et mieux dimensionné. La FDA a par ailleurs refusé une autorisation d'utilisation en urgence pour l'aviptadil dans la COVID-19 critique le 4 novembre 2021.
Le VIP a-t-il un intérêt dans l'hypertension pulmonaire ?
L'hypothèse d'un déficit en VIP dans l'hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) a été formulée au début des années 2000. En 2003, Petkov et collaborateurs ont publié dans le Journal of Clinical Investigation un travail décrivant un déficit de ce peptide dans le sérum et le tissu pulmonaire de patients atteints d'hypertension pulmonaire primitive, puis une amélioration des paramètres hémodynamiques et pronostiques après substitution par le peptide chez huit patients, avec diminution de la pression artérielle pulmonaire moyenne et augmentation du débit cardiaque et de la saturation veineuse mixte en oxygène.
Ce résultat a été largement cité, mais sa valeur probante est limitée. Il s'agissait d'une série ouverte de huit patients, sans groupe contrôle, sans randomisation et sans insu. Dans l'HTAP, où les critères hémodynamiques et fonctionnels sont sensibles à l'effet placebo et à la prise en charge globale, ce type de protocole ne permet pas de conclure à une efficacité.
Une évaluation plus rigoureuse a été publiée en 2008 dans l'European Respiratory Journal. Vingt patients porteurs d'une hypertension pulmonaire d'origines diverses (HTAP, hypertension pulmonaire associée à une maladie pulmonaire, hypertension pulmonaire thromboembolique chronique) ont reçu une dose unique d'aviptadil inhalé au cours d'un cathétérisme cardiaque droit. L'aérosol a produit une vasodilatation pulmonaire sélective mais modeste et transitoire, avec amélioration du volume d'éjection systolique et de la saturation veineuse mixte, sans modification de la pression artérielle systémique. Six patients ont présenté une réduction des résistances vasculaires pulmonaires supérieure à 20 %.
En pratique, le VIP n'est pas un traitement de l'hypertension pulmonaire. Aucun essai de phase III n'a validé son usage, il ne figure pas dans les recommandations des sociétés européennes de cardiologie et de pneumologie, et les traitements validés de l'HTAP reposent sur d'autres classes pharmacologiques. L'aviptadil inhalé conserve un statut de médicament expérimental dans ce domaine, avec des désignations orphelines qui ne valent pas autorisation de mise sur le marché.
Pourquoi le VIP est-il utilisé dans la dysfonction érectile ?
C'est l'indication paradoxale du VIP : la seule pour laquelle un médicament contenant de l'aviptadil a obtenu une autorisation de mise sur le marché. Le VIP est un neurotransmetteur de l'érection, libéré par les fibres nerveuses des corps caverneux, où il participe à la relaxation du muscle lisse et au mécanisme veino-occlusif.
Une association injectable intracaverneuse combinant aviptadil et phentolamine (commercialisée sous le nom d'Invicorp) a été développée sur la base d'une complémentarité pharmacologique décrite par Dinsmore et Wyllie dans BJU International en 2008 : le VIP agit fortement sur le mécanisme veino-occlusif mais peu sur le débit artériel d'entrée, tandis que la phentolamine, un alpha-bloquant, augmente le débit artériel sans effet sur le mécanisme veino-occlusif. L'association vise donc les deux versants hémodynamiques de l'érection.
Cette association a été approuvée au Danemark, au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande, et est disponible dans plusieurs pays européens dont le Royaume-Uni, la Suède, la Norvège, le Danemark, la Finlande et l'Allemagne. Elle est positionnée comme une option de deuxième ligne, notamment chez les patients en échec ou en intolérance douloureuse à l'alprostadil. Il s'agit d'un médicament de prescription, dont la première administration et l'éducation à l'auto-injection se font sous supervision médicale en raison du risque de priapisme et d'hématome local inhérent à la voie intracaverneuse.
Il est important de ne pas confondre cette indication avec les peptides vendus pour la libido. Le PT-141 (bremelanotide) agit sur les récepteurs mélanocortines au niveau central et relève d'une pharmacologie entièrement différente. Aucun de ces produits ne doit être utilisé sans évaluation médicale, d'autant que la dysfonction érectile est fréquemment le premier signe d'une maladie cardiovasculaire ou métabolique sous-jacente qui mérite un bilan.
Que sait-on du VIP dans le protocole CIRS ?
Le VIP est largement discuté dans les communautés consacrées au syndrome de réponse inflammatoire chronique (CIRS), un cadre nosologique proposé par Ritchie Shoemaker pour décrire un ensemble de symptômes attribués à une exposition à des biotoxines, notamment des moisissures d'intérieur. Dans ce protocole en plusieurs étapes, un VIP préparé en pharmacie magistrale sous forme de spray nasal constitue la dernière intervention, administrée seulement après élimination de l'exposition, décolonisation nasale et normalisation d'autres marqueurs.
Il convient d'être explicite sur le niveau de preuve. Le CIRS n'est pas reconnu comme une entité diagnostique distincte par les grandes sociétés savantes de médecine interne, d'allergologie ou de pneumologie, et les marqueurs employés dans ce cadre (TGF-bêta 1, C4a, MMP-9, test de contraste visuel) ne sont pas validés pour cet usage diagnostique. L'usage du VIP intranasal dans ce contexte repose sur des publications non contrôlées émanant essentiellement du promoteur du protocole, sans essai randomisé contre placebo, sans insu et sans réplication indépendante.
Le contraste avec la littérature de haut niveau est instructif. Le seul grand essai randomisé contrôlé par placebo de VIP synthétique chez l'humain, l'essai TESICO et ses 461 participants, a été interrompu pour futilité. Cela ne démontre pas que le VIP est inefficace dans d'autres contextes, mais cela montre qu'un rationnel mécanistique solide, en l'occurrence l'immunomodulation et la protection pulmonaire, ne garantit pas un bénéfice clinique mesurable.
Pour cette raison, nous ne présentons aucun protocole, aucune posologie et aucune durée d'utilisation du VIP intranasal. Un peptide préparé hors autorisation de mise sur le marché pose en outre des questions de qualité pharmaceutique, de stérilité et de stabilité, d'autant que le VIP se dégrade rapidement en milieu basique. Toute personne envisageant cette approche devrait en discuter avec un médecin et vérifier d'abord les diagnostics différentiels documentés : asthme, rhinite allergique, apnée du sommeil, dysthyroïdie, carences, troubles anxieux ou dépressifs, maladies auto-immunes. Notre article sur la sécurité des peptides détaille les critères à examiner avant tout usage non approuvé.
Quels sont les effets indésirables et les risques ?
Les effets indésirables du VIP découlent directement de sa pharmacologie. Comme vasodilatateur puissant, il peut provoquer une hypotension, des bouffées vasomotrices, des céphalées et une tachycardie réflexe. Dans l'essai de Youssef et collaborateurs, le comité de surveillance n'a pas identifié de préoccupation de sécurité majeure, l'hypotension a été peu fréquente et n'a généralement pas entraîné de modification de la perfusion d'aviptadil, et une diarrhée légère à modérée est survenue chez environ un tiers des patients. Cette diarrhée est cohérente avec l'effet sécrétoire intestinal du peptide, le même mécanisme qui produit le syndrome WDHA en cas d'hypersécrétion tumorale.
Par voie intracaverneuse, les risques sont ceux de la classe : douleur locale, hématome, fibrose en cas d'injections répétées et, surtout, priapisme, qui constitue une urgence urologique. C'est l'une des raisons pour lesquelles ce type de traitement reste strictement médicalisé.
Plusieurs interactions sont théoriquement défavorables. L'association à des antihypertenseurs, à des dérivés nitrés ou à des inhibiteurs de la PDE5 peut majorer le risque hypotensif. Chez un patient ayant une cardiopathie, une sténose aortique, une hypovolémie ou une insuffisance autonome, une vasodilatation supplémentaire n'est pas anodine. Les données sont par ailleurs absentes chez la femme enceinte ou allaitante et chez l'enfant.
Il existe enfin un risque spécifique aux produits dits de recherche. Un peptide acheté hors circuit pharmaceutique n'offre aucune garantie d'identité, de pureté, de stérilité ni de teneur réelle, et les mentions de type research use only signifient explicitement qu'il n'est pas destiné à l'usage humain. Le VIP a une demi-vie courte et une sensibilité marquée aux conditions de conservation, ce qui accroît le risque d'un produit dégradé. Nous ne proposons aucun lien d'achat dans ce guide.
Avertissement : ces informations sont fournies à des fins éducatives. Le VIP synthétique n'est pas un complément alimentaire et n'est pas approuvé pour un usage libre chez l'humain. Consultez un professionnel de santé avant toute décision thérapeutique, et ne modifiez jamais un traitement en cours sans avis médical.
Quel est le statut réglementaire du VIP ?
Le statut du VIP est souvent mal compris parce qu'il diffère radicalement selon la forme, la voie d'administration et le pays. Il convient de distinguer trois situations.
Premièrement, le VIP endogène est une molécule physiologique, et son dosage sanguin est un examen biologique utilisé pour le diagnostic des VIPomes. Aucune question réglementaire ne se pose ici.
Deuxièmement, l'aviptadil en tant que médicament à part entière reste expérimental. Il n'est approuvé ni par la FDA ni par l'EMA pour une indication autonome. La FDA a refusé une autorisation d'utilisation en urgence dans la COVID-19 critique le 4 novembre 2021. Des désignations de médicament orphelin ont été accordées pour certaines indications respiratoires, notamment par la FDA pour la sarcoïdose en juillet 2020 et par l'EMA, qui a accordé une désignation orpheline pour le syndrome de détresse respiratoire aiguë en février 2026, après des désignations antérieures pour la lésion pulmonaire aiguë et la sarcoïdose. Une désignation orpheline facilite le développement et n'atteste en aucun cas d'une efficacité démontrée ni d'une autorisation de mise sur le marché.
Troisièmement, l'association intracaverneuse aviptadil plus phentolamine bénéficie d'une autorisation effective dans plusieurs pays (Danemark, Royaume-Uni, Nouvelle-Zélande notamment) pour la dysfonction érectile. C'est aujourd'hui le seul cadre dans lequel un patient peut recevoir légalement du VIP synthétique comme médicament autorisé, sur prescription.
| Forme | Statut |
|---|---|
| Aviptadil intraveineux (COVID-19, SDRA) | Expérimental, non approuvé ; essai de référence négatif |
| Aviptadil inhalé (HTAP, sarcoïdose) | Expérimental ; désignations orphelines sans autorisation de mise sur le marché |
| Aviptadil plus phentolamine, voie intracaverneuse | Autorisé dans plusieurs pays pour la dysfonction érectile, sur prescription |
| VIP intranasal en préparation magistrale (CIRS) | Non approuvé ; usage hors cadre validé, preuves non contrôlées |
La réglementation applicable à la détention et à l'importation de peptides varie fortement d'un pays à l'autre, et un produit commercialisé légalement comme réactif de laboratoire n'est pas pour autant autorisé pour l'usage humain. Les sportifs soumis à un contrôle antidopage doivent par ailleurs vérifier la liste en vigueur auprès de leur fédération avant d'utiliser toute substance peptidique.
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Questions fréquentes sur le peptide VIP
Qu'est-ce que le peptide VIP exactement ?
Le VIP est-il approuvé comme médicament ?
L'aviptadil a-t-il fonctionné dans la COVID-19 ?
Le VIP peut-il traiter l'hypertension pulmonaire ?
Le VIP en spray nasal est-il validé pour le CIRS ?
Quel est le lien entre le VIP et le sommeil ou le rythme circadien ?
Quels sont les effets indésirables rapportés avec le VIP ?
Pourquoi un rationnel biologique solide ne suffit-il pas pour le VIP ?
Sources scientifiques
- ACTIV-3b/TESICO Study Group (Brown SM, Barkauskas CE, Grund B, et al.) (2023). Intravenous aviptadil and remdesivir for treatment of COVID-19-associated hypoxaemic respiratory failure in the USA (TESICO): a randomised, placebo-controlled trial. The Lancet Respiratory Medicine.
- Youssef JG, Lavin P, Schoenfeld DA, et al. (2022). The Use of IV Vasoactive Intestinal Peptide (Aviptadil) in Patients With Critical COVID-19 Respiratory Failure: Results of a 60-Day Randomized Controlled Trial. Critical Care Medicine.
- Lee WL (2023). A negative trial for vasoactive intestinal peptide in COVID-19-associated acute hypoxaemic respiratory failure. The Lancet Respiratory Medicine.
- Petkov V, Mosgoeller W, Ziesche R, et al. (2003). Vasoactive intestinal peptide as a new drug for treatment of primary pulmonary hypertension. The Journal of Clinical Investigation.
- Leuchte HH, et al. (2008). Inhalation of vasoactive intestinal peptide in pulmonary hypertension. European Respiratory Journal.
- Dinsmore WW, Wyllie MG (2008). Vasoactive intestinal polypeptide/phentolamine for intracavernosal injection in erectile dysfunction. BJU International.
- Aton SJ, Colwell CS, Harmar AJ, Waschek J, Herzog ED (2005). Vasoactive intestinal polypeptide mediates circadian rhythmicity and synchrony in mammalian clock neurons. Nature Neuroscience.
- Smalley SGR, Barrow PA, Foster N (2009). Immunomodulation of innate immune responses by vasoactive intestinal peptide (VIP): its therapeutic potential in inflammatory disease. Clinical and Experimental Immunology.
- Grier JF (1995). WDHA (watery diarrhea, hypokalemia, achlorhydria) syndrome: clinical features, diagnosis, and treatment. Southern Medical Journal.